OSIRIS

Observatoire sur les systèmes d’information, les réseaux et les inforoutes au Sénégal

Show navigation Hide navigation
  • OSIRIS
    • Objectifs
    • Partenaires
  • Ressources
    • Société de l’Information
    • Politique nationale
    • Législation et réglementation
    • Etudes et recherches
    • Points de vue
  • Articles de presse
  • Chiffres clés
    • Le Sénégal numérique
    • Principaux tarifs
    • Principaux indicateurs
  • Opportunités
    • Projets

Accueil > Ressources > Points de vue > 2024 > Les garanties organiques de l’indépendance du régulateur

Les garanties organiques de l’indépendance du régulateur

vendredi 24 mai 2024

Point de vue

Les autorités de régulation dans les services publics de réseaux ont été élaborées sur le modèle des autorités administratives indépendantes. A l’instar de ces dernières, elles se caractérisent par un statut d’indépendance par rapport au pouvoir politique, qui est garanti par des règles de composition, de nomination ainsi que par l’attribution de moyens spécifiques.

Néanmoins, on remarquera s’agissant de l’indépendance du régulateur dans le secteur des télécommunications et des TIC qu’aucune conception universellement partagée ne se dégage de l’observation des diférentes situations nationales. Que ce soit au Sénégal ou le régulateur est passé du statut d’établissement public à caractère spécial (Loi 2001-15 portant code des télécommunications) à autorité administrative indépendante ( Loi 2011-01), ou en Europe, les autorités de régulation s’apparentent le plus souvent à la notion juridique des autorités administratives.

Les AAI sont en effet placées en dehors de la hiérarchie administrative, elles reçoivent ni ordre, ni instructions, et elles exercent leurs attributions qui leur sont confiées en toute indépendance et les décisions qu’elles prennent dans le cadre de leur compétence sont dotées de force exécutoire. Mais elles n’ont pas de personnalité juridique distincte de l’Etat. Ces principes sont repris généralement dans les statuts des autorités de régulation des télécommunications et des TIC, même si ces dernières ne sont pas des innovations juridiques, mais la répartition des pouvoirs entre ces institutions et le gouvernement s’inscrit dans la tradition républicaine. Déjà en France, le Conseil Constitutionnel dans sa décision du 23 Juillet 1996 portant sur la loi de réglementation des télécommunications avait dénommé l’ART ( ARCEP) « autorité administrative ». Cette même autorité se qualifie « d’autorité administrative indépendante », c’est-à-dire un organe spécialisé au nom de l’Etat.

L’autorité de régulation doit, en effet être détachée de toute dépendance hiérarchique ou de tutelle avec le gouvernement. Ainsi comprise, elle répond à des objectifs de neutralité dans la mesure ou l’indépendance est un gage de neutralité et d’impartialité à l’égard de tous les acteurs du marché, de continuité (son indépendance et la durée de mandat de ses membres lui permettent d’inscrire son action dans la continuité) et d’éfficacité puisqu’une autorité indépendante peut être dotée de compétences qui ne se rattachent pas aux formes habituelles d’intervention du pouvoir exécutif. L’émargence de la fonction de régulation bouleverse donc l’organisation de l’Etat qui cherche à conserver un lien par lequel il légitime la régulation, celle-ci agit à son nom. Elle n’est pas autonome par nature mais constitue une modalité d’organisation de l’exécutif. Ce type d’instance constitue une nouvelle catégorie d’AAI.

Par contre, si l’on observe le modèle anglo-saxon de l’autorité administrative, celle-ci se fonde sur le « caractère ouvert » de l’espace administratif. Au Royaume-Uni, les agencies n’ont pas de statut légal, et, en raison du pragmatisme anglo-saxon, s’accommodent très bien d’une absence de définition juridique.

L’autorité de régulation doit disposer d’une légitimité qu’elle retire des garanties statutaires, mais surtout de sa capacité d’expertise et de sa crédibilité. Il lui est par ailleurs nécessaire de créer des mécanismes de régulation transparents et ouverts. Ses missions doivent être clairement définies pour éviter des conflits d’objectifs et doivent être articulés le mieux possible avec les missions de l’Etat et des autorités de la concurrence. En effet, l’autonomie du régulateur, c’est-à-dire sa capacité à influencer le fonctionnement du secteur qu’il a en charge, sa légitimité, peuvent être mesurées à l’aune de trois critères : les mandats des personnes, les moyens humains et les moyans financiers dont il dispose.

A notre sens, la source d’indépendance des autorités de régulation vient du critère de désignation des membres et c’est en réalité le mode de désignation des membres de l’autorité qui appelle plus de commentaires au regard de l’indépendance.

En tout état de cause, les autorités de régulation doivent être composées d’un nombre suffisant de membres pour permettre la contradiction et le débat. La diversité dans les modes de nomination accompagnée d’un caractère partiellement politique est un des points communs dans la composition des autorités de régulation.

En définitive, il apparaît évident, nonobstant l’idée d’indépendance statutaire, que de nombreuses règles limitent en pratique l’autonomie des régulateurs. Ainsi, l’appréciation difficile du degré effectif d’indépendance laissé au régulateur donne à penser que cette notion, telle qu’elle est habituellement utilisée, n’est sans doute pas, à elle seule du moins, un critère pertinent d’eeficacité du régulateur.

L’analyse de l’indépendance ne se limite pas seulement à des garanties organiques. Pouvoir et indépendance sont également liés et l’on sait que l’affirmation de l’indépendance va de pair avec l’extension des pouvoirs. En réalité, c’est l’étude des pouvoirs conférés au régulateur renforcés par la mise en oeuvre de procédures et méthodes transparentes qui permet d’apprécier pleinement l’indépendance réelle du régulateur.

Dr. Isaac I. Sissokho

(Source : LinkedIn, 24 mai 2024)

Fil d'actu

  • Charte de membre Africollector Burkina NTIC (25 février 2026)
  • TIC ET AGRICULTURE AU BURKINA FASO Étude sur les pratiques et les usages Burkina NTIC (9 avril 2025)
  • Sortie de promotion DPP 2025 en Afrique de l’Ouest Burkina NTIC (12 mars 2025)
  • Nos étudiant-es DPP cuvée 2024 tous-tes diplomés-es de la Graduate Intitute de Genève Burkina NTIC (12 mars 2025)
  • Retour sur images Yam Pukri en 2023 Burkina NTIC (7 mai 2024)

Liens intéressants

  • NIC Sénégal
  • ISOC Sénégal
  • Autorité de régulation des télécommunications et des postes (ARTP)
  • Fonds de Développement du Service Universel des Télécommunications (FDSUT)
  • Commission de protection des données personnelles (CDP)
  • Conseil national de régulation de l’audiovisuel (CNRA)
  • Sénégal numérique (SENUM SA)

Navigation par mots clés

  • 4402/5090 Régulation des télécoms
  • 352/5090 Télécentres/Cybercentres
  • 3395/5090 Economie numérique
  • 1742/5090 Politique nationale
  • 4999/5090 Fintech
  • 523/5090 Noms de domaine
  • 2361/5090 Produits et services
  • 1513/5090 Faits divers/Contentieux
  • 745/5090 Nouveau site web
  • 5090/5090 Infrastructures
  • 1812/5090 TIC pour l’éducation
  • 191/5090 Recherche
  • 248/5090 Projet
  • 3428/5090 Cybersécurité/Cybercriminalité
  • 1889/5090 Sonatel/Orange
  • 1613/5090 Licences de télécommunications
  • 280/5090 Sudatel/Expresso
  • 1343/5090 Régulation des médias
  • 1284/5090 Applications
  • 1173/5090 Mouvements sociaux
  • 1684/5090 Données personnelles
  • 129/5090 Big Data/Données ouvertes
  • 601/5090 Mouvement consumériste
  • 363/5090 Médias
  • 655/5090 Appels internationaux entrants
  • 1718/5090 Formation
  • 93/5090 Logiciel libre
  • 2080/5090 Politiques africaines
  • 1054/5090 Fiscalité
  • 168/5090 Art et culture
  • 611/5090 Genre
  • 1739/5090 Point de vue
  • 1014/5090 Commerce électronique
  • 1489/5090 Manifestation
  • 320/5090 Presse en ligne
  • 128/5090 Piratage
  • 209/5090 Téléservices
  • 896/5090 Biométrie/Identité numérique
  • 311/5090 Environnement/Santé
  • 374/5090 Législation/Réglementation
  • 355/5090 Gouvernance
  • 1784/5090 Portrait/Entretien
  • 149/5090 Radio
  • 762/5090 TIC pour la santé
  • 282/5090 Propriété intellectuelle
  • 58/5090 Langues/Localisation
  • 1331/5090 Médias/Réseaux sociaux
  • 2095/5090 Téléphonie
  • 192/5090 Désengagement de l’Etat
  • 1108/5090 Internet
  • 119/5090 Collectivités locales
  • 452/5090 Dédouanement électronique
  • 1145/5090 Usages et comportements
  • 1045/5090 Télévision/Radio numérique terrestre
  • 577/5090 Audiovisuel
  • 3427/5090 Transformation digitale
  • 392/5090 Affaire Global Voice
  • 158/5090 Géomatique/Géolocalisation
  • 326/5090 Service universel
  • 674/5090 Sentel/Tigo
  • 178/5090 Vie politique
  • 1559/5090 Distinction/Nomination
  • 35/5090 Handicapés
  • 734/5090 Enseignement à distance
  • 775/5090 Contenus numériques
  • 588/5090 Gestion de l’ARTP
  • 195/5090 Radios communautaires
  • 1781/5090 Qualité de service
  • 432/5090 Privatisation/Libéralisation
  • 135/5090 SMSI
  • 548/5090 Fracture numérique/Solidarité numérique
  • 2716/5090 Innovation/Entreprenariat
  • 1378/5090 Liberté d’expression/Censure de l’Internet
  • 48/5090 Internet des objets
  • 181/5090 Free Sénégal
  • 780/5090 Intelligence artificielle
  • 200/5090 Editorial
  • 2/5090 Gaming/Jeux vidéos
  • 24/5090 Yas

2026 OSIRIS
Plan du site - Archives (Batik)

Suivez-vous