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Numérique : la GSMA anticipe une plus-value de 634 millions de dollars à l’économie malawite d’ici 2030

jeudi 27 août 2026

Economie numérique

De nombreux pays africains misent de plus en plus sur la transformation numérique pour accélérer leur développement socio-économique. Ses ambitions restent toutefois freinées par une fracture numérique encore prononcée à travers le continent.

Au Malawi, l’accélération de la transformation numérique pourrait générer une plus-value de 1100 milliards de kwachas (environ 634,06 millions de dollars) à l’économie nationale et environ 490 000 emplois d’ici 2030. C’est l’une des principales perspectives mises en avant par la GSMA dans un rapport publié le 20 août, qui formule plusieurs recommandations sur la question.

De l’agriculture aux services publics, les impacts attendus

Intitulé « Driving Digital Transformation of the Economy in Malawi », le rapport analyse l’impact potentiel du numérique sur plusieurs secteurs clés de l’économie, dont l’agriculture, l’industrie, les transports, le commerce et les services publics.

Dans l’agriculture, les plateformes d’information et les applications mobiles pourraient permettre aux agriculteurs et aux éleveurs d’accéder aux prix des marchés, aux prévisions météorologiques et à des conseils techniques. Selon le document méthodologique associé au rapport, l’accès aux technologies et à l’agriculture de précision peut accroître les rendements agricoles de 10,5 à 20 % et les bénéfices jusqu’à 23 %.

Dans l’industrie, les technologies numériques comme l’Internet des objets (IoT), le cloud, l’impression 3D, l’analyse des données massives et l’intelligence artificielle pourraient contribuer à améliorer la productivité dans des secteurs comme l’industrie manufacturière et les mines. Les technologies IoT et l’industrie 4.0 pourraient ainsi augmenter la valeur ajoutée de 15 à 25 %.

La numérisation des transports, de la logistique et des chaînes d’approvisionnement doit, de son côté, améliorer l’efficacité et la sécurité des déplacements de marchandises et de personnes. La modernisation des transports pourrait accroître les revenus de 10 %, tandis que la numérisation des procédures douanières pourrait augmenter les recettes publiques de 54 % sur cinq ans.

Dans le commerce, le développement du commerce électronique et des services numériques doit ouvrir de nouvelles possibilités aux entreprises, en particulier aux petites et moyennes entreprises. Le rapport estime que la valeur du commerce électronique pourrait atteindre l’équivalent de 15 % du PIB et celle des exportations de services TIC 7 % du PIB. L’adoption des technologies serait par ailleurs associée à un gain de productivité du travail de 2 à 4 % pour les petites entreprises.

Les services publics constituent un autre domaine dans lequel le numérique pourrait générer des gains. L’identité numérique appliquée aux programmes de protection sociale pourrait réduire les pertes liées aux bénéficiaires non éligibles de 41 à 47 %. Les solutions de santé numériques pourraient permettre aux médecins d’augmenter de 30 % le nombre de consultations, tandis que l’adoption du mobile money pourrait accroître les recettes fiscales de 12 % en moyenne.

Des réformes pour convertir le potentiel en croissance

La concrétisation de ces gains dépend toutefois de la capacité du Malawi à lever plusieurs obstacles à l’adoption et à l’investissement dans le numérique. Le rapport recommande de considérer les télécommunications comme une infrastructure nationale critique, tout en facilitant l’accès des opérateurs aux devises étrangères et en améliorant les conditions d’investissement.

La GSMA appelle aussi à renforcer le rôle du mobile money dans l’inclusion financière, la fourniture de services publics et la formalisation de l’économie. Elle recommande parallèlement d’utiliser les technologies numériques pour améliorer la mobilisation des recettes intérieures, tout en veillant à ce que la fiscalité appliquée au secteur ne freine pas l’accessibilité des services, l’adoption et les investissements.

Les autorités sont également invitées à agir sur les obstacles liés à la demande, en particulier le coût des smartphones d’entrée de gamme, le développement des compétences numériques et les initiatives destinées aux populations encore exclues des services numériques.

Enfin, la GSMA préconise l’adoption et la mise en œuvre d’une stratégie nationale pour l’économie numérique, accompagnée d’une modernisation du cadre réglementaire afin d’améliorer la coordination entre les acteurs et de renforcer la prévisibilité pour les investisseurs.

Ces mesures sont d’autant plus importantes que le Malawi dispose déjà d’une couverture mobile relativement étendue. Le pays affichait une couverture 4G de 87 % de la population en 2025. Pourtant, environ 80 % des habitants vivant dans une zone couverte par le haut débit mobile n’utilisent pas Internet mobile. La pénétration de l’Internet mobile s’établit à 12,5 %, tandis que celle des smartphones atteint 33 %.

Selon la GSMA, la mise en œuvre de ces réformes pourrait permettre au Malawi de compter 5 millions d’utilisateurs de l’Internet mobile en 2030, soit 810 000 utilisateurs supplémentaires, tout en portant la couverture 4G à 99 %.

Isaac K. Kassouwi

(Source : Agence Ecofin, 27 août 2026)

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