OSIRIS

Observatoire sur les systèmes d’information, les réseaux et les inforoutes au Sénégal

Show navigation Hide navigation
  • OSIRIS
    • Objectifs
    • Partenaires
  • Ressources
    • Société de l’Information
    • Politique nationale
    • Législation et réglementation
    • Etudes et recherches
    • Points de vue
  • Articles de presse
  • Chiffres clés
    • Le Sénégal numérique
    • Principaux tarifs
    • Principaux indicateurs
  • Opportunités
    • Projets

Accueil > Articles de presse > Année 2026 > Mars 2026 > Moratoire sur l’e-commerce à l’OMC : Donald Trump pousse, l’Inde bloque. (…)

Moratoire sur l’e-commerce à l’OMC : Donald Trump pousse, l’Inde bloque. Yaoundé devient le ring du commerce mondial

lundi 23 mars 2026

Commerce électronique

À l’approche de la 14ᵉ Conférence ministérielle de l’OMC (CM14) à Yaoundé, les tensions montent autour d’un enjeu central : le maintien ou non du moratoire sur les droits de douane appliqués aux transmissions électroniques, en vigueur depuis 1998.

Les États‑Unis et un large groupe de pays — dont Singapour, la Suisse, le Japon, la Corée, l’Australie et plusieurs pays d’Amérique latine — proposent officiellement de maintenir le moratoire sur les droits de douane appliqués aux transmissions électroniques. Ils veulent le prolonger, voire le rendre permanent.

L’Inde, elle, s’y oppose frontalement.

Et l’issue de ce bras de fer pourrait déterminer l’avenir du commerce numérique mondial… et celui de l’OMC elle-même.

Washington veut un Internet mondial sans droits de douane

Dans une communication officielle du 17 mars 2026, les États‑Unis et leurs partenaires affirment que :

«  La pratique de ne pas imposer de droits de douane sur les transmissions électroniques a joué un rôle important dans le développement de l’économie numérique.  »

Ils demandent donc de maintenir le moratoire, définissant les transmissions électroniques comme : «  toute transmission effectuée par un moyen électromagnétique, y compris son contenu.  »

Le moratoire est la priorité absolue de Washington à Yaoundé.

L’ambassadeur américain Joseph Barloon l’a résumé ainsi : le maintien du moratoire donnerait aux États‑Unis la confiance nécessaire pour « rester pleinement engagés » dans l’OMC.

Un diplomate cité par Reuters prévient :

«  Si Jamieson Greer ( the 20th United States Trade Representative (USTR), ndlr) quitte Yaoundé sans moratoire, les proclamations américaines sur la mort de l’OMC seront encore plus fortes.  »

Trump poussait déjà cette vision dès octobre 2025

Dès octobre 2025, Donald Trump annonçait vouloir instaurer : «  a global digital economy free of tariffs and taxes  ».

Selon Bloomberg, son administration avait déjà obtenu des engagements de la Malaisie, du Cambodge et de la Thaïlande pour soutenir le moratoire de l’OMC.

Washington cherchait même à le rendre permanent, afin de verrouiller un ordre numérique mondial aligné sur les intérêts américains et la domination des géants du numérique.

L’Inde dit non : une opposition ferme, argumentée et stratégique

Alors que la position de l’Afrique du Sud reste floue, l’Inde confirme qu’elle s’opposera à toute extension permanente du moratoire.

Un représentant indien, cité dans les minutes d’une réunion de l’OMC du 2 décembre, a déclaré :

«  Nous ne soutenons pas l’extension du moratoire. Le développement de l’e‑commerce ne doit pas être confondu avec les prétendus bénéfices du moratoire. Le coût du moratoire est presque entièrement supporté par les pays en développement importateurs nets de produits numériques, tandis que ses bénéfices profitent à quelques pays développés.  »

Pour New Delhi, le moratoire prive les pays en développement de recettes fiscales cruciales, alors que les biens physiques migrent vers le numérique.

L’Inde insiste :

«  Une reconsidération du moratoire est essentielle pour préserver l’espace politique et atteindre l’industrialisation domestique.  »

Et elle ne se contente pas de dire non.

Elle propose des actions concrètes :

– assistance technique ciblée sur la littératie numérique et les compétences e‑commerce ;

– transfert de technologies numériques vers les pays en développement et les PMA ;

– mécanisme international pour connecter les besoins en infrastructures numériques aux financements disponibles.

En clair, pas de moratoire sans un véritable agenda de développement numérique.

Les États‑Unis répliquent : taxer le numérique aggraverait la fracture digitale

Lors de la même réunion, le représentant américain a répondu :

«  Imposer des droits de douane sur les transmissions électroniques minerait les efforts visant à réduire la fracture numérique. Cela imposerait des charges administratives importantes et détournerait des ressources qui pourraient être mieux employées pour combler cette fracture.  »

Washington veut donc faire du moratoire un pilier du futur ordre numérique mondial.

Un contexte de réformes explosif

Les discussions sur le moratoire s’inscrivent dans un climat déjà tendu.

Des documents internes de l’OMC montrent que :

– les États‑Unis veulent des réformes,

– mais refusent un plan de travail détaillé,

– alors que l’UE, le Royaume‑Uni et la Chine en réclament un.

La DG de l’OMC, Ngozi Okonjo‑Iweala, prévient :

«  Je m’attends à une conférence ministérielle difficile.  »

Les ministres débattront également du principe de la nation la plus favorisée (NPF), qui régit 72 % du commerce mondial.

Washington estime que la NPF est «  inadaptée à cette époque  ».

Un enjeu majeur pour l’Afrique

Pour les pays africains, le maintien du moratoire :

– réduit les coûts d’accès aux technologies ;

– soutient les startups numériques ;

– évite une fragmentation tarifaire pénalisante ;

– facilite l’intégration dans les chaînes de valeur numériques mondiales.

Mais certains gouvernements africains partagent les préoccupations de l’Inde : Comment compenser les pertes fiscales liées à la dématérialisation ?

La CM14, première conférence ministérielle de l’OMC organisée en Afrique centrale, place donc le continent au cœur d’un débat mondial sur l’avenir du commerce numérique.

Yaoundé, théâtre d’une bataille pour l’ordre numérique mondial

Entre les États‑Unis qui veulent un Internet sans droits de douane, l’Inde qui refuse de céder, l’UE qui cherche à redéfinir les règles, et la Chine qui défend le multilatéralisme, la CM14 s’annonce comme l’une des plus tendues de l’histoire récente de l’OMC.

Ce qui se joue à Yaoundé dépasse largement le cadre technique du commerce électronique : c’est l’architecture du futur ordre numérique mondial qui se dessine.

Digital Business Africa, que vous retrouverez au Palais des Congrès à la CM14, suivra de près les négociations et les réactions des délégations africaines dans les jours à venir.

Beaugas ORAIN DJOYUM

(Source : Digital Business Africa, 23 mars 2026)

Fil d'actu

  • Charte de membre Africollector Burkina NTIC (25 février 2026)
  • TIC ET AGRICULTURE AU BURKINA FASO Étude sur les pratiques et les usages Burkina NTIC (9 avril 2025)
  • Sortie de promotion DPP 2025 en Afrique de l’Ouest Burkina NTIC (12 mars 2025)
  • Nos étudiant-es DPP cuvée 2024 tous-tes diplomés-es de la Graduate Intitute de Genève Burkina NTIC (12 mars 2025)
  • Retour sur images Yam Pukri en 2023 Burkina NTIC (7 mai 2024)

Liens intéressants

  • NIC Sénégal
  • ISOC Sénégal
  • Autorité de régulation des télécommunications et des postes (ARTP)
  • Fonds de Développement du Service Universel des Télécommunications (FDSUT)
  • Commission de protection des données personnelles (CDP)
  • Conseil national de régulation de l’audiovisuel (CNRA)
  • Sénégal numérique (SENUM SA)

Navigation par mots clés

  • 8607/8607 Régulation des télécoms
  • 692/8607 Télécentres/Cybercentres
  • 3507/8607 Economie numérique
  • 3442/8607 Politique nationale
  • 6800/8607 Fintech
  • 526/8607 Noms de domaine
  • 2031/8607 Produits et services
  • 1497/8607 Faits divers/Contentieux
  • 787/8607 Nouveau site web
  • 5143/8607 Infrastructures
  • 2010/8607 TIC pour l’éducation
  • 207/8607 Recherche
  • 307/8607 Projet
  • 3828/8607 Cybersécurité/Cybercriminalité
  • 2045/8607 Sonatel/Orange
  • 1601/8607 Licences de télécommunications
  • 277/8607 Sudatel/Expresso
  • 1047/8607 Régulation des médias
  • 1345/8607 Applications
  • 1094/8607 Mouvements sociaux
  • 1691/8607 Données personnelles
  • 127/8607 Big Data/Données ouvertes
  • 605/8607 Mouvement consumériste
  • 401/8607 Médias
  • 647/8607 Appels internationaux entrants
  • 1890/8607 Formation
  • 105/8607 Logiciel libre
  • 2171/8607 Politiques africaines
  • 1159/8607 Fiscalité
  • 192/8607 Art et culture
  • 644/8607 Genre
  • 3131/8607 Point de vue
  • 1250/8607 Commerce électronique
  • 1611/8607 Manifestation
  • 351/8607 Presse en ligne
  • 139/8607 Piratage
  • 288/8607 Téléservices
  • 925/8607 Biométrie/Identité numérique
  • 316/8607 Environnement/Santé
  • 353/8607 Législation/Réglementation
  • 362/8607 Gouvernance
  • 1834/8607 Portrait/Entretien
  • 182/8607 Radio
  • 748/8607 TIC pour la santé
  • 293/8607 Propriété intellectuelle
  • 69/8607 Langues/Localisation
  • 1077/8607 Médias/Réseaux sociaux
  • 2376/8607 Téléphonie
  • 192/8607 Désengagement de l’Etat
  • 1055/8607 Internet
  • 119/8607 Collectivités locales
  • 452/8607 Dédouanement électronique
  • 1198/8607 Usages et comportements
  • 1037/8607 Télévision/Radio numérique terrestre
  • 656/8607 Audiovisuel
  • 3381/8607 Transformation digitale
  • 384/8607 Affaire Global Voice
  • 177/8607 Géomatique/Géolocalisation
  • 389/8607 Service universel
  • 671/8607 Sentel/Tigo
  • 199/8607 Vie politique
  • 1553/8607 Distinction/Nomination
  • 40/8607 Handicapés
  • 791/8607 Enseignement à distance
  • 695/8607 Contenus numériques
  • 597/8607 Gestion de l’ARTP
  • 239/8607 Radios communautaires
  • 1907/8607 Qualité de service
  • 569/8607 Privatisation/Libéralisation
  • 232/8607 SMSI
  • 597/8607 Fracture numérique/Solidarité numérique
  • 2860/8607 Innovation/Entreprenariat
  • 1361/8607 Liberté d’expression/Censure de l’Internet
  • 47/8607 Internet des objets
  • 171/8607 Free Sénégal
  • 599/8607 Intelligence artificielle
  • 201/8607 Editorial
  • 4/8607 Gaming/Jeux vidéos
  • 24/8607 Yas

2026 OSIRIS
Plan du site - Archives (Batik)

Suivez-vous