OSIRIS

Observatoire sur les systèmes d’information, les réseaux et les inforoutes au Sénégal

Show navigation Hide navigation
  • OSIRIS
    • Objectifs
    • Partenaires
  • Ressources
    • Société de l’Information
    • Politique nationale
    • Législation et réglementation
    • Etudes et recherches
    • Points de vue
  • Articles de presse
  • Chiffres clés
    • Le Sénégal numérique
    • Principaux tarifs
    • Principaux indicateurs
  • Opportunités
    • Projets

Accueil > Articles de presse > Archives 1999-2025 > Année 2021 > Avril 2021 > Médias coupés au Sénégal : le CNRA est-il réellement tout puissant ?

Médias coupés au Sénégal : le CNRA est-il réellement tout puissant ?

vendredi 16 avril 2021

Régulation des médias

Les antennes de plusieurs télévisions sénégalaises ont été suspendues en raison de la diffusion d’images des manifestations qui ont secoué le pays en mars. Le CNRA, organe de régulation de l’audiovisuel considéré par ses détracteurs comme proche du pouvoir, voit son autorité remise en question par un nombre grandissant de syndicats et professionnels des médias.

Alors que des émeutes d’une violence inédite secouaient le pays, entraînant la mort de douze victimes, la télévision publique diffusait… Des chansons et des pièces de théâtre. Quant aux chaînes privées se faisant l’écho des manifestations, elles voyaient leur signal coupé. Cette situation ne s’est pas produite il y a quarante ans dans une république soviétique, mais il y a un mois, au Sénégal, pays d’ordinaire considéré comme un îlot de démocratie dans un Sahel troublé.

L’ordre de couper pendant 72 heures les signaux des chaînes privées Walf TV et Sen TV provient du Conseil national de régulation de l’audiovisuel (CNRA). Composé de neuf membres nommés par le président de la République, cet organisme a souvent fait l’objet d’accusations de censure – et ce, bien avant les événements de mars.

« Pornographie verbale »

L’organe de régulation s’était illustré en 2019 en s’érigeant contre Maîtresse d’un homme marié, qualifiant de « pornographie verbale » cette série mettant à nu les tabous de la société sénégalaise. Plus récemment, et sous la pression d’associations religieuses telles que l’ONG islamique Jamra, le CNRA interdisait à une chaîne de télévision privée de diffuser Infidèles, dont les personnages évoquent leurs amours et leur sexualité.

La proximité entre le CNRA, organe de régulation d’un État laïc, et l’ONG islamique interroge. Mame Mactar Gueye, vice-président de cette organisation, ne cache pas ses accointances avec le gendarme de l’audiovisuel. « La proximité est inévitable parce que nous sommes les seuls à nous plaindre auprès d’eux. Mais ce n’est pas une situation choisie, c’est un simple état de fait », se défend-il auprès de Jeune Afrique.

Et les accusations de censure ? Pour Mame Mactar Gueye, le CNRA n’a fait que son « devoir de protection de la morale de [la] société ». « Les deux chaînes temporairement suspendues ont fait l’apologie de la violence publique. Ces télévisions tendaient leur micro à des délinquants qui glorifiaient leurs actes », assure-t-il.

« L’emprise d’un organisme islamique sur un organisme de l’État pose question », s’inquiète un directeur de médias. « Cet organe de régulation est devenu un outil de censure parfaitement arbitraire. » Des propos qui font écho aux craintes du secrétaire général du Syndicat des professionnels de l’information et de la communication du Sénégal (Synpics) : « Le CNRA est devenu un problème. Il n’est plus en mesure d’assurer la régulation des médias », soutient Bamba Kassé.

Obsolescence…

Le secrétaire général déplore la décision du CNRA de couper le signal de deux chaînes de télévision publiques lors des émeutes ayant secoué le Sénégal en mars. « Nous pensons que c’est une décision inéquitable, qui pose la question de la légitimité du CNRA. Nous estimons que le CNRA est devenu obsolète. Nous réclamons un organe de régulation transparent, doté de moyens et faisant son travail sans parti pris », développe-t-il.

Pour le Synpics, la régulation de l’audiovisuel dépasse le clivage entre pouvoir et opposition. « Aujourd’hui, aucune chaîne de télévision n’applique la signalétique déconseillant certains programmes aux mineurs, poursuit Bamba Kassé. Cette mission serait pourtant du ressort du CNRA. »

… Et illégalité

Au-delà des accusations sur sa proximité avec le pouvoir, les détracteurs du CNRA pointent également… Son illégalité. En effet, le code de la presse, voté en juin 2017, prévoit d’encadrer l’ensemble des médias, qu’il s’agisse de presse écrite, audiovisuelle ou en ligne, par le prisme d’un nouvel organe : la Haute autorité de régulation de la communication audiovisuelle (Harca). Celle-ci disposerait « de compétences élargies, serait plus indépendante des autorités publiques, du gouvernement comme de l’exécutif », précise Mamoudou Ibra Kane, directeur du groupe EMedia.

« Le CNRA est un organe domestiqué par l’État, et la nouvelle loi le rend obsolète, s’emporte le journaliste. Aujourd’hui, la régulation de l’audiovisuel au Sénégal pose problème. Dans un État de droit, il est important que l’organe de régulation soit à équidistance des médias et de l’État. »

Selon Mamoudou Ibra Kane, le CNRA brille par son manque d’indépendance vis-à-vis du pouvoir politique. « Pour l’attribution des fréquences, en radio comme en télé, il serait important que la décision ne revienne pas qu’à l’État. La loi de 2017 prévoit que ces attributions soient du ressort de la Harca… Qui n’existe pas encore, peste-t-il. Toute attribution de fréquence, depuis 2017, est donc illégale. »

Anne-Sophie Faivre Le Cadre

(Source : Jeune Afrique, 16 avril 2021)

Fil d'actu

  • Charte de membre Africollector Burkina NTIC (25 février 2026)
  • TIC ET AGRICULTURE AU BURKINA FASO Étude sur les pratiques et les usages Burkina NTIC (9 avril 2025)
  • Sortie de promotion DPP 2025 en Afrique de l’Ouest Burkina NTIC (12 mars 2025)
  • Nos étudiant-es DPP cuvée 2024 tous-tes diplomés-es de la Graduate Intitute de Genève Burkina NTIC (12 mars 2025)
  • Retour sur images Yam Pukri en 2023 Burkina NTIC (7 mai 2024)

Liens intéressants

  • NIC Sénégal
  • ISOC Sénégal
  • Autorité de régulation des télécommunications et des postes (ARTP)
  • Fonds de Développement du Service Universel des Télécommunications (FDSUT)
  • Commission de protection des données personnelles (CDP)
  • Conseil national de régulation de l’audiovisuel (CNRA)
  • Sénégal numérique (SENUM SA)

Navigation par mots clés

  • 4494/5228 Régulation des télécoms
  • 349/5228 Télécentres/Cybercentres
  • 3474/5228 Economie numérique
  • 2417/5228 Politique nationale
  • 5228/5228 Fintech
  • 519/5228 Noms de domaine
  • 2230/5228 Produits et services
  • 1456/5228 Faits divers/Contentieux
  • 871/5228 Nouveau site web
  • 5049/5228 Infrastructures
  • 1673/5228 TIC pour l’éducation
  • 186/5228 Recherche
  • 244/5228 Projet
  • 3612/5228 Cybersécurité/Cybercriminalité
  • 1822/5228 Sonatel/Orange
  • 1586/5228 Licences de télécommunications
  • 276/5228 Sudatel/Expresso
  • 999/5228 Régulation des médias
  • 1334/5228 Applications
  • 1052/5228 Mouvements sociaux
  • 1666/5228 Données personnelles
  • 126/5228 Big Data/Données ouvertes
  • 594/5228 Mouvement consumériste
  • 361/5228 Médias
  • 645/5228 Appels internationaux entrants
  • 1648/5228 Formation
  • 146/5228 Logiciel libre
  • 2477/5228 Politiques africaines
  • 1130/5228 Fiscalité
  • 167/5228 Art et culture
  • 579/5228 Genre
  • 1692/5228 Point de vue
  • 1104/5228 Commerce électronique
  • 1467/5228 Manifestation
  • 318/5228 Presse en ligne
  • 124/5228 Piratage
  • 207/5228 Téléservices
  • 973/5228 Biométrie/Identité numérique
  • 309/5228 Environnement/Santé
  • 337/5228 Législation/Réglementation
  • 516/5228 Gouvernance
  • 1795/5228 Portrait/Entretien
  • 146/5228 Radio
  • 798/5228 TIC pour la santé
  • 358/5228 Propriété intellectuelle
  • 58/5228 Langues/Localisation
  • 1057/5228 Médias/Réseaux sociaux
  • 1926/5228 Téléphonie
  • 190/5228 Désengagement de l’Etat
  • 1013/5228 Internet
  • 117/5228 Collectivités locales
  • 454/5228 Dédouanement électronique
  • 1237/5228 Usages et comportements
  • 1026/5228 Télévision/Radio numérique terrestre
  • 559/5228 Audiovisuel
  • 3886/5228 Transformation digitale
  • 383/5228 Affaire Global Voice
  • 157/5228 Géomatique/Géolocalisation
  • 314/5228 Service universel
  • 660/5228 Sentel/Tigo
  • 175/5228 Vie politique
  • 1519/5228 Distinction/Nomination
  • 34/5228 Handicapés
  • 688/5228 Enseignement à distance
  • 686/5228 Contenus numériques
  • 587/5228 Gestion de l’ARTP
  • 178/5228 Radios communautaires
  • 1758/5228 Qualité de service
  • 429/5228 Privatisation/Libéralisation
  • 134/5228 SMSI
  • 463/5228 Fracture numérique/Solidarité numérique
  • 2753/5228 Innovation/Entreprenariat
  • 1350/5228 Liberté d’expression/Censure de l’Internet
  • 46/5228 Internet des objets
  • 170/5228 Free Sénégal
  • 755/5228 Intelligence artificielle
  • 197/5228 Editorial
  • 2/5228 Gaming/Jeux vidéos
  • 24/5228 Yas

2026 OSIRIS
Plan du site - Archives (Batik)

Suivez-vous