OSIRIS

Observatoire sur les systèmes d’information, les réseaux et les inforoutes au Sénégal

Show navigation Hide navigation
  • OSIRIS
    • Objectifs
    • Partenaires
  • Ressources
    • Société de l’Information
    • Politique nationale
    • Législation et réglementation
    • Etudes et recherches
    • Points de vue
  • Articles de presse
  • Chiffres clés
    • Le Sénégal numérique
    • Principaux tarifs
    • Principaux indicateurs
  • Opportunités
    • Projets

Accueil > Articles de presse > Archives 1999-2025 > Année 2022 > Avril 2022 > Mobile Money en Afrique : 15 ans d’opportunités et de nouveaux défis

Mobile Money en Afrique : 15 ans d’opportunités et de nouveaux défis

vendredi 29 avril 2022

Fintech

Ces derniers mois, sur les réseaux sociaux, la contestation a fleuri dans plusieurs pays d’Afrique centrale et de l’Ouest, contre l’instauration par les gouvernements de taxes sur le Mobile Money. C’est un signe parmi tant d’autres de la place qu’occupent aujourd’hui les transferts d’argent et paiement mobiles dans la vie de centaines de millions d’Africains qui l’utilisent au quotidien. Alors que le segment couve encore un grand potentiel, We Are Tech vous propose un tour d’horizon de son impact sur le développement en Afrique.

Le Mobile Money est l’une des plus grandes success-stories technologiques africaines. Lancé au Kenya en 2007 avec la solution M-PESA du géant britannique Vodafone (à travers sa filiale locale Safaricom), ce service initialement dédié au transfert d’argent entre abonnés d’un même réseau de téléphonie mobile a tôt fait de se diversifier et de gagner tout le continent. 15 ans après, l’Afrique est ainsi devenue le leader du Mobile Money dans le monde avec des chiffres en progression constante, d’une année à l’autre, et des opérateurs toujours plus nombreux. Selon le rapport « State of the Industry Report on Mobile Money 2022 » de l’Association mondiale des opérateurs de téléphonie (GSMA), le continent hébergeait en 2021 plus de la moitié des comptes Mobile Money actifs dans le monde. 184 millions d’abonnés contre 161 millions l’année précédente. Cela entraîne un volume de transactions assez élevé, estimé à 36,7 milliards pour une valeur de 701,4 milliards $, en hausse de 39 % en glissement annuel. Cela représente plus des deux tiers du montant financier total qui a transité par tous les comptes Mobile Money la même année (1 000 milliards $).

Plusieurs raisons expliquent ce succès en Afrique, mais l’un des plus importants reste le faible accès des populations aux services bancaires traditionnels, particulièrement dans la région subsaharienne qui représente 97 % des 621 millions de comptes enregistrés l’année dernière sur le continent. Dans la Communauté économique des États de l’Afrique centrale (CEMAC) et dans l’Union économique et monétaire ouest-africain (UEMOA) par exemple, le taux de bancarisation reste inférieur à 20 %, selon des sources concordantes. Alors que la création d’un compte bancaire nécessite souvent la constitution d’un dossier, il suffit d’une simple pièce d’identité pour obtenir un compte Mobile Money. L’utilisation de ce service représente même un point d’entrée dans l’univers bancaire puisque les opérateurs proposent de plus en plus l’interopérabilité avec les institutions financières traditionnelles. Les acteurs du Mobile Money prennent même d’assaut les activités historiques des institutions financières avec des services d’épargne et de crédit.

Au Rwanda et au Kenya, deux places fortes du Mobile Money en Afrique, le crédit est l’un des services les plus utilisés par les consommateurs. Notamment au Kenya, 36 % des personnes interrogées dans le cadre d’une enquête de la GSMA affirment utiliser le Mobile Money pour accéder au crédit. Au Sénégal par exemple, Orange s’est associé à Baobab, un groupe de finance digitale, en mars 2022 pour proposer de l’épargne rémunérée à 6 % et du crédit par mobile aux consommateurs. Au Rwanda, MTN s’appuie déjà sur le Mobile Money, en collaboration avec la banque NCBA, pour proposer un service « tout en un » comprenant l’épargne, les prêts à court terme et l’assurance, au profit des agriculteurs.

Toujours plus d’impact

Réservé uniquement aux envois et retraits de fonds à ses débuts, le Mobile Money a accéléré sa diversification ces dernières années pour embarquer toujours plus de nouveaux services dans divers secteurs économiques. Au cours des deux dernières années, les paiements mobiles se sont par exemple davantage développés, dans un contexte de réduction des interactions sociales et d’incitations des gouvernements à y recourir pour limiter la propagation du coronavirus.

« Après une année déjà exceptionnelle en 2020, les paiements marchands ont presque doublé en 2021, atteignant près de 5,5 milliards de dollars par mois en moyenne et représentant 21 % des montants en circulation dans le système du mobile money », indique le rapport de la GSMA.

Il faut noter que ces paiements concernent aussi bien le secteur public que les acteurs privés. Dans le processus de dématérialisation des services publics que mènent plusieurs États africains, le Mobile Money permet en effet aux populations de payer des factures d’eau et d’électricité par exemple, ou de s’acquitter des impôts et des taxes. Cela réduit les contacts entre administrés et agents de l’État, limitant notamment les risques de corruption. L’État utilise aussi le Mobile Money pour voler au secours des populations, comme a pu le démontrer le Togo avec deux programmes phares.

Le premier, AgriPME, a « révolutionné la distribution des subventions des engrais agricoles en faisant du téléphone mobile des agriculteurs un véritable porte-monnaie électronique », selon le gouvernement. En fournissant leurs numéros de téléphone, quelque 250 000 agriculteurs en difficulté ont obtenu la création d’un porte-monnaie électronique auprès des distributeurs agréés d’engrais. La subvention a été versée sur ce compte et il leur a fallu effectuer ensuite le complément, soit de façon numérique, soit en espèces, pour obtenir la quantité d’engrais nécessaire à leurs besoins. Non seulement ce dispositif a sans doute permis d’améliorer le rendement agricole, mais la méthode choisie a évité aussi le détournement des fonds à d’autres fins par les bénéficiaires.

« Le projet est une réussite que le gouvernement entend étendre au secteur de l’énergie, en vue de fournir des kits d’électricité solaire à la population rurale. Les Togolais sont si fiers du succès du porte-monnaie électronique », assure à ce propos Serge N’Guessan, représentant-résident de la Banque africaine de développement (BAD), dont l’institution a soutenu l’initiative.

Lancé en pleine pandémie de Covid-19 pour soutenir les populations les plus vulnérables à la crise, le programme togolais Novissi s’est aussi appuyé sur le Mobile Money. Deux fois par mois, ces derniers ont en effet pu bénéficier d’un virement de l’État togolais sur leurs comptes détenus auprès des opérateurs télécoms. La première phase, mise en œuvre entre avril et juin 2020, a permis de distribuer 11,3 milliards FCFA (18,5 millions $) à quelques 567 002 Togolais. Au Bénin, c’est plutôt une initiative de micro-crédit, le programme Alafia, qui s’est appuyé sur le Mobile Money. Le gouvernement a mis à disposition tous les systèmes financiers décentralisés présents sur le territoire national au profit de l’autonomisation des femmes. Pour y avoir accès, ces dernières doivent s’enregistrer avec un numéro de téléphone affilié à l’un des deux opérateurs de téléphonie du pays. Elles reçoivent ensuite le montant prévu sur les comptes Mobile Money et le remboursent de la même manière.

Enfin, le paiement mobile est également intéressant à plusieurs égards chez les commerçants, car il représente une alternative moins difficile à implémenter que le paiement par carte bancaire tout en apportant certains de ses avantages comme la possibilité de ne pas garder sur soi des sommes trop importantes. De plus, l’interopérabilité avec les banques assure ensuite le transfert des fonds. Le potentiel de croissance du marché du Mobile Money est encore grand en Afrique où plusieurs millions de personnes ne sont toujours pas couvertes par un réseau mobile, particulièrement dans les zones rurales.

Les défis

Malgré une adoption unique dans le monde et des chiffres qui augmentent chaque année, les services de Mobile Money en Afrique peuvent encore s’améliorer sur plusieurs plans. Si le coût des transactions a longtemps été l’un des principaux griefs des populations contre les opérateurs, l’arrivée des fintech dans le secteur a désormais instauré une concurrence qui profite aux consommateurs avec une diminution drastique des frais de transfert ou de retrait d’argent. L’exemple de la fintech Wave au Sénégal, dont l’arrivée a obligé Orange Money à baisser de 80 % ses prix en juin 2021, illustre assez bien cette situation, même si elle s’accompagne malheureusement d’une réduction des commissions des agents. Bis repetita en Côte d’Ivoire, où MTN a dû s’aligner sur les tarifs pratiqués par ce nouveau concurrent pour ne perdre des clients.

Mais la principale menace pour les opérateurs pourrait bien provenir des États qui veulent profiter aussi de la manne financière générée par ce secteur pour accroître les recettes fiscales. Suivant l’Ouganda et la Tanzanie, des pays comme le Ghana, le Cameroun ou encore le Kenya envisagent ou mettent déjà en place des taxes sur les retraits et les transferts d’argent via le Mobile Money. Une erreur selon Rebecca Enonchong, une entrepreneuse tech camerounaise, pour qui la taxe « frappera particulièrement les segments les plus pauvres et non bancarisés de la société », pour qui le Mobile Money est déjà le principal, sinon le seul moyen d’avoir accès aux services financiers.

Emiliano Tossou

(Source : WeAreTecAfrica, 29 avril 2022)

Fil d'actu

  • Charte de membre Africollector Burkina NTIC (25 février 2026)
  • TIC ET AGRICULTURE AU BURKINA FASO Étude sur les pratiques et les usages Burkina NTIC (9 avril 2025)
  • Sortie de promotion DPP 2025 en Afrique de l’Ouest Burkina NTIC (12 mars 2025)
  • Nos étudiant-es DPP cuvée 2024 tous-tes diplomés-es de la Graduate Intitute de Genève Burkina NTIC (12 mars 2025)
  • Retour sur images Yam Pukri en 2023 Burkina NTIC (7 mai 2024)

Liens intéressants

  • NIC Sénégal
  • ISOC Sénégal
  • Autorité de régulation des télécommunications et des postes (ARTP)
  • Fonds de Développement du Service Universel des Télécommunications (FDSUT)
  • Commission de protection des données personnelles (CDP)
  • Conseil national de régulation de l’audiovisuel (CNRA)
  • Sénégal numérique (SENUM SA)

Navigation par mots clés

  • 4457/5188 Régulation des télécoms
  • 348/5188 Télécentres/Cybercentres
  • 3465/5188 Economie numérique
  • 2384/5188 Politique nationale
  • 5188/5188 Fintech
  • 517/5188 Noms de domaine
  • 2188/5188 Produits et services
  • 1461/5188 Faits divers/Contentieux
  • 848/5188 Nouveau site web
  • 4997/5188 Infrastructures
  • 1675/5188 TIC pour l’éducation
  • 187/5188 Recherche
  • 243/5188 Projet
  • 3522/5188 Cybersécurité/Cybercriminalité
  • 1834/5188 Sonatel/Orange
  • 1596/5188 Licences de télécommunications
  • 276/5188 Sudatel/Expresso
  • 1002/5188 Régulation des médias
  • 1328/5188 Applications
  • 1054/5188 Mouvements sociaux
  • 1674/5188 Données personnelles
  • 126/5188 Big Data/Données ouvertes
  • 595/5188 Mouvement consumériste
  • 361/5188 Médias
  • 654/5188 Appels internationaux entrants
  • 1646/5188 Formation
  • 153/5188 Logiciel libre
  • 2439/5188 Politiques africaines
  • 1099/5188 Fiscalité
  • 166/5188 Art et culture
  • 578/5188 Genre
  • 1674/5188 Point de vue
  • 1105/5188 Commerce électronique
  • 1465/5188 Manifestation
  • 320/5188 Presse en ligne
  • 127/5188 Piratage
  • 204/5188 Téléservices
  • 981/5188 Biométrie/Identité numérique
  • 308/5188 Environnement/Santé
  • 336/5188 Législation/Réglementation
  • 512/5188 Gouvernance
  • 1790/5188 Portrait/Entretien
  • 146/5188 Radio
  • 787/5188 TIC pour la santé
  • 356/5188 Propriété intellectuelle
  • 58/5188 Langues/Localisation
  • 1054/5188 Médias/Réseaux sociaux
  • 1927/5188 Téléphonie
  • 194/5188 Désengagement de l’Etat
  • 1012/5188 Internet
  • 116/5188 Collectivités locales
  • 457/5188 Dédouanement électronique
  • 1233/5188 Usages et comportements
  • 1033/5188 Télévision/Radio numérique terrestre
  • 552/5188 Audiovisuel
  • 3813/5188 Transformation digitale
  • 387/5188 Affaire Global Voice
  • 156/5188 Géomatique/Géolocalisation
  • 313/5188 Service universel
  • 664/5188 Sentel/Tigo
  • 176/5188 Vie politique
  • 1521/5188 Distinction/Nomination
  • 35/5188 Handicapés
  • 689/5188 Enseignement à distance
  • 686/5188 Contenus numériques
  • 587/5188 Gestion de l’ARTP
  • 187/5188 Radios communautaires
  • 1750/5188 Qualité de service
  • 432/5188 Privatisation/Libéralisation
  • 132/5188 SMSI
  • 466/5188 Fracture numérique/Solidarité numérique
  • 2741/5188 Innovation/Entreprenariat
  • 1348/5188 Liberté d’expression/Censure de l’Internet
  • 46/5188 Internet des objets
  • 172/5188 Free Sénégal
  • 756/5188 Intelligence artificielle
  • 195/5188 Editorial
  • 2/5188 Gaming/Jeux vidéos
  • 24/5188 Yas

2026 OSIRIS
Plan du site - Archives (Batik)

Suivez-vous