OSIRIS

Observatoire sur les systèmes d’information, les réseaux et les inforoutes au Sénégal

Show navigation Hide navigation
  • OSIRIS
    • Objectifs
    • Partenaires
  • Ressources
    • Société de l’Information
    • Politique nationale
    • Législation et réglementation
    • Etudes et recherches
    • Points de vue
  • Articles de presse
  • Chiffres clés
    • Le Sénégal numérique
    • Principaux tarifs
    • Principaux indicateurs
  • Opportunités
    • Projets

Accueil > Articles de presse > Archives 1999-2025 > Année 2011 > Août > « Les banques centrales africaines doivent être à l’écoute des innovations (…)

« Les banques centrales africaines doivent être à l’écoute des innovations technologiques »

mardi 16 août 2011

Fintech

La hantise de voir l’opérateur téléphonique lui ravir son portefeuille clientèle ? Une lenteur réglementaire des banques centrales de l’Afrique de l’Ouest ? Les freins du m-banking en Afrique sont nombreux, ainsi que l’explique dans cet entretien Papa Mbaye Dièye, spécialiste en système de paiement.

Les Afriques : Quel est le potentiel de développement du m-banking en Afrique ?

Papa Mbaye Dièye : L’Afrique est une région propice au développement du paiement par transfert d’argent par mobile. Ce sont 547,5 millions d’africains sur près d’un milliard qui sont aujourd’hui abonnés à un opérateur de téléphonie mobile, soit un taux de pénétration de 42%. L’Afrique dépasse les USA et le Canada. Les prévisions situent ce taux de pénétration à 61% d’ici 2018. La croissance du marché mobile et de l’internet reste encore plus importante en Afrique que celle enregistrée au niveau mondial. 108,6 millions d’utilisateurs ont effectué des paiements via mobile durant l’année 2010 dans le monde, dont 27,1 millions pour l’Europe, l’Afrique et le Moyen-Orient. Le nombre d’abonnements à la téléphonie mobile a dépassé pour la première fois les 5 milliards, le 8 juillet 2010, selon une étude du géant suédois des télécoms Ericsson.

« En principe, indiquent les experts, les transferts d’argent à l’international par mobile atteindront 65 milliards de dollars en 2014. »

En Afrique, le taux de bancarisation moyen est de 28%. Cela donne aux banquiers la possibilité de développer le m-banking pour servir de support au secteur bancaire dans le monde rural. Au regard des fonctionnalités, le mobile peut être à la fois un TPE, un GAB et un terminal bancaire par Internet. L’on peut s’attendre donc à un décollage de l’utilisation de mobiles dans les services financiers : paiement, transfert de l’argent, etc.

LA : Pourquoi un si important gap entre l’Afrique de l’Est et l’Afrique de l’Ouest en matières de moyens de m-banking ?

PMD : L’Afrique de l’Est a bénéficié d’un cas qui marche fort, c’est le système M-Pesa de Safaricom. Ce produit fait l’objet de l’adhésion de tout le Kenya. Il y avait une réglementation encourageante et innovante au Kenya. Ensuite, Safaricom avait une position de leader. A titre d’exemple, le taux de bancarisation en 2007 était de 19%, et le taux de pénétration du mobile de 40%. En termes de résultats, M-Pesa a fait recevoir de l’argent à 52% de la population kenyane. Après 14 mois d’activité, M-Pesa comptait 2,7 millions de clients et 3000 distributeurs. Aujourd’hui, il compte 10 millions de clients pour un montant moyen des transactions aux alentours de 350 euros. C’est pour dire tout simplement que Safaricom a bénéficié de ce système. En Afrique de l’Ouest, le système Orange Money entre BNP Paribas et Orange est un service de transfert de crédits, de paiement de factures et de paiement de biens et services. En tant que tel, ce n’est pas vraiement du m-banking.

LA : Du point de vue réglementaire, y a-t-il une différence marquante entre les deux régions ?

PMD : En Afrique de l’Ouest, les systèmes réglementaires en vigueur avaient certes prévu les paiements par cartes et par chèques, mais ils n’avaient pas intégré les innovations technologiques que nous vivons actuellement. C’est tout récemment que les banques centrales ont mis en place des directives et un système d’agrément pour couvrir les transactions électroniques. C’est la banque qui assure la responsabilité financière de l’opération si elle s’allie avec un opérateur téléphonique. La banque présente un dossier avec tous les aspects du système.

LA : Le retard ouest-africain ne s’explique-t-il pas quelque part par des peurs légitimes de la part des banquiers ?

PMD : Le mobile payment ne va pas venir remplacer la carte ou les espèces, c’est un moyen de paiement alternatif qui va devoir prendre sa place parmi les moyens de paiement classiques. En Afrique de l’Ouest, 90% des transactions quotidiennes se font par cash. Nous sommes dans une région où c’est la banque qui est habiletée à prendre les engagements. Il y a des questions essentielles : est-ce que ce sont les clients de la banque ou de l’opérateur qui seront prospectée dans le m-banking ?

LA : Du point de vue technologique, le m-banking est-il à point en Afrique ?

PMD : A préciser que ce que nous appelons m-banking concerne des services de transfert d’argent domestiques. Concrètement, une personne dépose de l’argent sur un point du réseau pour le compte d’une autre personne. Un SMS parvient au destinataire, qui part le recupérer sur un point du réseau. C’est du cash to cash via mobile. Le client est toujours obligé de se déplacer dans un point du réseau pour transférer de l’argent. Celui qui veut recevoir est aussi obligé de se déplacer sur un point de réseau. La solution end to end veut dire que tout part du mobile, arrive sur le mobile, transite par un compte mobile et est utilisé par le mobile. Ce type de solution n’existe pas encore en Afrique.

LA : Pourquoi le end to end tarde-t-il à se déployer ?

PMD : C’est quelque part une question d’opportunité. Quand on regarde le positionnement des clients qui font recours à ce service, il s’agit en général de gens qui n’ont pas besoin de services bancaires, mais qui ont des urgences à régler. C’est la raison pour laquelle tous les opérateurs Western Union et MoneyGram ont noué des partenariats avec d’autres réseaux. Western Union et M-Pesa, ou MoneyGram et la Poste italienne développent des transferts à l’international. En gros, les deux se mettent ensemble. L’opérateur mobile assure le transfert de l’information et l’argent est transféré par les sociètés partenaires.

LA : Les conditions techniques et réglementaires sont-elles réunies pour le boom du m-banking en Afrique de l’Ouest ?

PMD : Comme je vous l’ai dit plus tôt, les directives réglementaires concernaient la carte, le paiement électronique ou le chèque. Le mobile n’était pas intégré. Les banques centrales ont intérêt à entrer dans la dynamique et à prêter attention aux innovations technologiques. Les dernières directives situent la responsabilité au niveau de la banque. En d’autres termes, les opérateurs téléphoniques ne sont pas habiletés à stocker du cash. Il serait pertinent de modifier les législations pour favoriser la création de services de transferts de fonds pour de petites sommes, pour permettre à des organismes non bancaires d’assurer des fonctions d’agents de la banque afin d’assurer les opérations d’entrée et de sortie de cash, là où la banque traditionnelle n’a pas de réseau (en zone rurale par exemple), mais dans le rayon d’action de la banque mobile.

LA : Il a été beaucoup question de M-Pesa lors de ce salon. Pouvez-vous nous en expliquer le mode de fonctionnement ?

PMD : Le M-Pesa permet aux possesseurs de téléphones mobiles d’envoyer et de conserver de l’argent, leur compte mobile remplaçant un compte bancaire. Le principe est simple. Pour garder de l’argent, il suffit à un utilisateur d’ouvrir un compte M-Pesa et d’utiliser sa nouvelle carte SIM. Pour créditer son compte avec du cash, il lui faut prendre contact avec un agent de liaison M-Pesa, qui prendra les espèces et créditera le compte. Pour transférer de l’argent, il suffit d’envoyer le montant et un code à son contact. Si celui-ci n’a pas de compte, il peut tout de même retirer de l’argent en présentant à l’agent M-Pesa le SMS reçu qui fait preuve du transfert.

« Les transferts d’argent à l’international par mobile se développeront moins vers le mobile to mobile mais plus vers le mobile to cash. »

LA : Comment Western Union et MoneyGram s’adaptent-ils ?

PMD : Actuellement, Western Union, qui dispose de l’un des réseaux les plus denses en Afrique, prélève 19 euros sur chaque 100 euros transférés de Paris à Nouakchott... Le concurrent Moneygram facture 9 euros pour la même prestation. Comment ces deux opérateurs réputés chers et qui bénéficient d’un réseau et d’un savoir-faire reconnu vont-ils s’adapter à la nouvelle donne marquée par le développement inéluctable des services innovants de tranfert d’argent ? Pour les opérateurs, nous allons vers une convergence ou une connexion entre des services internationaux existants tels que Western Union et des services domestiques comme Orange Money. Au Kenya, Western Union s’est allié à M-Pesa pour développer le système de transfert d’argent depuis les 80 000 points de collecte de Western Union dans 45 pays, directement sur le compte mobile des 13,5 millions d’utilisateurs de M-Pesa au Kenya.

« Quand on regarde le positionnement des clients qui font recours à ce service, il s’agit en général de gens qui n’ont pas besoin de services bancaires mais qui ont des urgences à règler. »

C’est une solution intéressante mais qui oblige celui qui envoie l’argent à se rendre dans une agence Western Union. Une solution de mobile à mobile, sans aucun doute, à terme, serait encore plus pertinente. Autre partenariat signé par Western Union, celui conclu avec MTN, qui lui permet de couvrir tous les pays africains où MTN aura déployé son porte-monnaie électronique. C’est un partage des rôles bien clair puisque Western Union se charge de l’envoi et MTN assure la réception. Le service doit démarré cette année en Ouganda, puis sera étendu par séquences à d’autres pays comme l’Afrique du Sud, le Rwanda, le Bénin, la Côte d’Ivoire, le Cameroun... De son côté, Moneygram s’y est mis, signant un partenariat avec la Poste italienne. Les clients de cette dernière institution pourront ainsi effectuer des transferts d’argent mobiles vers des marchés importants dans le monde, notamment en Afrique. Le service mobile de transfert d’argent permet aux clients de la Poste italienne qui possédent une carte SIM Post Mobile liée à leur compte Banco Posta ou à une carte de débit PostePay, de transférer de l’argent via leur téléphone portable.
En principe, indiquent les experts, les transferts d’argent à l’international par mobile atteindront 65 milliards de dollars en 2014, et se développeront moins vers le mobile to mobile, mais plus vers le mobile to cash.

(Source : Les Afriques, 16 août 2011)

Fil d'actu

  • TIC ET AGRICULTURE AU BURKINA FASO Étude sur les pratiques et les usages Burkina NTIC (9 avril 2025)
  • Sortie de promotion DPP 2025 en Afrique de l’Ouest Burkina NTIC (12 mars 2025)
  • Nos étudiant-es DPP cuvée 2024 tous-tes diplomés-es de la Graduate Intitute de Genève Burkina NTIC (12 mars 2025)
  • Retour sur images Yam Pukri en 2023 Burkina NTIC (7 mai 2024)
  • Quelles différences entre un don et un cadeau ? Burkina NTIC (22 avril 2024)

Liens intéressants

  • NIC Sénégal
  • ISOC Sénégal
  • Autorité de régulation des télécommunications et des postes (ARTP)
  • Fonds de Développement du Service Universel des Télécommunications (FDSUT)
  • Commission de protection des données personnelles (CDP)
  • Conseil national de régulation de l’audiovisuel (CNRA)
  • Sénégal numérique (SENUM SA)

Navigation par mots clés

  • 4819/5196 Régulation des télécoms
  • 382/5196 Télécentres/Cybercentres
  • 3615/5196 Economie numérique
  • 1992/5196 Politique nationale
  • 5023/5196 Fintech
  • 549/5196 Noms de domaine
  • 2802/5196 Produits et services
  • 1529/5196 Faits divers/Contentieux
  • 766/5196 Nouveau site web
  • 5196/5196 Infrastructures
  • 1825/5196 TIC pour l’éducation
  • 193/5196 Recherche
  • 251/5196 Projet
  • 4254/5196 Cybersécurité/Cybercriminalité
  • 1949/5196 Sonatel/Orange
  • 1648/5196 Licences de télécommunications
  • 310/5196 Sudatel/Expresso
  • 1042/5196 Régulation des médias
  • 1359/5196 Applications
  • 1102/5196 Mouvements sociaux
  • 1811/5196 Données personnelles
  • 136/5196 Big Data/Données ouvertes
  • 622/5196 Mouvement consumériste
  • 382/5196 Médias
  • 664/5196 Appels internationaux entrants
  • 1820/5196 Formation
  • 95/5196 Logiciel libre
  • 2261/5196 Politiques africaines
  • 1038/5196 Fiscalité
  • 180/5196 Art et culture
  • 594/5196 Genre
  • 1872/5196 Point de vue
  • 1091/5196 Commerce électronique
  • 1527/5196 Manifestation
  • 342/5196 Presse en ligne
  • 134/5196 Piratage
  • 219/5196 Téléservices
  • 1059/5196 Biométrie/Identité numérique
  • 333/5196 Environnement/Santé
  • 359/5196 Législation/Réglementation
  • 451/5196 Gouvernance
  • 2002/5196 Portrait/Entretien
  • 156/5196 Radio
  • 920/5196 TIC pour la santé
  • 307/5196 Propriété intellectuelle
  • 63/5196 Langues/Localisation
  • 1103/5196 Médias/Réseaux sociaux
  • 2005/5196 Téléphonie
  • 215/5196 Désengagement de l’Etat
  • 1062/5196 Internet
  • 125/5196 Collectivités locales
  • 538/5196 Dédouanement électronique
  • 1212/5196 Usages et comportements
  • 1077/5196 Télévision/Radio numérique terrestre
  • 598/5196 Audiovisuel
  • 3232/5196 Transformation digitale
  • 396/5196 Affaire Global Voice
  • 160/5196 Géomatique/Géolocalisation
  • 330/5196 Service universel
  • 687/5196 Sentel/Tigo
  • 205/5196 Vie politique
  • 1685/5196 Distinction/Nomination
  • 38/5196 Handicapés
  • 721/5196 Enseignement à distance
  • 741/5196 Contenus numériques
  • 635/5196 Gestion de l’ARTP
  • 185/5196 Radios communautaires
  • 1838/5196 Qualité de service
  • 471/5196 Privatisation/Libéralisation
  • 147/5196 SMSI
  • 485/5196 Fracture numérique/Solidarité numérique
  • 2820/5196 Innovation/Entreprenariat
  • 1382/5196 Liberté d’expression/Censure de l’Internet
  • 54/5196 Internet des objets
  • 186/5196 Free Sénégal
  • 678/5196 Intelligence artificielle
  • 216/5196 Editorial
  • 27/5196 Yas

2026 OSIRIS
Plan du site - Archives (Batik)

Suivez-vous