OSIRIS

Observatoire sur les systèmes d’information, les réseaux et les inforoutes au Sénégal

Show navigation Hide navigation
  • OSIRIS
    • Objectifs
    • Partenaires
  • Ressources
    • Société de l’Information
    • Politique nationale
    • Législation et réglementation
    • Etudes et recherches
    • Points de vue
  • Articles de presse
  • Chiffres clés
    • Le Sénégal numérique
    • Principaux tarifs
    • Principaux indicateurs
  • Opportunités
    • Projets

Accueil > Ressources > Points de vue > 2015 > Outils nouveaux, information immuable

Outils nouveaux, information immuable

lundi 6 juillet 2015

Point de vue

Dans ce tout internet, tous réseaux sociaux, que devient l’information, c’est-à-dire la nouvelle vraie, vérifiée à la bonne source par un journaliste et diffusée vers divers publics ? L’avènement de l’internet a donné cette impression que le journalisme est devenu aisé, si aisé que le journaliste en a perdu l’exclusivité de l’exercice. Et le journaliste se contenterait plus que d’être un légitime pratiquant de sa profession du moment que d’autres individus sont venus – grâce à l’internet – le bousculer. Ces dilettantes du journalisme se définissent comme des journalistes citoyens (ou citoyens journalistes ?), ainsi que la question a d’ailleurs été en débat lors des 43e assises de la presse francophone tenue en novembre 2014 à Dakar.

Le problème (ou sa question) est de considérer que tout le monde peut être journaliste moyennant un accès à une connexion internet et à un espace d’expression ouvert sur cette plate-forme ou utilisant cette dernière. Et là, l’information a forcément évolué alors que les journalistes s’en sont tenus à sa définition classique de nouvelle vraie et vérifiée à (aux) la bonne(s) source(s). Et c’est là ce qui est en train de faire la différence et la fera toujours. Prétendant combler les « lacunes du journaliste classique », le journalisme citoyen le fait avec sa conception de l’information. Il se peut même que cette dernière n’ait même pas été passée à la moulinette de la vérification. Et voguent sur l’internet la rumeur, le hoax (une nouvelle spécieuse, mal « sourcée » (voire pas du tout), qui circule sur l’internet et qui a les apparences de la vérité), l’intoxication, la propagande, le canular, propos, images et autres écrits aux antipodes des canons éthiques et professionnels…

Quels que soient les moyens (archaïques, modernes, sophistiqués….) pour la diffuser, l’information ne changera pas de définition ; tout comme les procédures de sa collecte et de son traitement. Il y aura toujours une éthique immuable dans cette profession.

L’information ne changera de définition - et ne devrait pas le faire, même quand son professionnel se laisse griser par les nouveaux outils et espace que sont le web 2.0. Ne changeront pas non plus les procédures de la collecte de l’information et de son traitement. Et de ce point de vue, nous trouvons pertinente cette réflexion lue sur un portail internet et exprimée par un journaliste dont nous avons oublié le nom : « Ce qui ne change pas, c’est la noble mission consistant à rechercher en permanence la « vérité vraie » pour la raconter au monde, en étant armé d’un sens aigu de l’éthique et de l’équilibre ; en refusant de renier à l’homme - qui qu’il soit - son humanité, en gardant leur totale indépendance, en sachant parler sans crainte ni complexe d’infériorité aux gouvernants, en sachant parler sans dépit ni complexe de supériorité aux plus faibles d’entre nous, en sachant rester humain à côté des humains, et encore plus humains et plus soucieux de dignité humaine face à l’inhumain.

Elle ne changera pas la mission de ceux-là qui savent raconter l’histoire quotidienne de l’homme et de son environnement sans la dénaturer, avec comme seul souci de contribuer à changer positivement le monde. Elle ne changera pas la mission de ceux-là qui savent s’armer d’une saine curiosité pour révéler ce que nous cachent les leaders, les imposteurs, les dealers, etc., ceux-là qui savent faire la différence entre ce qui est d’intérêt public, et de tout le reste qui peut bien intéresser le « public » par simple curiosité... disons humaine, mais qui en définitive n’apporte rien au bonheur de l’homme. »

Renchérissons donc, en martelant qu’il y aura une éthique immuable dans ce travail du journaliste par ces temps où certains adeptes de dérive croient que « la preuve de la vérité de l’information est une photo hideuse, sordide ». Dans un numéro (« Une profession et ses exigences morales ») d’« Avis d’inexpert », la chronique sur les médias que nous animons dans le journal Grand-Place et sur le site www.mediavoce.net, nous avons eu à écrire que « l’ère de l’internet nous a propulsés à ce point d’acmé de la liberté de diffuser par l’image, le son et l’écrit toute information qu’on souhaite porter à la connaissance de publics. Tout cela est généreux, idéaliste, mais la différence entre le professionnel et l’amateur sera toujours que le premier – le vrai – vérifie toute information avant de la diffuser. Il agit en toute responsabilité – ce mot que je chéris et que j’ai toujours dit et répété préférer à l’objectivité. Oui, le journalisme, le vrai, ne peut se pratiquer hors de l’éclairage d’une lourde et véritable responsabilité. »

La preuve de la véracité d’une information ne saurait être une photo hideuse (publiée le 21 janvier 2015 sur un site internet sénégalais) comme celle de cet homme égorgé à Ndioum par un brigand ou de cet autre homme montré tout en sang, son cadavre étalé sur le site internet tambacoundois. Incapables de donner une preuve plus euphémique de leur information, ces sites ont préféré choquer – le scandale étant donc le moyen le plus à leur portée pour donner une information.

Certes, « une image en dit plus que mille mots », mais doit-ce être toute image ? Oui, répondent de plus en plus ceux qui croient devoir s’exonérer que l’étape du témoignage du factuel est facultative et peut être suppléée du moment qu’on a une photo. Certes la photo est elle-même une information, mais il y a une éthique dans son usage.

Tant que l’internet est là, du moins tant que sera fait l’usage que nous savons tous et le déplorons, il nous rappellera la nécessité de sa régulation des contenus de sites se voulant d’informations, même si la mission est pour le moment impossible en raison de l’indigence des moyens pour cela.

Malgré tout, le journaliste web, comme tout autre journaliste, par ailleurs, ne doit être ragaillardi par le sentiment de n’avoir pas de régulateur et, en raison de cela, s’autoriser des libertés, des écarts réprouvés par la déontologie et l’éthique professionnelles. Le journaliste ne doit pas se laisser griser par la modernité de ses outils jusqu’à renoncer à son éthique professionnelle. Le cas le plus expressif de cette griserie, c’est une certaine presse en-ligne. Un jour, nous avons lu, sur un site dakarois, une « info » absolument monstrueuse qui aurait pu valoir la prison à l’administrateur et nous avons convaincu ce dernier de l’enlever. Il l’a fait, mais a prétexté que c’est une blague, et non une information !

Certes, internet est un outil et espace révolutionnaires, mais ne doit pas induire, chez le journaliste, une paresse à respecter les procédures classiques et immuables de la collecte de l’information.

Jean Meïssa Diop

(Source : Enquête, 6 juillet 2015)


Ce texte est une réflexion publiée dans le Rapport annuel 2014 du Conseil national de régulation de l’audiovisuel remis au président de la République le 12 mai 2015.

Fil d'actu

  • Charte de membre Africollector Burkina NTIC (25 février 2026)
  • TIC ET AGRICULTURE AU BURKINA FASO Étude sur les pratiques et les usages Burkina NTIC (9 avril 2025)
  • Sortie de promotion DPP 2025 en Afrique de l’Ouest Burkina NTIC (12 mars 2025)
  • Nos étudiant-es DPP cuvée 2024 tous-tes diplomés-es de la Graduate Intitute de Genève Burkina NTIC (12 mars 2025)
  • Retour sur images Yam Pukri en 2023 Burkina NTIC (7 mai 2024)

Liens intéressants

  • NIC Sénégal
  • ISOC Sénégal
  • Autorité de régulation des télécommunications et des postes (ARTP)
  • Fonds de Développement du Service Universel des Télécommunications (FDSUT)
  • Commission de protection des données personnelles (CDP)
  • Conseil national de régulation de l’audiovisuel (CNRA)
  • Sénégal numérique (SENUM SA)

Navigation par mots clés

  • 2176/2518 Régulation des télécoms
  • 173/2518 Télécentres/Cybercentres
  • 1754/2518 Economie numérique
  • 870/2518 Politique nationale
  • 2518/2518 Fintech
  • 256/2518 Noms de domaine
  • 957/2518 Produits et services
  • 726/2518 Faits divers/Contentieux
  • 368/2518 Nouveau site web
  • 2436/2518 Infrastructures
  • 867/2518 TIC pour l’éducation
  • 93/2518 Recherche
  • 121/2518 Projet
  • 1696/2518 Cybersécurité/Cybercriminalité
  • 928/2518 Sonatel/Orange
  • 792/2518 Licences de télécommunications
  • 137/2518 Sudatel/Expresso
  • 504/2518 Régulation des médias
  • 642/2518 Applications
  • 524/2518 Mouvements sociaux
  • 811/2518 Données personnelles
  • 63/2518 Big Data/Données ouvertes
  • 296/2518 Mouvement consumériste
  • 180/2518 Médias
  • 321/2518 Appels internationaux entrants
  • 818/2518 Formation
  • 47/2518 Logiciel libre
  • 1038/2518 Politiques africaines
  • 488/2518 Fiscalité
  • 83/2518 Art et culture
  • 290/2518 Genre
  • 851/2518 Point de vue
  • 528/2518 Commerce électronique
  • 732/2518 Manifestation
  • 159/2518 Presse en ligne
  • 62/2518 Piratage
  • 102/2518 Téléservices
  • 455/2518 Biométrie/Identité numérique
  • 153/2518 Environnement/Santé
  • 168/2518 Législation/Réglementation
  • 176/2518 Gouvernance
  • 877/2518 Portrait/Entretien
  • 72/2518 Radio
  • 379/2518 TIC pour la santé
  • 138/2518 Propriété intellectuelle
  • 29/2518 Langues/Localisation
  • 532/2518 Médias/Réseaux sociaux
  • 976/2518 Téléphonie
  • 95/2518 Désengagement de l’Etat
  • 505/2518 Internet
  • 57/2518 Collectivités locales
  • 204/2518 Dédouanement électronique
  • 568/2518 Usages et comportements
  • 514/2518 Télévision/Radio numérique terrestre
  • 275/2518 Audiovisuel
  • 1562/2518 Transformation digitale
  • 191/2518 Affaire Global Voice
  • 78/2518 Géomatique/Géolocalisation
  • 171/2518 Service universel
  • 330/2518 Sentel/Tigo
  • 87/2518 Vie politique
  • 766/2518 Distinction/Nomination
  • 17/2518 Handicapés
  • 355/2518 Enseignement à distance
  • 341/2518 Contenus numériques
  • 292/2518 Gestion de l’ARTP
  • 89/2518 Radios communautaires
  • 893/2518 Qualité de service
  • 223/2518 Privatisation/Libéralisation
  • 66/2518 SMSI
  • 235/2518 Fracture numérique/Solidarité numérique
  • 1430/2518 Innovation/Entreprenariat
  • 670/2518 Liberté d’expression/Censure de l’Internet
  • 23/2518 Internet des objets
  • 85/2518 Free Sénégal
  • 293/2518 Intelligence artificielle
  • 97/2518 Editorial
  • 2/2518 Gaming/Jeux vidéos
  • 12/2518 Yas

2026 OSIRIS
Plan du site - Archives (Batik)

Suivez-vous