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Accueil > Articles de presse > Année 2026 > Avril 2026 > Maturité numérique des entreprises sénégalaises : La clé invisible de (…)

Maturité numérique des entreprises sénégalaises : La clé invisible de l’accès au financement

vendredi 17 avril 2026

Transformation digitale

Le Sénégal affiche la plus forte croissance d’Afrique en 2025. Mais derrière les 6,7%, un paradoxe résiste : seule une entreprise sur dix-sept utilise un logiciel de gestion. Abdellah Marrakchi, directeur du Pôle Afrique chez SAGE, met les mots sur ce décalage (et dit pourquoi la fenêtre se referme vite).

Il y a une statistique qui ne figure dans aucun discours officiel sur la croissance sénégalaise. Alors qu’elle a atteint 6,7% en 2025 (la meilleure performance d’Afrique subsaharienne cette année-là), la Banque mondiale estime que seulement 6% des entreprises sénégalaises utilisent un logiciel de gestion. Six pour cent.

Pour Abdellah Marrakchi, directeur du Pôle Afrique chez Sage, solutions utilisées dans plus de 160 pays et présente dans plus de plus de 20 pays, ce chiffre est à la fois le problème et l’opportunité. « Un directeur financier qui pilotait 10 milliards de FCFA il y a trois ans, en pilote peut-être 25 aujourd’hui. Ses outils de gestion doivent suivre. Sinon, c’est une croissance non maîtrisée, et une croissance non maîtrisée peut avoir un impact négatif sur la santé de l’entreprise. »

Au Sénégal, la digitalisation de la gestion des entreprises progresse, portée par des acteurs comme Sage. Au-delà de la modernisation des pratiques comptables, ces outils jouent un rôle clé dans un enjeu central : la capacité des PME à accéder au financement. La digitalisation des outils de gestion apparaît ainsi comme un levier essentiel.

Même parmi les entreprises formelles, les pratiques comptables restent souvent hétérogènes, parfois peu conformes aux standards attendus par les banques ou les investisseurs.

Dans ce contexte, les logiciels de gestion jouent un rôle de normalisation. En standardisant la production des états financiers et en améliorant la traçabilité des opérations, ils contribuent à réduire l’asymétrie d’information entre les PME et leurs partenaires financiers.

Le Sénégal, précurseur institutionnel mais défi d’adoption

Le Sénégal a une longueur d’avance que peu de pays africains peuvent revendiquer : c’est le seul d’Afrique de l’Ouest à avoir lancé une stratégie nationale du numérique dès 2016. Résultat, le digital représente déjà 10% du PIB.

En février 2025, le président de la République a franchi une étape supplémentaire avec le « New Deal Technologique » ; un plan d’investissement de plus de 1 000 milliards de FCFA d’investissement sur dix ans, avec 12 programmes prioritaires, l’objectif de former 100 000 diplômés du numérique et de créer 350 000 emplois.

« L’État sénégalais envoie ainsi un signal très fort au secteur privé », reconnaît Marrakchi, qui identifie aussitôt le paradoxe : malgré une couverture 4G à 97% du territoire, 54% de la population reste hors ligne. L’infrastructure est là. C’est l’adoption qui coince. « Le défi n’est plus l’infrastructure, c’est d’aller chercher les entreprises là où elles en sont. »

La loi qui change tout

Sur la facturation électronique, le Sénégal n’a plus le luxe de tergiverser. Dans le contexte du chantier majeur des réformes fiscales sénégalaises, la loi n°2025-02 du 28 décembre 2024, intégrée dans la loi de finances 2025, rend la facturation électronique obligatoire pour tous les assujettis à la TVA. Ce n’est plus un projet, c’est une échéance.

En parallèle, depuis juillet 2024, le Sénégal impose une TVA numérique de 18% sur les services fournis par les plateformes étrangères. La Direction générale des impôts et domaines (DGID) a déjà encaissé plus d’un milliard de FCFA sur les cinq premiers mois d’application, avec un objectif de 10 milliards à moyen terme. Google est le premier géant mondial à s’être conformé à cette législation, en juin 2025.

Ce double mouvement (facturation électronique obligatoire, TVA numérique) dit quelque chose de structurant : le Sénégal est en train de construire un écosystème fiscal digital complet. « Le message aux entreprises est clair », dit Marrakchi. « La digitalisation des processus financiers n’est plus un projet. C’est une obligation. Les entreprises qui l’anticipent bien en font un levier de performance. Les autres subissent », a-t-il poursuivi.

Ce mouvement n’est pas isolé. Côte d’Ivoire, Niger, Bénin ont déjà rendu obligatoire la facturation électronique. En quelques années, l’Afrique de l’Ouest s’est érigée en leader continental sur ce sujet. « Ce que les gouvernements ont compris, c’est que la digitalisation des entreprises est la voie la plus efficace pour élargir l’assiette fiscale et financer leur développement. C’est un alignement d’intérêts entre l’État et le secteur privé qui n’existait pas il y a cinq ans », analyse Marrakchi.

La GSMA estime que le Sénégal pourrait générer 1 100 milliards de FCFA et créer 280 000 emplois supplémentaires d’ici 2030 grâce à une adoption numérique plus large. Ce potentiel est représentatif de ce que l’ensemble de la sous-région peut capter si les entreprises se dotent des bons outils.

Les PME représentent 90% du tissu économique sénégalais. Sage revendique de pouvoir les adresser dès leur première facturation, avec une logique de montée en charge progressive (comptabilité, achats, stocks, RH) selon les besoins et le budget. « Notre ambition, c’est de démocratiser l’accès à l’ERP », lance Abdellah Marrakchi.

Le marché mondial des outils de gestion est aujourd’hui estimé à 6 milliards d’euros. Dans cinq ans, selon les projections du secteur, il devrait doubler pour atteindre 12 milliards. Ce n’est pas un marché de niche.

L’avantage que l’Afrique ignore

Sur le cloud et l’intelligence artificielle, Marrakchi avance un chiffre que peu de décideurs africains connaissent : le marché du cloud croît à 36% par an en Afrique, contre 18% au niveau mondial, soit le double.

Pour Abdellah Marrakchi, « Il y a un retard technologique, c’est vrai. Mais la volonté de le rattraper est phénoménale. »

Il va plus loin en soulignant que les entreprises africaines ont un avantage structurel que leurs homologues européennes n’ont plus : l’absence de dette technique. « Elles partent d’Excel et de WhatsApp Business. Elles n’ont pas 15 ans de systèmes informatiques à démanteler. L’intégration est structurellement plus simple. C’est pourquoi les entreprises africaines déploient l’IA quatre à six fois plus vite en délai d’implémentation. »

Le marché africain de l’IA est estimé à 4,5 milliards de dollars en 2025. Il devrait atteindre 16,5 milliards en 2030, selon le rapport Mastercard publié en août 2025 (soit une croissance annuelle de 27%). Le Sénégal, avec son programme IA & Digital Factory inclus dans le New Deal Technologique, ambitionne d’être parmi les trois principaux exportateurs africains de services numériques d’ici 2034.

« Il y a des contraintes, mais aussi des opportunités. Je suis confiant que les acteurs du tissu économique sénégalais sauront transformer les défis en opportunités. »

La jeunesse est son deuxième argument. Avec une moyenne d’âge de 25 à 30 ans, le Sénégal dispose d’une ressource que les marchés matures n’ont plus : des consommateurs, des collaborateurs et des entrepreneurs qui n’ont pas connu l’avant-digital. "Ils ne se posent plus la question de comment payer (ils paient avec leur téléphone. Ils ne se demandent pas comment se former) c’est le digital. « Pour moi, c’est la première ressource qui fera la différence. »

L’IA comme copilote, pas comme pilote

Chez Sage, comment appréhende-t-on alors le cloud et l’IA ? La réponse de Abdellah Marrakchi apporte du grain à moudre aux PME sénégalaises.

« Quand on parle de Cloud et d’IA à nos clients sénégalais », souligne-t-il, « on ne parle pas d’un projet de transformation sur 3 ans. On parle de Sage Copilot, aujourd’hui : une IA intégrée à l’ERP qui aide un Directeur Général ou un Directeur Administratif et Financier à anticiper ses tensions de trésorerie, détecter des anomalies dans ses flux, automatiser ses déclarations TVA. Des cas d’usage concrets, à ROI immédiat, sans DSI dédiée. C’est ça, l’IA utile pour une PME sénégalaise ».

Face à ces perspectives, la résistance au cloud (alimentée par l’idée que les données seraient plus sûres en local) laisse Marrakchi perplexe. Il l’affronte avec une analogie directe : « Votre argent, vous le gardez à la maison ou à la banque ? Microsoft et Amazon investissent des milliards chaque année pour sécuriser leurs data centers. Une entreprise de négoce ou de services, ce n’est pas son métier. La cybercriminalité représente aujourd’hui 10 000 milliards de dollars de dommages annuels dans le monde (contre 3 000 milliards il y a quinze ans). Si la cybercriminalité était un pays, elle serait la troisième puissance mondiale. Confier sa donnée à un spécialiste n’est pas un risque. C’est du bon sens. »

Ceux qui prendront de l’avance

Les entreprises sénégalaises veulent désormais passer de la gestion intuitive à la gestion pilotée par la donnée. Ce n’est plus aspirationnel, c’est une nécessité de compétitivité.

La question finale est celle que chaque dirigeant sénégalais devrait se poser en ce moment : de quel côté de la transformation sera-t-on dans trois ans ?

"Les entreprises qui investissent dès maintenant dans leur système de gestion (ERP, conformité facturation électronique, tableau de bord financier) seront celles qui pourront répondre aux appels d’offres de demain, travailler avec des partenaires internationaux, accéder au financement bancaire. » Du point de vue de Marrakchi : « La donnée, c’est la crédibilité. »

Avec une croissance 2026 contrainte mais projetée, des hydrocarbures en production, un État qui investit massivement dans le numérique et une réforme fiscale qui force les entreprises à se formaliser, le Sénégal de 2025 offre une fenêtre rare. La question n’est plus de savoir si la transformation numérique viendra. Elle est déjà là, portée par la loi, par la croissance, par la concurrence. La question est qui l’aura anticipée.

Malick Ndaw

(Source : Le Journal de l’économie sénégalaise, 24 avril 2026)

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