NuRAN Wireless teste Starlink pour connecter ses réseaux mobiles ruraux en Afrique
mercredi 23 septembre 2026
La technologie satellitaire gagne du terrain en Afrique, suscitant l’intérêt des consommateurs, des opérateurs et des gouvernements. Elle est perçue comme un moyen d’étendre la connectivité et de réduire la fracture numérique sur le continent.
L’entreprise canadienne d’infrastructures télécoms NuRAN Wireless teste au Nigeria le recours au service de Starlink pour améliorer la connectivité de l’un de ses sites mobiles ruraux. L’expérimentation doit déterminer si le satellite peut constituer une alternative aux solutions terrestres dans les zones difficiles à connecter, avant une éventuelle extension à d’autres marchés africains.
Dans un communiqué publié mardi 22 septembre, NuRAN Wireless a précisé que le service Starlink utilisé dans le cadre du pilote est fourni par l’intermédiaire d’un prestataire tiers. La société ajoute qu’elle n’a ainsi aucune relation contractuelle ou commerciale directe avec Starlink ou SpaceX pour cette expérimentation. Elle est menée en partenariat avec Infratel.
Le satellite comme complément aux solutions terrestres
Selon NuRAN, l’utilisation de Starlink pourrait permettre de rendre accessibles des sites ruraux jusque-là difficiles à connecter, en leur apportant une capacité de transmission plus importante. L’entreprise estime que le satellite peut être particulièrement utile dans les zones où le raccordement terrestre est contraint par la géographie, le manque d’infrastructures ou son coût.
Concrètement, une antenne mobile doit être reliée au reste du réseau de l’opérateur pour acheminer les données échangées par les utilisateurs. Cette liaison, appelée backhaul, peut être assurée par la fibre optique ou par des liaisons hertziennes. Dans certaines zones rurales, ces solutions sont difficiles ou coûteuses à déployer. C’est là que le satellite devient intéressant, grâce à sa capacité à fournir une couverture généralisée.
NuRAN ne prévoit toutefois pas de remplacer systématiquement les solutions terrestres par le satellite. L’entreprise indique vouloir continuer à utiliser la fibre, les liaisons hertziennes et d’autres technologies lorsque les conditions locales le permettent, et recourir au satellite lorsque la géographie ou les coûts rendent ces options moins adaptées.
Ce n’est d’ailleurs pas la première fois que NuRAN explore le satellite pour connecter ses infrastructures rurales. L’entreprise avait déjà travaillé avec des fournisseurs comme Avanti Communications et Eutelsat dans le cadre de précédentes initiatives de backhaul en Afrique. Le nouveau pilote introduit toutefois Starlink et ses satellites en orbite basse (LEO) dans le réseau de NuRAN.
Une ambition numérique et continentale
Ces efforts interviennent alors que la demande d’infrastructures de télécommunications reste importante en Afrique, en particulier dans les zones rurales encore mal desservies. NuRAN est actuellement présente au Cameroun, en République démocratique du Congo, en Côte d’Ivoire et au Bénin, où elle déploie et exploite des sites pour des opérateurs comme Orange et MTN. L’entreprise a aussi engagé son implantation à Madagascar.
À fin juin 2026, NuRAN comptait 5092 sites couverts par neuf contrats NaaS avec MTN et Orange dans huit pays. Une partie de ces infrastructures est déjà en exploitation, tandis que certains déploiements restent à réaliser. L’entreprise vise à porter ce portefeuille à 10 000 sites sous contrat dans les cinq années suivant le lancement de son modèle NaaS. Cette expansion la place sur un marché où évoluent de grands acteurs de l’infrastructure télécoms comme IHS Towers, Helios Towers ou American Tower, même si leurs modèles et leurs implantations diffèrent de ceux de NuRAN.
Les ambitions de l’entreprise ne se limitent toutefois pas au déploiement de sites mobiles. NuRAN veut progressivement augmenter leurs capacités et leurs usages afin d’en faire des infrastructures pouvant accueillir d’autres services numériques. L’entreprise évoque ainsi le calcul en périphérie de réseau (edge computing), des applications d’intelligence artificielle et des solutions de gestion de l’énergie.
Isaac K. Kassouwi
(Source : Agence Ecofin, 23 septembre 2026)
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