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Accueil > Articles de presse > Archives 1999-2025 > Année 2010 > Novembre > Les ambitions de Canal+ en Afrique : Interview de Jean-Noël Tronc, PDG de (…)

Les ambitions de Canal+ en Afrique : Interview de Jean-Noël Tronc, PDG de Canal+ Overseas

mardi 2 novembre 2010

Audiovisuel

En forte progression depuis deux ans sur le marché africain, Canal+ Afrique a mis en place une stratégie ambitieuse pour y asseoir sa position de leader de la télévision payante francophone et gagner de nouveaux marchés. Mais la concurrence, dans le secteur très porteur de la pay TV, est de plus en plus féroce.
Pour Jean-Noël Tronc, PDG de Canal+ Overseas, filiale du groupe Canal+ en charge de l’international et de l’Outre-mer français, l’accroissement du nombre d’abonnés au bouquet proposé aux téléspectateurs africains passe par la démocratisation de l’offre, la simplification des procédures d’abonnement et des programmes africains plus nombreux. Une politique qui n’est pas sans rencontrer quelques obstacles. Entretien.

Afrik.com : Depuis le 1er juillet, vous avez changé de nom. Vous ne vous appelez plus Canal Horizons mais Canal+ Afrique. Peut-on vous définir comme une chaîne africaine ou une chaîne française à destination des Africains ?

Jean-Noël Tronc : Canal + Afrique est le nouveau nom de la société, qui remplace Canal Overseas Africa. Il permet de mieux mettre en avant notre marque Premium, celle qui est la plus connue et appréciée partout, sur le terrain, en Afrique. « Canal Horizons » renvoie au nom de la chaîne de télévision Canal +, dans sa version diffusée en Afrique, qui est quasi identique de la version de Canal + diffusée en France, avec néanmoins plus de sport, de cinéma, de séries et des émissions d’Afrique. N’oubliez pas, en outre, que Canal + Afrique diffuse un bouquet de plus de 75 chaînes de télévision majoritairement en français, dont 16 chaînes nationales africaines, publiques et privées, sur tout le continent. Dans ce bouquet, Canal + est une chaîne parmi d’autres, et son identité est, de plus en plus, panafricaine.

Afrik.com : Comment vous situez-vous sur le marché africain ? Une brève dans la presse (L’Express) citait récemment le chiffre de 400 000 abonnés.

Jean-Noël Tronc : Nous connaissons en effet une forte croissante sur l’ensemble du marché francophone [1]. Mais nous nous développons dans un environnement extrêmement concurrentiel, face à des opérateurs de télévision payante nationaux, du câble, du MMDS (numérique sans fil), ou des nouveaux bouquets de TNT payante (numérique terrestre). Dans beaucoup de marchés, notre part de marché en télévision payante est très minoritaire. Au Cameroun, par exemple, on compte plus d’une centaine de câblo-opérateurs, soit plusieurs centaines de milliers de foyers abonnés, contre une trentaine de milliers de clients pour notre bouquet satellitaire. Au Sénégal, le 1er opérateur MMDS revendique deux fois plus d’abonnés que nous. Nous sommes le seul opérateur satellitaire francophone continental. Le fait que certains de nos concurrents ne respectent pas les règles, en particulier en matière de propriété intellectuelle, en diffusant des programmes sans en avoir payé les droits, crée, en outre, une situation de concurrence déloyale dont nous sommes victimes.

Afrik.com : Il y a d’autres bouquets disponibles sur le continent par satellite. Comment se situe Canal+ Afrique par rapport à Multichoice, par exemple ?

Jean-Noël Tronc : Multichoice émet à destination des foyers d’Afrique anglophone et lusophone. Il n’est donc pas présent sur les mêmes zones géographique et économique que nous. Il n’est pas un concurrent direct, sauf au Cameroun où existe un vrai bilinguisme.

Afrik.com : Pour progresser, quelle stratégie commerciale développez-vous en Afrique ?

Jean-Noël Tronc : La stratégie que nous avons mis en place depuis trois ans tient en trois grands axes. D’abord, la démocratisation de l’offre. Depuis deux ans, les prix de nos abonnements ont baissé. Ils commençaient autour de 20 euros par mois ; nos offres d’accès, lancées fin 2008, sont à 5900 CFA, soit environ 7,5€. De même, le prix d’équipement des décodeurs et des paraboles a baissé d’un tiers. Le deuxième axe est la simplification commerciale. Avant, nos offres supposaient que nos clients s’engagent sur une longue durée, sur douze mois par exemple. Nous avons lancé des offres mensuelles et de plus en plus de clients paient au mois le mois. D’autre part, le prélèvement bancaire et le cash étaient les seuls moyens de paiement. Nous avons mis en place des cartes de recharges pour renouveler son abonnement par simple envoi d’un SMS, sans plus avoir à se déplacer en boutique. Notre modèle se rapproche ainsi de celui mis en place par les opérateurs de téléphonie mobile. Enfin, troisième axe, nous avons fortement développé la proximité de nos programmes. Avec 16 chaînes africaines, et de plus en plus de programmes africains sur la chaîne Canal +, nous avons la volonté de fournir une offre de plus en plus proche de notre public. Les téléspectateurs africains veulent des contenus internationaux, mais aussi africains. Nous leur offrons ainsi la possibilité de recevoir les grandes chaînes nationales partout sur le continent. A ce titre, Canal + Afrique est le premier diffuseur audiovisuel africain par satellite.

Afrik.com : Sur le plan éditorial, comment comptez-vous mieux satisfaire les téléspectateurs africains ?

Jean-Noël Tronc : En Afrique, Canal+ diffuse le meilleur des programmes français et des programmes qui ne sont disponibles que sur Canal+ Afrique. Sur l’évolution éditoriale, nos maîtres mots sont qualité et proximité. Nous diffusons le meilleur du sport. Le football anglais en plus des autres ligues européennes, la Coupe d’Afrique des Nations... Nous développons aussi des programmes africains. Nous sommes coproducteur des principaux films africains et de plus en plus d’émissions. La diffusion, cette année, de la série sud-africaine Jacob’s cross a été un succès considérable.

Afrik.com : Comment contribuez-vous à la production de films et d’émissions africains ?

Jean-Noël Tronc : La production de films sur le continent est limitée. En 2010, nous sommes coproducteur de films très différentes : Nyama au Burkina Faso, Trottoir Dakar

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