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Accueil > Articles de presse > Année 2026 > Mai 2026 > Les crypto-actifs, des outils monétaires pleins d’opportunités et de risques (…)

Les crypto-actifs, des outils monétaires pleins d’opportunités et de risques à la fois

dimanche 10 mai 2026

Fintech

Les crypto-actifs, des outils monétaires engendrés par les innovations digitales, ont la réputation de faciliter les transferts d’argent, entre autres avantages, mais aussi d’alimenter la criminalité et la fraude, a expliqué à l’APS le spécialiste de la règlementation bancaire Oumar Diallo.

À l’invitation de la Banque centrale des États de l’Afrique de l’Ouest (BCEAO), M. Diallo a participé à une conférence internationale organisée par cette institution d’émission monétaire, vendredi, à Dakar, sur les innovations digitales et les crypto-actifs.

Ces derniers sont tellement importants qu’ils contribuent à une redéfinition progressive des modalités de paiement, d’épargne, d’investissement et de financement, d’après la BCEAO.

Soucieuse d’aménager ‘’un cadre sécurisé, inclusif et propice à l’innovation’’ en tant qu’institution de régulation aussi, cette banque centrale commune aux huit pays membres de l’UEMOA, dont le Sénégal, a lancé un appel à une ‘’vigilance accrue’’ des usagers des crypto-actifs.

D’après son gouverneur, Jean-Claude Kassi Brou, ces outils monétaires sont propices au blanchiment de capitaux et au financement du terrorisme.

‘’Les crypto-actifs comportent différents types de risques. Malheureusement, ils sont utilisés parfois pour faire de la fraude. C’est l’un des véhicules privilégiés de la criminalité organisée’’, confirme Oumar Diallo.

Il faut rester vigilant

‘’J’ai rappelé ce matin (lors de la conférence de la BCEAO) que le GAFI (une organisation mondiale de lutte contre le blanchiment de capitaux et le financement du terrorisme) a publié en mars dernier un rapport très important, qui démontre que les stablecoins représentent 84 % des crypto-actifs utilisés dans des activités criminelles’’, souligne M. Diallo, fondateur et directeur associé de RegelWerk Strategies, un cabinet de conseil spécialisé dans la stratégie réglementaire et le commerce international, basé à Montréal, au Canada.

Les stablecoins, dont il parle, sont définis par la BCEAO comme des crypto-actifs visant à maintenir une valeur stable, par rapport à un actif donné ou un panier d’actifs.

‘’Ce sont des actifs numériques adossés à des réserves. Ils comportent des inconvénients, mais aussi des opportunités. Il faut réglementer leur utilisation, donc’’, ajoute Oumar Diallo en parlant des crypto-actifs.

‘’L’utilisation des crypto-actifs prend de l’ampleur un peu partout en Afrique, y compris dans la zone UEMOA. Leur utilisation présente des opportunités et des risques’’, a-t-il insisté, concernant les bienfaits et les inconvénients de ces outils monétaires.

Invité par l’APS à expliquer le fonctionnement de ces innovations digitales monétaires et les enjeux de la conférence de la BCEAO, M. Diallo précise que ‘’les crypto-actifs sont des représentations numériques d’une valeur ou d’un droit, qui peuvent être transférées et stockées de manière électronique’’.

‘’Il y a plusieurs catégories de crypto-actifs. Il y en a qui sont plus ou moins risqués, selon l’utilisation qu’on en fait’’, analyse-t-il.

‘’Il faut réglementer’’

Le fondateur et directeur associé de RegelWerk Strategies explique que les crypto-actifs, des outils nouveaux, sont différents de la monnaie électronique, dont l’usage est encadré par les banques centrales.

‘’Les stablecoins utilisés pour les transferts d’argent peuvent constituer des risques. Il faut rester vigilant’’, dit-il à la suite du gouverneur de la BCEAO.

La vigilance des usagers est ‘’extrêmement importante, parce que les crypto-actifs sont des produits et des services financiers qui sortent du cadre de la finance traditionnelle’’, souligne Oumar Diallo.

‘’Il y a, dans la finance, des acteurs qui ne sont pas parfois bienveillants. Il faut toujours s’assurer de la protection des consommateurs et des investisseurs. D’où l’importance du dialogue entre les régulateurs’’, ajoute-t-il.

‘’Les régulateurs veillent toujours à la protection des consommateurs et des investisseurs […] Il faut réglementer’’, poursuit M. Diallo.

Il précise que ‘’les innovations financières ne concernent pas que les crypto-actifs’’, d’autant plus qu’‘’il y a beaucoup d’applications dans le secteur financier, qui relèvent de l’innovation sans forcément avoir des liens avec les crypto-actifs’’.

‘’Promouvoir une innovation responsable’’

‘’Attention ! On peut innover dans le secteur financier, sans utiliser les crypto-actifs, rappelle Oumar Diallo. On peut par exemple innover dans le secteur des assurances en recourant à beaucoup de produits et services financiers. On parle de contrats intelligents, par exemple, dans les assurances.’’

D’après lui, le fait d’avoir par exemple un stablecoin, un crypto-actif dont la valeur est adossée à un actif de référence, une devise comme le dollar américain ou l’euro, facilite les transferts d’argent. ‘’Ces transferts d’argent vous coûteront éventuellement moins cher, si vous utilisez cet outil. Néanmoins, c’est un outil qui présente des risques.’’

L’objectif de la conférence de la BCEAO, à laquelle ont pris part des représentants d’autres banques centrales, est de veiller à ce que les consommateurs de ces produits et services financiers soient protégés, selon Oumar Diallo.

‘’Son objectif est également de développer des cadres réglementaires qui ne freinent pas les innovations. Il s’agit de promouvoir une innovation responsable, dans le secteur financier’’, explique M. Diallo.

‘’Je pense que cette conférence permet aux décideurs et au public de s’informer. La conférence d’aujourd’hui a permis de vulgariser certains concepts, de faire en sorte que les gens comprennent mieux certains concepts. Elle nous a permis de nous approprier les termes’’, assure le spécialiste de la règlementation bancaire, ajoutant : ‘’C’est quelque chose qui a commencé aujourd’hui, qui va se poursuivre éventuellement par d’autres canaux.’’

(Source : APS, 10 mai 2026)

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