OSIRIS

Observatoire sur les systèmes d’information, les réseaux et les inforoutes au Sénégal

Show navigation Hide navigation
  • OSIRIS
    • Objectifs
    • Partenaires
  • Ressources
    • Société de l’Information
    • Politique nationale
    • Législation et réglementation
    • Etudes et recherches
    • Points de vue
  • Articles de presse
  • Chiffres clés
    • Le Sénégal numérique
    • Principaux tarifs
    • Principaux indicateurs
  • Opportunités
    • Projets

Accueil > Articles de presse > Archives 1999-2025 > Année 2018 > Février 2018 > Oumar Diallo, formateur en marketing : « Les raisons du succès des (…)

Oumar Diallo, formateur en marketing : « Les raisons du succès des porte-monnaies électroniques »

vendredi 23 février 2018

Fintech

Les opérateurs classiques de transfert d’argent au Sénégal opèrent un changement de stratégie en adoptant les wallets ou porte-monnaies électroniques. Une nouvelle offre dans nos économies. Selon le formateur en marketing des services et gestion de la relation client, Oumar S. Diallo, les opérateurs de téléphonie ont su profiter d’une brèche ouverte et que les banques n’ont pas pu occuper, pour s’y engouffrer. Oumar Diallo travaille depuis 2004, d’abord comme conseiller client pour les campagnes de France télécoms ensuite comme formateur dédié pour les produits et services Orange Sénégal et Orange Côte d’Ivoire. Il a migré ensuite vers l’opérateur de téléphonie MTN qu’il a quitté en 2014 pour rejoindre Wari où il a occupé les postes d’exécutive assistant du country manager et ensuite de responsable marketing relationnel du groupe avant d’être chargé de coordonner les activités de l’opérateur de transfert d’argent en Côte d’Ivoire de 2016 jusqu’en décembre 2017. Dans l’entretien qui suit, il évoque des problèmes liés au transfert d’argent, à l’inclusion financière, au mobile money, etc.

Le Témoin – Orange Money, Tigo Cash, E-Money…. Que pouvez-vous nous dire sur les wallets, pour ne pas dire les porte-monnaie électroniques ?

Oumar Diallo – Beaucoup de choses ! Leur apparition montre le dynamisme du secteur et favorise l’inclusion financière. Ces offres sont bénéfiques pour le client car elles permettent de gagner du temps et accélèrent les transactions. Elles sont rentables pour le business du e-commerce qui est en plein boom dans nos économies africaines.

Pourtant, on n’a comme l’impression qu’aucune de ces offres n’a fait la différence par rapport aux autres, relativement au mode de fonctionnement. Existe-il un paramètre qui pourrait faire la différence ?

Oui, des paramètres, il en existe. Sans être exhaustif, on peut citer les frais (commissions perçues par les opérateurs) et la simplicité de l’arborescence des wallets. L’aspect sécuritaire n’est pas à négliger non plus. Les wallets doivent être efficaces. L’opérateur ne doit pas présenter des applications qui bougent. Cela donne une mauvaise expérience à l’utilisateur qui a le choix d’aller voir à coté vu l’abondance de l’offre sur le marché. Cependant, tout le monde ne fait pas la même chose et tous les wallets n’ont pas les mêmes incidences sur les utilisateurs. Ces derniers ne les utilisent pas de la même manière. Aujourd’hui avoir un wallet, c’est bien. Mais il faut avoir un réseau de proximité capable de continuer l’action lorsqu’un cash out (retrait d’argent) doit être effectué ou un cash in (dépôt), doit se faire. Les fonctionnalités sont nombreuses et les avantages varient selon l’utilisation qu’on en fait. Les « telcos » (Ndlr, opérateurs de télécoms) sont plus à leur avantage car ayant déjà un parc qu’elles peuvent transformer en utilisateurs et un réseau de distribution bien organisé.

En revanche, ils sont concurrencés dans ce secteur, qui est naturellement le leur, par des opérateurs, comme Wari, Vitfé de Joni Joni et Kash Kash de la Banque de Dakar ainsi que Wizall (ce dernier a un excellent service pour le paiement des factures SDE, Woyofal et Senelec à travers son wallet Wizall money). Les acteurs n’ont pas besoin de réinventer la roue. Ils doivent juste améliorer les conditions d’utilisation avec ce qui l’entoure comme les frais. Mais aussi permettre aux sous-distributeurs de gagner. Car ces derniers, selon le taux de commission, peuvent « switcher » les clients. Ils deviennent naturellement des prescripteurs. Donc, il y a beaucoup de paramètres à tenir en compte. Celui qui ne les respecte pas perd ses clients et c’est aussi simple que ça.

Le seul objectif de ces opérateurs de mobile money mais aussi des wallets ne reste-t-il pas de livrer une concurrence féroce aux banques ? D’ailleurs ne vont-ils pas distancer ces dernières ?

Attention, le mobile money est l’apanage des télécommunications ! M-pesa du Kenya est le précurseur dans le domaine. Cette offre a été inventée par l’opérateur Safaricom, filiale de Vodafone, qui a bien marché sur le continent. Normal puisque l’Afrique est un continent où le taux de bancarisation reste relativement faible. Il faut faire la différence entre Mobile Banking et Mobile money même si les deux sont complémentaires. Jusque-là, les banques au Sénégal offraient des services de mobile banking. Ce qui n’est pas le cas au Nigéria où le FBN a dépassé les deux milliards de transactions via le mobile sans Internet. Ce sont les banques qui ont rejoint les « telcos » dans ce domaine et non le contraire. Les opérateurs de téléphonie ont profité d’une brèche ouverte que les banques ne savaient pas occuper, pour s’y engouffrer. Elles étaient plutôt restées enfermées dans un carcan qui ne laissait pas entrer les ménages à faible revenu.

A ce rythme, les banques ne devraient-elles pas arrêter de penser uniquement banque et se réinventer pour se mettre au niveau de ces modes de transfert digital ?

Certaines banques l’ont d’ailleurs compris. Cependant, en l’état actuel, je doute que le succès soit au rendez-vous. Car les banques sont les institutions les plus procédurières qui soient dans nos économies modernes. Leurs employés sont formatés banque (rien de péjoratif). Et ceci constitue un frein au développement du mobile money pour elles, si on y ajoute le fait qu’elles n’ont pas un réseau de distribution capable de faire le travail. Elles n’ont pas des offres d’intéressement comme les « telcos » qui peuvent récompenser avec du crédit téléphonique et autres bons d’achat. Ceci pousse le client final à utiliser leurs services. Ce n’est pas leur cœur de métier et les banques ne sont pas prêtes à investir dans la logistique indispensable pour atteindre un flux proche de celui des opérateurs. Les banques doivent se réinventer et aller prendre la manne financière qu’offre le mobile money. En quoi faisant ? En s’attachant les services de professionnels capables de leur assurer visibilité et présence sur le terrain. Le Sénégal aujourd’hui est à l’image du Kenya, du Nigéria et de la Côte d’ivoire. Les choix sont variés et il faut avoir les reins solides pour être rentable.

Si l’on a bien compris, vous voulez dire que les banques devraient développer ce secteur en louant les services des « fintech » ?

Je précise que l’expression « Fin Tech » combine les termes « finance » et « technologie » : elle désigne une start-up innovante qui utilise la technologie pour repenser les services financiers et bancaires. Ce serait une excellente chose pour la bonne gouvernance, la célérité des opérations administratives mais aussi commerciales. La dématérialisation ou digitalisation est une garantie de transparence. C’est un outil de lutte contre la corruption. Nos Etats, qui perdent énormément d’argent, doivent interdire le cash dans certains secteurs. Aujourd’hui, les applications de collecte sont nombreuses et les organisations gouvernementales doivent en profiter. La Côte d’Ivoire a compris cela. Son secteur agricole a longtemps souffert de la manipulation du cash. Cette année, d’ailleurs, le conseil anacarde a décidé d’utiliser les services d’une start up ivoirienne qui assurera les collectes et permettra une économie de 400 millions de francs.

Le fonctionnement des wallets permet-il une inclusion financière à 100 % des populations ?

Les wallets constituent une nouvelle offre dans nos économies. Mais avouons que mes parents qui se trouvent à Diawara ou Ndangane Sambou n’ont plus besoin d’attendre l’envoi d’un « yobbal » pour recevoir les frais médicaux ou frais d’inscription grâce aux wallets. Si on le prend sous cet angle, nous pouvons dire que ces porte-monnaie électroniques jouent un rôle important dans l’inclusion financière des populations.

Mais ne reste-t-il pas des efforts à faire, notamment sur le coût des services, pour que ces outils s’imposent définitivement ?

Il reste des efforts à faire sur le coût des services mais les wallets sont d’ores et déjà une excellente chose pour l’inclusion financière. Au-delà des frais, il y a l’inter-opérabilité qui doit être le combat de nos Etats pour permettre à ces nouvelles entreprises d’être pérennes. Le jour où on arrivera à faire un retrait chez E-money ou Orange Money d’un envoi de Tigo cash, d’un Wari chez Joni Joni etc., on aura fait des efforts et je reste convaincu qu’on y arrivera.

Dans un de vos posts sur les réseaux sociaux, vous avez utilisé le terme Interface en disant ceci : “C’est le cas avec le transfert SUR du collectif Renapta et la marque Kash Kash de la Banque de Dakar, ils vont interfacer leur plateforme”. Qu’avez-vous voulu dire par là ?

(Rires). Vous m’avez bien lu ! Il faut comprendre une chose. Les transferts d’argent obéissent à des règles de la Banque centrale des Etats de l’Afrique de l’Ouest (Bceao). Il faut avoir une licence pour le faire. A défaut, s’allier à une banque. La marque Sûr a été sponsorisée par la Banque de Dakar (Bdk) et cette dernière vient de lancer son service de transfert avec un wallet en même temps. Les banques, comme je l’ai dit plus haut, n’ont pas de réseau de proximité et Sûr ne décollant pas, il ne faut pas être un génie pour savoir que la BDK n’hésitera pas à rendre possible le retrait de l’argent envoyé à partir de sa plateforme sur la plateforme de son poulain Sûr qui a un réseau de distribution non négligeable. C’est ce qu’on appelle une collaboration Win-Win (Ndlr, gagnant-gagnant).

Si on compare avec Tigo Cash, ne peut-on pas dire qu’Expresso a réussi le pari de l’audace sur le naming E-Money ?

Oui, effectivement, les gens d’Expresso ont une vision bâtie sur l’audace. Leur slogan, c’est « oser rêver ». Le fait de choisir la même syntaxe qu’Orange money prouve qu’ils ont fait une bonne étude et sont proactifs. Demain, on arrivera à une harmonisation et ils n’auront pas besoin de communiquer sur un changement dans l’utilisation du code ussd qui fait accéder à leur wallet, logiquement. Ceci peut être aussi un clin d’œil à Orange qu’ils veulent faire « churner » grâce à la portabilité. Celui-ci ne perdra pas ses habitudes. Le naming E-money passe vraiment bien. C’est le nom générique de la monnaie électronique. Reste à savoir s’ils vont pousser l’audace jusqu’à proposer des tarifs abordables. Il ne faut pas oublier qu’ils sont des challengers sur ce marché qui reste ouvert et qui est très grand.

Propos recueillis par Maimouna Faye

(Source : Le Témoin, 23 février 2018)

Fil d'actu

  • Monnaies complémentaires et possibilités en Afrique : description et essai de mise en œuvre dans le domaine de l’agroécologie Burkina NTIC (30 juillet 2026)
  • Charte de membre Africollector Burkina NTIC (25 février 2026)
  • TIC ET AGRICULTURE AU BURKINA FASO Étude sur les pratiques et les usages Burkina NTIC (9 avril 2025)
  • Sortie de promotion DPP 2025 en Afrique de l’Ouest Burkina NTIC (12 mars 2025)
  • Nos étudiant-es DPP cuvée 2024 tous-tes diplomés-es de la Graduate Intitute de Genève Burkina NTIC (12 mars 2025)

Liens intéressants

  • NIC Sénégal
  • ISOC Sénégal
  • Autorité de régulation des télécommunications et des postes (ARTP)
  • Fonds de Développement du Service Universel des Télécommunications (FDSUT)
  • Commission de protection des données personnelles (CDP)
  • Conseil national de régulation de l’audiovisuel (CNRA)
  • Sénégal numérique (SENUM SA)

Navigation par mots clés

  • 11045/13259 Régulation des télécoms
  • 793/13259 Télécentres/Cybercentres
  • 8454/13259 Economie numérique
  • 4724/13259 Politique nationale
  • 12861/13259 Fintech
  • 1252/13259 Noms de domaine
  • 5002/13259 Produits et services
  • 3728/13259 Faits divers/Contentieux
  • 1740/13259 Nouveau site web
  • 13259/13259 Infrastructures
  • 4371/13259 TIC pour l’éducation
  • 464/13259 Recherche
  • 560/13259 Projet
  • 10101/13259 Cybersécurité/Cybercriminalité
  • 4392/13259 Sonatel/Orange
  • 3692/13259 Licences de télécommunications
  • 610/13259 Sudatel/Expresso
  • 2483/13259 Régulation des médias
  • 3047/13259 Applications
  • 2616/13259 Mouvements sociaux
  • 4089/13259 Données personnelles
  • 484/13259 Big Data/Données ouvertes
  • 1559/13259 Mouvement consumériste
  • 792/13259 Médias
  • 1421/13259 Appels internationaux entrants
  • 4537/13259 Formation
  • 249/13259 Logiciel libre
  • 6190/13259 Politiques africaines
  • 2818/13259 Fiscalité
  • 437/13259 Art et culture
  • 1473/13259 Genre
  • 7480/13259 Point de vue
  • 2442/13259 Commerce électronique
  • 3389/13259 Manifestation
  • 730/13259 Presse en ligne
  • 336/13259 Piratage
  • 486/13259 Téléservices
  • 2371/13259 Biométrie/Identité numérique
  • 915/13259 Environnement/Santé
  • 946/13259 Législation/Réglementation
  • 881/13259 Gouvernance
  • 4678/13259 Portrait/Entretien
  • 345/13259 Radio
  • 2081/13259 TIC pour la santé
  • 651/13259 Propriété intellectuelle
  • 193/13259 Langues/Localisation
  • 2616/13259 Médias/Réseaux sociaux
  • 5191/13259 Téléphonie
  • 485/13259 Désengagement de l’Etat
  • 2479/13259 Internet
  • 320/13259 Collectivités locales
  • 1125/13259 Dédouanement électronique
  • 2967/13259 Usages et comportements
  • 2354/13259 Télévision/Radio numérique terrestre
  • 1193/13259 Audiovisuel
  • 9068/13259 Transformation digitale
  • 854/13259 Affaire Global Voice
  • 512/13259 Géomatique/Géolocalisation
  • 1016/13259 Service universel
  • 1411/13259 Sentel/Tigo
  • 423/13259 Vie politique
  • 4063/13259 Distinction/Nomination
  • 123/13259 Handicapés
  • 1704/13259 Enseignement à distance
  • 1863/13259 Contenus numériques
  • 1268/13259 Gestion de l’ARTP
  • 428/13259 Radios communautaires
  • 4937/13259 Qualité de service
  • 1319/13259 Privatisation/Libéralisation
  • 327/13259 SMSI
  • 1219/13259 Fracture numérique/Solidarité numérique
  • 6674/13259 Innovation/Entreprenariat
  • 3350/13259 Liberté d’expression/Censure de l’Internet
  • 122/13259 Internet des objets
  • 424/13259 Free Sénégal
  • 3113/13259 Intelligence artificielle
  • 460/13259 Editorial
  • 62/13259 Gaming/Jeux vidéos
  • 144/13259 Yas

2026 OSIRIS
Plan du site - Archives (Batik)

Suivez-vous