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Accueil > Articles de presse > Archives 1999-2025 > Année 2003 > Mai > Modernisation des télécentres : La Sonatel exige des salles d’attentes

Modernisation des télécentres : La Sonatel exige des salles d’attentes

mercredi 28 mai 2003

Télécentres/Cybercentres

La Sonatel entreprend une touche de modernisation à l’endroit des usagers. Pour les télécentres et autres cybercafés, cela se traduit par un sérieux investissement qui repose sur l’aménagement des locaux, dans le souci de les rendre plus fonctionnels et plus confortables.

C’est effectif depuis le début du mois de mai. Dans le cadre de l’amélioration de ses services, mais aussi de tous les centres telecoms privés et publics du Sénégal, la Sonatel entreprend une touche de modernisation à l’endroit des usagers. Pour les télécentres et les cybercafés, cela se traduit par un sérieux investissement qui repose sur l’aménagement des locaux, dans le souci de les rendre plus fonctionnels et plus confortables. Désormais, il leur est demandé, par les termes mêmes des contrats qui les lient à la boîte de téléservices, de disposer d’un espace d’au moins 12 m2 qui inclut une salle d’attente, un bureau pour le gérant et d’un minimum de deux cabines téléphoniques, même si la location ne porte que sur une ligne. Les télécentres habituels, exigus et étouffants qu’abritent réduits, capharnaüms, coins de boutique et chambres d’hôtel ? Ils ne sont pas épargnés par la mesure. Ils devront procéder à des travaux de réaménagement et d’extension, pour satisfaire les nouvelles exigences, sous peine de devoir renoncer aux avantages qu’ils avaient jusqu’ici. Ce ne sera pas tout, cependant. A la direction commerciale de la Sonatel, les consignes sont claires. Les télécentres spacieux que leurs propriétaires transformaient en petites boutiques, supérettes, crémerie ou salons de thé sont désormais interdits. Seuls pourront y être vendus des produits telecoms comme les cartes pré-payées, les cellulaires et leurs accessoires.

Pour tous ces investissements nécessaires à la modernisation et à la fonctionnalité des nouveaux services, en contrepartie, la Sonatel offre deux avantages. Plutôt un, si l’on considère que le premier constitue un acquis depuis l’existence des premières unités de téléphonie privée du pays. Il s’agit de la réévaluation de la facture au volume.

Aux télécentres qui feront un chiffre d’affaires d’au moins 2 500 unités/bimestre, il leur sera accordé une réduction de 16 %. S’ils atteignent les 5 000 unités, le pourcentage de la baisse consentie monte jusqu’à 20 %. Mais si, par modestie de moyens, les gérants ne peuvent agrandir ou transformer leur office pour répondre aux nouvelles normes, ils seraient considérés comme contrevenants. De ce fait, ils rencontreraient des mesures coercitives comme le non-droit aux avantages précités. En outre, à la fin de leur contrat, même s’ils payent à prix d’or, la Sonatel se réserve le droit de ne plus collaborer. Ces gérants-là pourront alors chercher d’autres activités ; ils ne seront en aucun cas reconduits.

Mais en incitant les gérants de télécentres à adhérer à sa nouvelle politique de modernisation, la Sonatel avait-elle eu, au moins, le soin de les avertir ? Rien n’est moins sûr. Sur la même lancée, depuis bientôt trois ans qu’elle refuse l’ouverture de nouveaux télécentres, tout au moins dans le périmètre de Dakar et sa banlieue, ce souci, cette injonction de mettre l’usager dans de bonnes conditions de communication ne traduit-il pas par ailleurs un souci d’assainir le secteur, quand on assiste, depuis quelques mois, à un retour en force des points-phones, ces fameux télécentres de la boîte, dans les grandes artères de la ville ?

En tout cas, le sentiment est mitigé chez les gérants. Au télécentre Touba Belel Complus, 73, avenue Peytaven, ces nouvelles propositions laissent de marbre. Certes, des agents de la Sonatel sont venus inspecter les lieux, mais au lieu de s’appesantir sur les nouvelles exigences de la Sonatel, ils se sont plus intéressés aux autres activités que sont la saisie sur ordinateur la photocopie, les vente et réparation de téléphones cellulaires importés qu’ils ont condamnées sans y mettre des gants. En réalité, croit savoir le gérant, ces visites inopinées ne servaient qu’à recenser les autres activités du télécentre, d’autant que, depuis quelque temps, la Sonatel essaye de briser leur commerce par tous les moyens.

A preuve, les factures habituellement tolérées jusqu’au 15 de chaque mois, sont désormais honorées à date précise, comme en attesterait celle de mai 2003 qui tombe le 27 de ce mois et qu’il faut honorer à cette date, sous peine d’être forclos pour toujours. De plus, le gérant trouve bizarre que la Sonatel se donne tant de peine à convoquer le confort pour les usagers des télécentres privés, alors qu’en même temps, au vu et au su de tous, elle place ses propres unités partout dans le pays. Ce qui expliquerait alors les nouvelles mesures. Le gérant Alpha Dramé convoque la volonté de Telecom-France, le principal partenaire de la Sonatel, de mettre un terme à la profusion des télécentres dont on dit que le nombre est arrivé à saturation au Sénégal.

Au télécentre de la rue de Denain, en revanche, celui-là même qui abrite l’un des plus grands centres de réparation des cellulaires du Sénégal, l’on se montre plus circonspect. Une seule question pour en attester : pourquoi la Sonatel, si prompte à requérir la presse, même s’il s’agit de futilités, l’a-t-elle, cette fois-ci, mise en veilleuse, alors qu’il s’agit d’aviser plus de 4 000 tenants de télécentres disséminés partout sur le territoire national ?

Cheikh BA

(Source : Wal Fadjri 28 mai 2003)

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