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Paiement mobile et discipline budgétaire : Cheikh Diba tisse les fils d’une souveraineté économique

lundi 23 février 2026

Fintech

Présidant l’ouverture du Séminaire Institutionnel sur la Digitalisation des Paiements de l’État, en présence du Directeur général de Sonatel, Brelotte Bâ, le ministre des Finances et du Budget, Cheikh Diba, a prononcé son discours de fond sur les enjeux du paiement mobile pour la gouvernance budgétaire et l’inclusion financière du Sénégal. Le ministre a d’emblée replacé le débat à sa juste échelle. En effet, le paiement mobile n’est pas une question technique. Selon lui, il est au cœur d’une transformation de l’architecture financière, budgétaire et institutionnelle du pays. Et les chiffres qu’il a cités donnent la mesure du chemin parcouru. En 10 ans, le taux global d’utilisation des services financiers est passé de 50,34 % à 85,87 %, porté principalement par la monnaie électronique dont le taux d’utilisation atteint désormais 96,83 %. Le mobile money, à lui seul, constitue le premier canal d’accès aux services financiers pour 66,91 % des utilisateurs, devançant les banques et les institutions de microfinance. Avec 76,46 % des adultes déclarant détenir un compte, le Sénégal affiche un taux d’inclusion financière nettement supérieur à la moyenne de l’Afrique subsaharienne, établie à 58,8 %.

D’après le ministre Cheikh Diba, cette progression n’est pas le fruit du hasard. Elle résulte de politiques publiques structurées, notamment la Stratégie Nationale d’Inclusion Financière 2026, adoptée en 2022, qui vise à porter le taux d’inclusion des adultes à 65 % et celui des PME à 90 % d’ici à l’horizon fixé. Le paiement mobile se trouve à l’intersection des quatre piliers de cette stratégie : accessibilité des services, modernisation des infrastructures, éducation financière et cadre réglementaire sécurisé.

Sur le terrain de la gouvernance, le ministre des Finances a indiqué que la digitalisation des flux financiers de l’État est une réforme structurelle, pas un projet informatique. Les plateformes intégrées au Trésor permettent de sécuriser les paiements publics, d’améliorer la gestion de la trésorerie et de renforcer la traçabilité des opérations. « Une économie où les flux sont digitalisés est une économie plus traçable, mieux pilotée, donc plus crédible », a-t-il résumé.

Cette réforme s’inscrit dans le cadre plus large du Plan de Redressement Économique et Social le « PRES » porté par le Président Bassirou Diomaye Faye et le Premier Ministre Ousmane Sonko, qui fixe une trajectoire de maîtrise du déficit, de stabilisation de la dette et de restauration de la crédibilité financière du pays. Dans ce contexte, la digitalisation n’est pas périphérique. Mais elle est, selon le ministre, un levier d’élargissement de l’assiette fiscale et d’amélioration de la gouvernance budgétaire.

Le ministre Cheikh Diba a également assumé la contribution de 0,5 % introduite sur les transferts électroniques, plafonnée à 200 000 francs par transaction. Loin d’y voir une menace pour l’inclusion financière, il la présente comme une participation proportionnée d’un secteur en forte croissance à l’effort collectif de redressement budgétaire. « Le paiement mobile renforce la transparence, le PRES renforce la soutenabilité. Ensemble, ils consolident la crédibilité financière de l’État », a-t-il conclu.

Saluant l’engagement de Sonatel et de son directeur général Brelotte Bâ qui l’avait précédé à la tribune, le ministre a réaffirmé la pleine disponibilité de l’État à accompagner la transformation numérique en renforçant les infrastructures, en sécurisant les données et en favorisant l’innovation, avec pour horizon un Sénégal « financièrement solide, institutionnellement moderne et durablement inclusif ».

(Source : Dakar Actu, 23 février 2026)

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