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Accueil > Ressources > Points de vue > 2003 > OSIRIS et la diffusion de l’accés à Internet au Sénégal. Interview de Fatima (…)

OSIRIS et la diffusion de l’accés à Internet au Sénégal. Interview de Fatima Sila par Michel Briand

lundi 6 janvier 2003

– Bonjour pouvez-vous vous présenter ?

Je m’appelle, Fatima Sila, je suis membre fondateur de OSIRIS, qui veut dire Observatoire des Systèmes d’Information Réseau et Info routes du Sénégal, qui est donc une structure de veille technologique.

– Au-delà de la veille et de l’observation, vous faites aussi de la pratique et vous aviez un projet de caravane permettant dans des villages qui n’ont ni électricité, ni téléphone, l’accès à Internet, au moins la découverte d’Internet par les villages du Sénégal, pouvez-vous nous en parler ?

En effet, nous avons commencé ce projet-là avec l’appui de WorldSpace, de notre opérateur Telecom la Sonatel, l’USAID, le CRDI Centel qui est un opérateur privé, et beaucoup d’autres opérateurs dans le domaine économique, dans le domaine de l’internet, et des nouvelles technologies de l’information et de la communication en général qui nous ont accompagné dans cette expérience très intéressante qui a consisté à aller dans les zones rurales pour présenter l’outil informatique, expliquer les enjeux, les opportunités que les populations pourraient saisir.

– Comment êtes-vous accueillis dans les villages ?

Nous avons été très, très bien accueillis parce que nous avons fait quand même un travail de sensibilisation avant l’arrivée de la caravane, donc nous contactons les élus locaux, nous leur expliquons et il y a une campagne à travers la radio etc. pour convoquer les gens, les groupements féminins, les associations de jeunes etc....

– Qu’est-ce qui intéresse les gens ? Le mail, le Web ? Quels sites vont-ils voir ?

Tout, en fait ; d’abord la découverte de l’outil informatique qu’ils ne connaissent pas, à priori, on leur montre Internet, ils sont évidemment éblouis, on leur fait une petite formation sur le mail, sur comment accéder à Internet, mais vous allez me dire il y a beaucoup de personnes analphabètes, comment vont-elles faire pour utiliser ces outils-là : nous avons aussi la radio numérique comme je vous ai expliqué tout à l’heure.

– Et comment ça marche Internet dans un village pour se connecter sans électricité, sans téléphone ?

Nous avions nos groupes électrogènes et nous avions aussi une liaison qui a été facilitée par l’opérateur téléphonique traditionnel la Sonatel, et à chaque endroit nous pouvions nous connecter à Internet, en faisceau hertzien.

– Et le satellite, y a-t-il actuellement en Afrique des villages qui expérimentent un peu l’accès Internet via le satellite ?

Avec la Sonatel ils sont en train de faire de gros efforts pour aller vers les villages, actuellement avec le cellulaire il y a des possibilités d’aller dans les zones qui n’ont pas de fixes du tout.

– Et le projet, où en est -il, il a démarré, il avait l’ambition de tourner pendant 6 mois ?

Oui, on a sillonné une bonne partie des régions que nous avions ciblées, il y a 11 régions, on a fait 8 régions ce n’était pas mal et nous avons fait également la Mauritanie car ils étaient intéressés par le projet et ils nous ont invités à venir.

Nous n’avons pas terminé parce que les moyens nous ont fait défaut, mais dès qu’on pourra continuer on le fera c’est sûr, même sans Worldspace, on pourra poursuivre ces activités qui étaient vraiment intéressantes.

Et ce qui est surtout motivant c’est que ça a fait tache d’huile, partout où la caravane est passée il y a eu un engouement, un besoin. Des besoins se sont créés, c’est en même temps frustrant parce qu’on ne peut pas y répondre, mais au moins le besoin est là et les groupements de jeunes, associations de femmes et autres essaient d’avoir des centres d’accès communautaires à Internet et aux nouvelles technologies en général, que ce soit le téléphone, Internet etc..

– Si on revient à l’observatoire, y a-t-il une politique d’accès public dans les villes pour éviter la division entre les gens plus aisés qui peuvent avoir accès et les gens plus éloignés ?

Absolument, avec les écoles, l’opérateur économique a donné 115% pour que les écoles puissent accéder à moindre coût et il y a maintenant également beaucoup de télécentres équipés avec Internet et on paie beaucoup moins cher, le taux est par exemple de 3 ou 5 francs français par heure de connexion, ce n’est pas cher du tout, c’est beaucoup moins cher qu’à Paris, c’est très intéressant.

Mais il y a encore beaucoup à faire car au niveau des familles les réductions qui sont permises c’est à partir de 22 heures à 8 heures du matin, ce qui n’est pas intéressant quand on veut que des enfants se connectent à partir de la maison,( quand on signe une option avec la Sonatel il y a des réductions de 75%)

– Dernière question : y a-t-il une solidarité à travers des jumelages entre des villes de France et du Sénégal ?

Il y en a beaucoup, je ne saurais pas vous dire lesquels, mais il y en a de nombreux entre des associations sénégalaises et des associations françaises notamment dans le domaine de la Santé, dans le domaine de l’Internet et justement il y a Vecam qui s’associe avec des associations sénégalaises pour faire des choses.

Interview réalisée par Michel Briand lors des rencontres GCNP à Montréal

(Source : Internet créatif coopératif citoyen (I3C), 6 janvier 2003)

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