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Accueil > Articles de presse > Archives 1999-2025 > Année 2019 > Février 2019 > Ndèye Fatou Faye : « L’absence de contrôle des médias et des reseaux sociaux (…)

Ndèye Fatou Faye : « L’absence de contrôle des médias et des reseaux sociaux peut amener les adultes à reproduire la violence »

vendredi 1er février 2019

Portrait/Entretien

La Psychologue et clinicienne au Centre de guidance infantile et familiale de Dakar, Ndeye Fatou Faye, trouve que l’essor des réseaux sociaux et des médias joue un rôle non négligeable dans l’amplification de la violence qui a toujours existée dans notre société.

Quelles sont les causes de cette violence ?

La violence n’est pas une nouveauté, c’est une chose quotidienne. Tous les jours, nous recevons des victimes dans pratiquement toutes les zones que nous couvrons qui sont soient victimes de maltraitance, de violences conjugales ou d’abus sexuel. Mais on en est conscient que lorsque cela arrive à un proche.

C’est du reste un phénomène récurrent. Nous sommes partout à risque, dans la sphère familiale, à l’école et dans la rue. Pour ce qui est des causes, la première est le non contrôle des médias et des réseaux sociaux. Aujourd’hui, les gens y sont formés. Toute sorte d’informations est véhiculée, sans contrôle.

Ce qui veut dire que les jeunes, aussi bien que les adultes, peuvent être amené à reproduire ce même type de violence.

Et, malheureusement, dans ce pays on n’a pas encore cette culture-là de contrôler les médias et d’avoir un projet de société qui puissent définir ce qui peux être montré à la télé ou dans les réseaux sociaux.

Existe-t-il d’autres motifs ?

Une autre cause peut-être liée à la non prise en charge de la santé mentale. Actuellement, les individus n’ont plus de repères, la santé mentale devient fragile.

C’est pourquoi, il faudrait un large programme de sensibilisation et de prise en charge de la santé mentale car, la plupart des bourreaux qui violentent sont, quelques parts, porteurs de troubles psychiques.

La violence est souvent portée dans nos sociétés par des hommes sur les femmes. Et dans ces cas, la cause peut être liée à l’apprentissage sexuel.

Dans nos sociétés, les garçons sont orientés, dès la petite enfance, au comportement d’affirmation de soi ; les jeunes filles sont plus préparées vers la souplesse du caractère, la conciliation des conflits au service d’autrui. Et ses inclinaisons du corps et de l’esprit préparent les rôles d’agresseur et de victimes.

La violence est-elle héréditaire ?

On trouve plutôt que la violence peut se reproduire. Exemple, un enfant qui grandit dans un environnement ou le père ou la mère est violenté, sera plus enclin à reproduire ce même type de violence plus tard. C’est ce qu’on appelle une reproduction inconsciente de la violence.

Est-ce que le fait d’être soumise peut exposer une personne à la violence ?

La personne passive, de façon générale, qui est obligée de tout supporter, peut un jour ou l’autre exploser. Toutes les souffrances que la personne avait, peuvent resurgir du jour au lendemain. Et, dans ces cas, cela peut être dangereux pour l’autre partie.

Cela peut être la cause de crime. A chaque fois que la personne est stressée ou si jamais elle a des soucis qu’elle ne peut pas supporter toute seule dans une société, ou il n’est plus facile d’avoir une personne de confiance sur qui s’appuyer, elle peut consulter un psychologue.

Par Fatou Ndiaye

(Source : Sud Quotidien., 1er février 2019)

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