Niger : l’ARCEP se dote d’une plateforme de contrôle continu des réseaux mobiles
vendredi 30 janvier 2026
Dans un contexte marqué par la nécessité d’améliorer la qualité des services et la transparence du marché, les autorités misent sur des outils technologiques pour renforcer la régulation et accompagner la transformation numérique du pays.
L’Autorité de Régulation des Communications électroniques et de la Poste (ARCEP) du Niger renforce ses capacités de supervision du secteur des télécommunications. Le mercredi 28 janvier à Niamey, l’institution a procédé à l’inauguration d’une plateforme de contrôle continu des réseaux mobiles, un dispositif destiné à assurer une surveillance permanente du marché, tant sur les plans technique, économique et réglementaire.
« À travers cette réalisation majeure, le Niger affirme clairement sa détermination à reprendre pleinement la maîtrise de son destin numérique, à renforcer l’autorité de l’État dans la régulation des secteurs stratégiques et à faire de la technologie un levier de souveraineté, de justice et de développement », a déclaré Aissatou Abdoulaye Tondi (photo, au centre), ministre de la Fonction publique, du Travail et de l’Emploi, représentant le Premier ministre.
Sur le plan opérationnel, la plateforme repose sur trois outils techniques intégrés. Le premier, TRAFSCAN, assure une collecte automatisée et continue des données relatives aux trafics voix, données et SMS, ainsi qu’aux revenus générés, offrant à l’ARCEP une lecture précise du fonctionnement économique du marché. QUALCOP, de son côté, permet une évaluation permanente de la qualité de service à travers le suivi de la couverture, de la disponibilité des sites radio et des principaux indicateurs de performance. Enfin, NETFIX centralise la gestion des infrastructures critiques de communications électroniques, notamment les réseaux de fibre optique.
Selon les dernières données publiées par l’ARCEP, le marché nigérien des télécommunications demeure dynamique, malgré un léger ralentissement observé sur la téléphonie mobile. À la fin du premier trimestre 2025, le parc d’abonnés mobiles s’élevait à 16,8 millions, pour un taux de pénétration estimé à 59,73 %, contre 60,70 % à la fin de l’année 2024.
En revanche, le segment de l’internet affiche une progression soutenue. Le nombre d’abonnés atteignait 11,2 millions d’utilisateurs, dont 8,3 millions d’abonnés à l’internet mobile. Cette évolution représente une hausse de 2,8 millions de nouveaux abonnés par rapport à la fin de l’année 2024, portant le taux de pénétration de l’internet à 40 %, contre 34 % précédemment, soit une augmentation de 6 points en un trimestre.
Dans ce contexte de croissance rapide des usages numériques, la mise en service de la plateforme de contrôle continu apparaît comme une solution stratégique pour le régulateur. Elle devrait permettre à l’ARCEP de renforcer la transparence du marché, d’améliorer le suivi des obligations des opérateurs et de disposer d’indicateurs fiables pour orienter ses décisions réglementaires.
À terme, cet outil est également appelé à contribuer à une meilleure qualité de service pour les usagers, à une optimisation des recettes publiques issues du secteur et à une régulation plus efficace d’un marché considéré comme essentiel pour la transformation numérique et le développement économique du Niger.
Samira Njoya
(Source : Agence Ecofin, 30 janvier 2026)
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