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Accueil > Ressources > Points de vue > 2012 > Les TIC dans l’éducation : Quelle approche ?

Les TIC dans l’éducation : Quelle approche ?

vendredi 20 juillet 2012

TIC pour l’éducation

La problématique de l’utilisation des technologies de l’information et de la communication dans le système éducatif se pose à plusieurs niveaux selon l’approche et la finalité attendues qu’il s’agisse de leur utilisation comme outil de gestion ou, sous un angle pédagogique, comme contenus d’enseignement (Education par les TIC).

Au Sénégal l’introduction des TIC dans le système éducatif a connu ses premiers pas avec la méthode CLAD basée sur l’utilisation de la radio et les figurines. Pour qui est des « N » TIC, les premiers balbutiements sont apparus depuis les années 80 avec le projet « Logo » à l’époque logé à l’Ecole Normale Supérieure et qui avait comme objectif essentiel d’apprécier l’impact de l’outil informatique dans le processus d’apprentissage. Par la suite d’autres expériences apparentées à « LOGO » ont été tentées par des institutions privées et publiques et qui ont connu des fortunes diverses.

C’est le cas du projet PIISE ou Projet d’Introduction de l’Informatique dans le Système Educatif initié en 1989 par nos autorités et qui était expérimenté dans quelques établissements élémentaires et secondaires. Plus tard vers la fin des années 90, plusieurs initiatives locales, privées ou publiques ont vu le jour ça et là. Le plus important fut le projet Worldlink de la Banque Mondiale qui a fait son temps et qui se limitait juste à créer des salles informatiques avec accès à Internet dans les établissements du moyen et du secondaire. A ce que je sache, il n’a jamais débouché sur une évaluation sérieuse pour procéder à une généralisation de l’expérience, laissant ainsi un goût d’inachevé.

Ces tentatives d’introduction des TIC dans le système éducatif (de l’élémentaire à l’Université) ne semblent reposer sur aucune « politique globale, cohérente » et préconçue, et encore moins sur une stratégie clairement définie et reposant sur une vision bien élaborée. Leur utilisation judicieuse, dans l’optique d’une amélioration de la formation des enseignants et des apprenants dans la perspective d’une élaboration de contenus et de curricula plus adaptés aux réalités socio-économiques actuelles, n’a jamais été une préoccupation dans la conception de ces projets. Les investissements ont été très faibles et les résultats naturellement mitigés. L’approche institutionnelle d’acquisition et de distribution, conjuguée au coût très élevé et à la rareté des technologies, n’a pas été pour faciliter les choses qui étaient restées à l’état expérimental de test de laboratoire.

Les acteurs du système éducatif sénégalais à l’image de ceux des autres secteurs ont globalement une représentation et une appréciation positives de l’introduction des TIC dans la vie scolaire et universitaire. Cette appréciation est si positive que par moment il semble malheureusement évident qu’elle développe une sorte d’illusionnisme tendant à faire croire que l’usage de ces technologies symbolisées par l’ordinateur est synonyme de la fin de toutes leurs difficultés pratiques. Pour certains, en devenant juste de bons utilisateurs de ces outils, ils acquièrent un nouveau métier ; celui d’informaticien.

Les TIC sont perçues par quasiment toutes les communautés comme étant des outils pouvant leur offrir des opportunités réelles d’amélioration du niveau et de la qualité de leur vie. La communauté éducative ne constitue point une exception à cette règle, loin s’en faut d’ailleurs. Terreau du savoir et de la connaissance, la communauté éducative, dans cette problématique d’appropriation des TIC, se voit comme locomotive devant tirer les wagons, à elle attelés, que constituent les autres secteurs de la vie. Il est important aussi de pousser la réflexion sur les dynamiques empruntées et provoquées, sur les contraintes rencontrées dans le processus d’introduction et d’utilisation des TIC pour l’Education.

L’éducation par les TIC, autre approche d’introduction des TIC dans le système éducatif comme outil pédagogique, de la même façon qu’elle bouleverse les habitudes, les comportements et approches pédagogiques, amène des changements dans les rapports enseignants-élèves qui peuvent être des sources de conflits. Les apprenants, à partir de leurs relatives connaissances de ces outils, peuvent être, sur certaines questions, mieux armés que certains de leurs enseignants du fait de l’immensité et de la diversité de la connaissance dont l’accès démocratisé leur est ainsi offert grâce à Internet. Et il s’y ajoute que les concepts d’apprentissage en ligne (e-learning) et d’apprentissage mobile (m-learning) ont fini de faire leur apparition et sont entrain de signer leurs lettres de noblesse.

Il est donc à prévoir que ceux parmi les élèves qui développent des capacités d’autonomie et qui disposent de possibilités d’accès à Internet autres que celui du cours, travailleront sûrement selon leurs propres rythmes, larguant du coup leurs camarades moins outillés.

De nouvelles approches pédagogiques s’imposent dés lors à l’enseignant dont la tâche, à certains égards, se complexifie et exige de lui, entre autres, une remise en cause des anciennes pratiques, une attitude de veille technologique, une plus grande ouverture d’esprit et une surveillance individuelle plus rapprochée de ses élèves.

Il est donc évident que les élèves joueront un rôle déterminant dans les enrichissements des pratiques pédagogiques enseignantes. Pour illustration ce passage d’une étude menée par le projet Acacia du CRDI est très révélateur :

« ...Selon certaines études, blogs, SMS, téléchargement de fichiers ou de jeux en ligne, usage des images numériques…, près de 1 enfant sur 3 entre 6 et 8 ans et plus de 3 sur 4 entre 13 et 14 ans utilisent Internet souvent en toute liberté à la maison (6). Les jeunes générations baignent tellement dans la culture numérique qu’il y a un sérieux risque de ringardisation de l’école s’ils ne retrouvent pas cet environnement en classe. Ce que confirme Serge Pouts-Lajus, consultant du cabinet Education et territoires, qui conseille les collectivités en matière de politique éducative : « Sur le terrain, les enseignants souvent désemparés nous confient avoir de plus en plus de mal à faire accepter aux élèves des cours conventionnels qui n’intègrent pas les usages élémentaires du numérique. Et ainsi se creuse le décalage entre générations. » Les élèves semblent plus respectueux du professeur en phase avec la société de l’information parce qu’il appartient à leur monde, qu’il les prépare au monde tel qu’il est avec les compétences qu’il réclame. « L’individualisation des parcours (la possibilité pour chaque élève ou chaque groupe d’élèves de progresser à son rythme) et l’interactivité (l’élève doit apprendre “à construire” son savoir et non plus seulement à “recevoir” un savoir transmis) » Une véritable petite révolution… pédagogique avant d’être numérique ! »

La multiplicité des outils technologiques, leur accessibilité (open source), leur simplicité d’utilisation (approche intuitive), conjuguées à l’interactivité, l’individualisation et le développement de l’autonomie, la compréhension des échecs, qu’ils créent chez l’apprenant, constituent autant d’atouts pour les stratégies TICE qui bouleversent les habitudes et demandent de nouvelles compétences. En sus de ses aptitudes et capacités à transmettre des connaissances, l’enseignant de type nouveau devra sans doute être une personne-ressource capable de susciter la curiosité de ses élèves, de leur inculquer une attitude de recherche et de les guider dans les arcanes de la culture numérique. Les mutations sont attendues dans tous les secteurs et de l’avis de beaucoup de spécialistes, même la culture est en train de devenir numérique.

Compte tenu des nombreux et complexes facteurs pouvant constituer des blocages, la réussite des initiatives de nos pays tendant à promouvoir l’usage des TIC dans l’éducation, ou TIC pour l’Education (TICE), dépendra en grande partie de l’émergence de partenariats créatifs entre le public et le privé ainsi qu’entre les organisations locales et régionales, pour, notamment, résoudre l’équation de l’accessibilité économique par la baisse les coûts d’exploitation et des équipements. Par le biais des initiatives de partenariat public-privé mises en œuvre par le passé (Ex : Ministère Education-Sonatel pour le projet Worldlink), nous estimons que le Sénégal est à mesure de relever ce défi d’éducation par les TIC ou usage généralisé des TICE, tant au niveau des matières et disciplines enseignées, qu’au niveau de la formation académique et pédagogique continue des enseignants. Ces initiatives devront être accompagnées de politiques de subvention pour réduire les coûts d’acquisition et de possession des équipements (owner-costs) et des frais de communication des institutions éducatives. Le succès et la pérennité des projets seront néanmoins tributaires du développement des politiques et du cadre législatif dans lequel baignent nos institutions.

Ces projets d’intégration des TICE dans l’Education, pour réussir, devront d’abord identifier et lever les freins au changement des pratiques pédagogiques notamment par l’implication des acteurs dans une dynamique de remise en cause des anciennes pratiques et leur adaptation aux nouveaux outils. A ce propos, les établissements auront besoin davantage de liberté et d’autonomie pour gérer à bon escient les ressources et les contraintes liées au projet. Comme le souligne le spécialiste Robert Ribeau, une telle démarche nécessite :

– Une volonté politique affirmée qui conforte les gestionnaires locaux dans leurs efforts et leur soutien « indéfectible » aux enseignants.
Des ressources financières importantes et annuellement assurées pour plusieurs années, conditions d’une planification de longue durée.
Des ordinateurs nombreux, performants, fiables, accessibles, branchés en réseau et reliés à Internet pour la télécoopération et les communautés d’apprentissage.

– Des applications puissantes, stables, dédiées, faciles d’emploi, conviviales et qui offrent l’accès à des contenus et des ressources numériques de qualité parfaitement intégrés aux disciplines.
De l’information et du soutien en bonne quantité et selon un flux constant et régulier.

Un plan systémique d’intégration, fruit d’une heureuse complicité entre les partenaires de l’éducation (enseignants, directeurs, conseillers pédagogiques, responsables technologiques).
Du temps pour les enseignants, du temps pour la réflexion, pour la formation, pour la planification de situations d’apprentissage et d’évaluation (SAE) authentiques contextualisées et conformes aux visées du programme de formation (scénarisation).

Mor Ndiaye Mbaye, Consultant en SI et base de données
morfattah@gmail.com

(Source : Dakar Actu, 20 juillet 2012)

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