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Accueil > Articles de presse > Année 2026 > Mai 2026 > Nigeria : plus d’excuse pour la mauvaise qualité des services des télécoms

Nigeria : plus d’excuse pour la mauvaise qualité des services des télécoms

mardi 12 mai 2026

Qualité de service

En Afrique, la qualité des services numériques est devenue un enjeu central, dans un contexte de forte dépendance aux communications mobiles et à Internet. Elle conditionne aujourd’hui l’accès aux opportunités économiques, sociales et éducatives, ainsi que la confiance des usagers.

Au Nigeria, les opérateurs télécoms n’ont désormais plus d’excuses pour justifier la mauvaise qualité de leurs services, selon les autorités. Ces dernières estiment avoir mis en place les conditions nécessaires pour permettre aux entreprises du secteur d’améliorer durablement leurs réseaux et les prestations offertes aux consommateurs.

C’est ce qui ressort d’un communiqué de Bosun Tijani, ministre des Communications, de l’Innovation et de l’Économie numérique, publié le dimanche 10 mai. Cette sortie intervient dans un contexte où les consommateurs se plaignent constamment des services fournis par les opérateurs, entre les interruptions d’appels, les échecs de connexion et la faiblesse des débits Internet.

Une action gouvernementale menée sur deux fronts

Le gouvernement nigérian affirme avoir concentré son action sur deux axes complémentaires : le renforcement des infrastructures numériques à long terme et la stabilisation immédiate du secteur des télécommunications.

Sur le premier volet, les autorités indiquent avoir obtenu des financements soutenus par la Banque mondiale et mis en place le cadre opérationnel du projet BRIDGE destiné au déploiement d’un réseau national de fibre optique en accès ouvert. Abuja prévoit également de lancer, avant la fin de l’année, l’installation de nouvelles tours télécoms et le renforcement des capacités satellitaires du pays.

Selon le gouvernement, ces investissements doivent permettre de résorber progressivement les insuffisances structurelles des infrastructures numériques au cours des deux à cinq prochaines années. Elles doivent aussi permettre d’améliorer durablement la connectivité à l’échelle nationale.

Parallèlement, l’exécutif dit avoir engagé plusieurs mesures pour assainir et stabiliser l’environnement économique du secteur. Le gouvernement a par exemple autorisé des ajustements tarifaires pour les opérateurs afin de soutenir leur capacité d’investissement. Il a également classé les installations télécoms parmi les infrastructures critiques nationales, tout en poursuivant ses efforts d’harmonisation fiscale.

Les autorités évoquent en outre des réformes macroéconomiques plus larges, telles que la libéralisation du naira et la suppression des subventions sur le carburant, présentées comme des mesures destinées à rétablir un environnement d’exploitation plus viable pour les entreprises du secteur.

Une pression réglementaire accrue sur les opérateurs télécoms

Le gouvernement nigérian estime que les réformes engagées ont permis de rétablir un environnement plus stable, transparent et davantage orienté vers le marché pour les opérateurs. Selon les autorités, cette situation a contribué au retour à la rentabilité des entreprises du secteur, leur donnant désormais les capacités financières nécessaires pour corriger les insuffisances de leurs réseaux et améliorer la qualité des services fournis aux consommateurs.

M.Tijani appelle donc les opérateurs, tels que MTN Nigeria, Airtel Nigeria, Globacom et T2, à prendre toutes les mesures nécessaires pour résoudre les problèmes de réseau et améliorer la qualité des appels, de la couverture et des services Internet.

« À l’avenir, nous nous attendons à des améliorations claires et mesurables de la qualité des appels, des performances des données et de la couverture réseau. Lorsque les opérateurs répondront aux attentes, cela sera reconnu. Dans le cas contraire, la Commission devra prendre les mesures réglementaires appropriées », a déclaré le ministre.

Il a ajouté que le gouvernement avait renforcé les prérogatives de la Nigerian Communications Commission (NCC), chargée du suivi des performances des réseaux, du contrôle du respect des normes de qualité de service et de l’application de la réglementation du secteur.

Des contraintes structurelles qui freinent encore la qualité de service

Si les autorités nigérianes estiment avoir posé les bases d’une amélioration durable de la qualité des services télécoms, les acteurs du secteur rappellent que plusieurs contraintes structurelles continuent d’affecter les performances des réseaux.

Lors d’une récente sortie relayée par la presse locale, le président de l’Association des opérateurs de télécommunications titulaires de licences au Nigeria (ALTON), Gbenga Adebayo, a notamment souligné l’impact du vandalisme des infrastructures et du vol de carburant sur la continuité des services. Selon lui, les coupures de fibre optique surviennent fréquemment lors de travaux routiers, tandis que le vol de diesel dans les stations de base demeure récurrent, mettant sous pression l’alimentation énergétique des sites télécoms.

Il a expliqué que les opérateurs avaient, dans certaines zones, opté pour la mutualisation des infrastructures afin de faire face aux coûts élevés liés au déploiement, à la maintenance et à la réparation des réseaux. Cette interconnexion rend toutefois le réseau particulièrement vulnérable. Une seule coupure de fibre ou un incident sur un site peut ainsi provoquer des perturbations à plus grande échelle.

Au-delà des dégradations physiques, les opérateurs font aussi face à des contraintes sécuritaires. Dans certaines zones, les équipes techniques ne peuvent plus intervenir après 18 heures en raison de l’insécurité et des risques d’attaques, ce qui limite considérablement leur capacité de réaction en cas de panne.

Pour les acteurs du secteur, ces défis dépassent la seule responsabilité des opérateurs et nécessitent une approche collective impliquant l’État, les collectivités et les communautés locales. Ils appellent ainsi à un renforcement de la protection des infrastructures critiques, comme les réseaux de fibre optique et les stations de base.

Isaac K. Kassouwi

(Source : Agence Ecofin, 12 mai 2026)

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