OSIRIS

Observatoire sur les systèmes d’information, les réseaux et les inforoutes au Sénégal

Show navigation Hide navigation
  • OSIRIS
    • Objectifs
    • Partenaires
  • Ressources
    • Société de l’Information
    • Politique nationale
    • Législation et réglementation
    • Etudes et recherches
    • Points de vue
  • Articles de presse
  • Chiffres clés
    • Le Sénégal numérique
    • Principaux tarifs
    • Principaux indicateurs
  • Opportunités
    • Projets

Accueil > Articles de presse > Archives 1999-2025 > Année 2025 > Décembre 2025 > Le Sénégal cherche l’équilibre entre taxation et inclusion

Le Sénégal cherche l’équilibre entre taxation et inclusion

lundi 29 décembre 2025

Fiscalité

Alors que le gouvernement sénégalais envisage de nouvelles mesures fiscales visant le secteur du numérique, notamment le mobile money et les jeux en ligne, experts fiscaux et régulateurs s’interrogent sur les meilleures stratégies pour accroître les recettes publiques sans compromettre l’accès des populations vulnérables aux services financiers. Un équilibre délicat à trouver pour un secteur qui compte près de 38 millions de comptes et environ 490 000 acteurs.

Le débat sur la fiscalisation du mobile money cristallise les tensions entre impératifs budgétaires et objectifs d’inclusion financière. Lors de la 4ème édition des « taxe brunch » portant thème : Les innovations fiscales issues du Plan de Redressement Economique et Sociale (PRES) ; analyses croisées et perspectives » réunissant l’administration fiscale et les opérateurs du secteur, les contours d’une réforme fiscale du numérique ont été largement discutés.

L es chiffres sont éloquents : le mobile money au Sénégal totalise aujourd’hui près de 38 millions de comptes actifs, pour un volume annuel de transactions estimé à 15 300 milliards de FCFA. Selon Mountakha Seck, de la Direction générale des impôts et des domaines (DGID), environ 490 000 acteurs — agents et commerçants détenteurs de comptes marchands — interviennent dans cette chaîne de valeur, mais demeurent « quasiment défiscalisés ».

La Direction Générale des Impôts et Domaines (DGID) estime qu’une meilleure intégration fiscale de ces acteurs pourrait élargir la base fiscale de 300 à 400 %, se rapprochant ainsi d’une forme de « fiscalisation universelle ». Le secteur des jeux de hasard en ligne représente également un gisement fiscal important, avec des revenus évalués à près de 300 milliards de FCFA, alors que moins de 100 milliards sont actuellement perçus en taxes.

L’ENJEU CRUCIAL DE L’INCLUSION FINANCIÈRE

Oury Diallo, chef du département fiscalité de Sonatel et expert fiscal, rappelle le rôle social majeur du mobile money : « C’est quatre fois plus efficace que le système bancaire classique pour intégrer les Sénégalais dans l’économie formelle ». Le taux d’inclusion financière via le mobile money atteint ainsi 24 %, contre seulement 6 % pour les banques traditionnelles. Les principaux utilisateurs appartiennent aux couches les plus vulnérables de la population : jeunes, femmes, populations rurales sans accès bancaire et acteurs du secteur informel. « Une vendeuse de légumes qui reçoit 50 000 FCFA par transfert peut épargner, contracter un crédit ou souscrire une assurance », illustre-t-il.

LES DANGERS D’UNE TAXATION MAL CALIBRÉE

S’appuyant sur une étude du FMI publiée en 2025 et portant sur 153 pays, l’expert souligne que l’élasticité de la demande est de -1,21 : une hausse de 10 % des coûts entraîne une baisse de 12,1 % des volumes de transactions. L’exemple du Mali, où une taxe de 1 % sur les retraits a été introduite début 2025, a provoqué une chute significative des volumes, malgré son habillage en « taxe de solidarité ».

Le FMI conclut que la taxation du mobile money est souvent « inefficace et régressive », car elle freine l’inclusion financière. Le principal risque identifié est de rendre le mobile money plus coûteux que l’utilisation du cash, poussant ainsi les usagers à quitter le système formel. « Si j’envoie 1 000 francs et que je dois payer une taxe, je préfère sortir du système », explique Oury Diallo.

SIX PISTES POUR UNE FISCALITÉ PLUS ÉQUILIBRÉE

Pour concilier mobilisation des ressources et inclusion financière, plusieurs recommandations ont émergé à savoir : taxer les opérateurs plutôt que les transactions, afin d’éviter un surcoût direct pour les utilisateurs ; exploiter les données du mobile money pour élargir l’assiette fiscale et intégrer davantage de commerçants à forte activité ; mettre en place une fiscalité incitative pour les marchands, basée sur le chiffre d’affaires plutôt que sur les flux, avec des seuils adaptés aux petites activités ; préserver les petites transactions, en maintenant la gratuité pour les faibles montants afin de protéger les populations vulnérables ; harmoniser la fiscalité entre les différents moyens de paiement, pour éviter les distorsions de concurrence ; évaluer rapidement les mesures mises en œuvre, avec des ajustements si nécessaire.

UNE RÉFORME PROGRESSIVE ET PRUDENTE

Mountakha Seck assure que les mesures envisagées « n’ont pas été arrêtées de manière arbitraire » et s’inspirent d’expériences internationales, tout en tenant compte des réalités locales. La réforme sera mise en œuvre de façon progressive, avec des mesures prioritaires inscrites dans la loi avant un élargissement graduel. L’objectif de rationalisation des dépenses fiscales est fixé à 100 milliards de FCFA dans un premier temps, pour atteindre 300 milliards à terme. Toutefois, les acteurs du secteur appellent à la prudence : une taxation mal conçue pourrait compromettre des années d’efforts en faveur de l’inclusion financière et pousser des millions de Sénégalais à retourner vers l’économie informelle et l’usage du cash.

Jean-Pierre Malou

(Source : Sud Quotidien, 29 décembre 2025)

Fil d'actu

  • Monnaies complémentaires et possibilités en Afrique : description et essai de mise en œuvre dans le domaine de l’agroécologie Burkina NTIC (30 juillet 2026)
  • Charte de membre Africollector Burkina NTIC (25 février 2026)
  • TIC ET AGRICULTURE AU BURKINA FASO Étude sur les pratiques et les usages Burkina NTIC (9 avril 2025)
  • Sortie de promotion DPP 2025 en Afrique de l’Ouest Burkina NTIC (12 mars 2025)
  • Nos étudiant-es DPP cuvée 2024 tous-tes diplomés-es de la Graduate Intitute de Genève Burkina NTIC (12 mars 2025)

Liens intéressants

  • NIC Sénégal
  • ISOC Sénégal
  • Autorité de régulation des télécommunications et des postes (ARTP)
  • Fonds de Développement du Service Universel des Télécommunications (FDSUT)
  • Commission de protection des données personnelles (CDP)
  • Conseil national de régulation de l’audiovisuel (CNRA)
  • Sénégal numérique (SENUM SA)

Navigation par mots clés

  • 9616/11304 Régulation des télécoms
  • 791/11304 Télécentres/Cybercentres
  • 7293/11304 Economie numérique
  • 3866/11304 Politique nationale
  • 10738/11304 Fintech
  • 1192/11304 Noms de domaine
  • 4303/11304 Produits et services
  • 3387/11304 Faits divers/Contentieux
  • 1692/11304 Nouveau site web
  • 11304/11304 Infrastructures
  • 3928/11304 TIC pour l’éducation
  • 444/11304 Recherche
  • 531/11304 Projet
  • 7622/11304 Cybersécurité/Cybercriminalité
  • 4085/11304 Sonatel/Orange
  • 3674/11304 Licences de télécommunications
  • 630/11304 Sudatel/Expresso
  • 2235/11304 Régulation des médias
  • 2831/11304 Applications
  • 2372/11304 Mouvements sociaux
  • 3610/11304 Données personnelles
  • 340/11304 Big Data/Données ouvertes
  • 1314/11304 Mouvement consumériste
  • 820/11304 Médias
  • 1474/11304 Appels internationaux entrants
  • 3566/11304 Formation
  • 217/11304 Logiciel libre
  • 4525/11304 Politiques africaines
  • 2132/11304 Fiscalité
  • 398/11304 Art et culture
  • 1282/11304 Genre
  • 4138/11304 Point de vue
  • 2220/11304 Commerce électronique
  • 3310/11304 Manifestation
  • 713/11304 Presse en ligne
  • 286/11304 Piratage
  • 470/11304 Téléservices
  • 2155/11304 Biométrie/Identité numérique
  • 726/11304 Environnement/Santé
  • 786/11304 Législation/Réglementation
  • 927/11304 Gouvernance
  • 3822/11304 Portrait/Entretien
  • 301/11304 Radio
  • 1693/11304 TIC pour la santé
  • 673/11304 Propriété intellectuelle
  • 134/11304 Langues/Localisation
  • 2358/11304 Médias/Réseaux sociaux
  • 4465/11304 Téléphonie
  • 461/11304 Désengagement de l’Etat
  • 2203/11304 Internet
  • 243/11304 Collectivités locales
  • 877/11304 Dédouanement électronique
  • 2565/11304 Usages et comportements
  • 2268/11304 Télévision/Radio numérique terrestre
  • 1217/11304 Audiovisuel
  • 7054/11304 Transformation digitale
  • 880/11304 Affaire Global Voice
  • 395/11304 Géomatique/Géolocalisation
  • 761/11304 Service universel
  • 1451/11304 Sentel/Tigo
  • 416/11304 Vie politique
  • 3525/11304 Distinction/Nomination
  • 89/11304 Handicapés
  • 1532/11304 Enseignement à distance
  • 1598/11304 Contenus numériques
  • 1321/11304 Gestion de l’ARTP
  • 382/11304 Radios communautaires
  • 3888/11304 Qualité de service
  • 1017/11304 Privatisation/Libéralisation
  • 300/11304 SMSI
  • 1076/11304 Fracture numérique/Solidarité numérique
  • 5914/11304 Innovation/Entreprenariat
  • 2881/11304 Liberté d’expression/Censure de l’Internet
  • 108/11304 Internet des objets
  • 370/11304 Free Sénégal
  • 1623/11304 Intelligence artificielle
  • 428/11304 Editorial
  • 22/11304 Gaming/Jeux vidéos
  • 56/11304 Yas

2026 OSIRIS
Plan du site - Archives (Batik)

Suivez-vous