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Accueil > Articles de presse > Archives 1999-2025 > Année 2011 > Octobre > Mamadou Aïdara Diop de l’intersyndicale des travailleurs : « Cela montre (…)

Mamadou Aïdara Diop de l’intersyndicale des travailleurs : « Cela montre l’incohérence de la politique de l’Etat dans le secteur des télécoms »

samedi 22 octobre 2011

Politique nationale

La volonté du président de la République, de permettre à l’Etat central de détenir 35% du capital de chaque entreprise de téléphonie, pour pouvoir se faire de l’argent, prouve « l’incohérence » de la politique du gouvernement dans le secteur des télécommunications. C’est l’avis de Mamadou Aïdara Diop, coordonnateur de l’intersyndicale de la Sonatel.

Le désir avoué de l’Etat du Sénégal, formulé par le président de la République, Me Abdoulaye Wade, de détenir les 35% du capital de chaque société de téléphonie, n’est qu’une affirmation de l’incohérence de la politique gouvernementale, dans le secteur des télécommunications. C’est ce que pense Mamadou Aïdara Diop, coordonnateur de l’intersyndicale des travailleurs de la Sonatel.
« Cela montre l’incohérence de la politique de l’Etat dans le secteur des télécoms. Tantôt l’Etat veut vendre tantôt il veut nationaliser, tantôt il veut une participation légèrement supérieure à son niveau actuel, tantôt il introduit des surtaxes, tantôt il annule, c’est une politique faite de tergiversation » a décrié M Diop. N’étant pas contre le fait que l’Etat consolide sa position au sein de la Sonatel, le syndicaliste d’indiquer cependant que ce qui pose problème, « c’est le fond qui est dérangeant, la politique de tâtonnement de l’Etat, l’absence de vision stratégique ». Et tant que l’Etat fera dans cette forme d’approche « faite de décisions, de contre décisions, d’avancée de recul, on n’ira pas loin » a averti le technicien de la Sonatel. Car explique Mamadou Aïdara Diop, « C’est cet Etat-là qui a voulu vendre 9,87% de ses parts en 2009 à France Télécom en Catimini. L’Etat ne s’est pas soucié que l’Assemblée nationale, qui doit légiférer pour toute initiative d’aliénation de toute ou partie de la propriété de l’Etat. Une disposition qui confère des prérogatives à l’Assemblée, et l’Etat n’y avait pas pensé en essayant de vendre à France Télécom » rappelle t-il.

« Ca ne peut pas se faire sans négociation préalable avec France Télécom »

Mais, attend-il de scruter le décret présidentiel qui sera fait après vote de la loi, pour voire « dans quelle modalité de négociation l’Etat va s’inscrire avec France Télécom ». « Parce que ça ne peut pas se faire sans négociation préalable avec France Télécom ». Et aussi pour savoir, « si France Télécom n’est pas d’accord, comment l’Etat va aller sur le marché pour acquérir des actions complémentaires ». Pour le cas de Tigo, le sonatelien attend de voir « comment l’Etat compte solder ses contentieux, qui l’opposent à Tigo ». « Est ce que l’Etat va dire à Tigo vous payez une somme x je prend 35% de cette somme qui constituerait ma participation dans le capital de Tigo ».

« Pour la Sonatel seulement, si l’Etat devait acheter les 8% qui l’empêchent d’atteindre les 35%, « ça ne va pas faire moins de 100 milliards »

Quant à Expresso, l’Etat lui a vendu une licence Globale à environ 100 milliards rappelle M Diop. Et la question pour lui, c’est « Comment l’Etat va revenir à Expresso pour dire maintenant je veux prendre 35% de votre capital, alors qu’à l’origine il était question qu’Expresso réserve 15% aux privés nationaux ». Et en parlant d’actions, les 8% dont l’Etat a besoin pour obtenir les 35% du capital de la Sonatel équivalent à 800 000 actions, dont l’unité est de 125 000 francs Cfa. Et « aujourd’hui si l’Etat devait acheter 800 mille actions au coût de 125 000 francs, ça ne va pas faire moins de 100 milliards » avertit le coordonnateur de l’intersyndicale de la Sonatel qui se demande « comment va t-il renforcer sa présence dans le capital de Sonatel dans le même temps où il prend une initiative qui va fragiliser à moyen terme cette entreprise ». Pour lui, « on ne peut plus faire des régressions pour faire du Tout Etat ».

Youssouf Sané

(Source : Le Populaire, 22 octobre 2011)

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