La Libye multiplie les investissements pour moderniser et renforcer son infrastructure numérique nationale. Par exemple, les autorités ont annoncé fin décembre la mise hors service des centraux téléphoniques traditionnels utilisés pour la téléphonie fixe, au profit de technologies plus récentes.
La Libye se prépare au lancement de la technologie mobile de cinquième génération (5G) « dans un avenir proche ». La semaine dernière, la société publique Libyan Post, Telecommunications and Information Technology Holding Company (LPTIC) en a fait l’annonce.
Dans un communiqué publié le jeudi 22 janvier, la LPTIC a indiqué que cette étape intervient après l’achèvement des derniers préparatifs techniques et organisationnels de la première phase du projet 5G. Le service sera exploité et lancé par l’opérateur Al‑Madar Al‑Jadeed, en tant que premier opérateur national libyen chargé de fournir la 5G, conformément aux normes techniques en vigueur et avec une pleine disponibilité opérationnelle.
Le vendredi 23 janvier, la LPTIC a par ailleurs annoncé la signature d’un protocole d’accord de coopération avec la société américaine KBR, présentée comme un acteur de premier plan dans les domaines du conseil en ingénierie, des solutions technologiques et des infrastructures. Le renforcement des réseaux 5G en Libye figure parmi les principaux axes de la collaboration envisagée entre les deux parties.
Un coup de pouce à la transformation numérique
Selon la LPTIC, le déploiement de la 5G s’inscrit « dans le cadre de l’orientation nationale visant à développer l’infrastructure du secteur des télécommunications, à soutenir la transition numérique et à améliorer la qualité des services offerts aux citoyens ».
Les autorités libyennes misent sur les TIC pour accélérer la reconstruction et le développement socio‑économique du pays. Depuis 2021, la LPTIC, en tant que bras opérationnel de cette stratégie, multiplie les initiatives et partenariats afin de faire de la Libye un « pays intelligent », où citoyens, entreprises et villes bénéficient de technologies avancées au service d’un développement intégré et durable. En 2024, le pays s’est classé 124ᵉ sur 193 États dans le monde à l’indice de développement de l’e‑gouvernement des Nations unies, avec un score de 0,5466, en dessous de la moyenne mondiale.
Dans cette dynamique, les investissements dans l’infrastructure numérique nationale se sont intensifiés. Fin décembre, les autorités ont lancé un programme de mise hors service progressive des centraux téléphoniques traditionnels utilisés pour la téléphonie fixe, au profit de technologies plus récentes. Les autres priorités de la holding incluent le déploiement et la généralisation du haut débit, l’adoption d’une orientation claire en matière d’infrastructures informatiques et de cloud, l’accélération des projets de fibre optique et l’extension des réseaux télécoms.
Dans ce contexte, la 5G se présente comme un levier technologique structurant. Dans une étude publiée en 2021 par Dell Technologies, il est souligné que la 5G permet des vitesses de transmission jusqu’à 100 fois supérieures à celles de la 4G, avec une latence fortement réduite et des capacités réseau inédites. La technologie ouvre donc la voie à des applications avancées et innovantes, favorisant une connectivité accrue en temps réel et facilitant la transformation numérique de secteurs clés.
Des défis financiers et d’adoption
Le déploiement de la 5G reste toutefois un chantier coûteux. Selon une étude publiée en 2022 par Ericsson, le coût de base du déploiement de la 5G dans un pays est estimé entre 3 et 8 milliards USD, auxquels s’ajoutent 20 à 35 % d’investissements supplémentaires pour étendre la couverture du réseau à l’échelle nationale.
Sur le plan de la couverture, les réseaux mobiles 2G et 3G couvrent actuellement 98 % de la population, estimée à 7 millions d’habitants, selon le Mobile Connectivity Index 2025 de la GSMA. La couverture 4G atteint 83,7 %.
En matière d’usage, DataReportal, citant les données de GSMA Intelligence, estime le nombre d’abonnements mobiles en Libye à 14,9 millions fin décembre 2025, soit un taux de pénétration de 199 %. Le nombre d’utilisateurs uniques est évalué à 6,62 millions, correspondant à un taux de pénétration de 88,5 %. Ces chiffres restent toutefois à relativiser, certains abonnés disposant de plusieurs cartes SIM comptabilisées séparément.
Au‑delà de l’infrastructure, l’adoption de la 5G par les populations libyennes pourrait se heurter à des obstacles déjà observés dans d’autres marchés : le coût des smartphones compatibles, l’accessibilité des forfaits de données 5G, le niveau de compétences numériques, la perception de la pertinence des services proposés ou encore la qualité de l’expérience client.
Isaac K. Kassouwi
(Source : Agence Ecofin, 27 janvier 2026)
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Libye : vers le déploiement imminent de la 5G