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Accueil > Ressources > Points de vue > 2008 > Le marché des télécommunications au Sénégal

Le marché des télécommunications au Sénégal

vendredi 8 février 2008

La privatisation est décrite par « le transfert à des actionnaires privés la propriété des participations majoritaires détenues par l’Etat dans le capital d’une entreprise ». Elle est un processus qui permet à l’Etat de confier au secteur privé la fourniture de services assurés auparavant par lui- même.

Le poids des pertes des entreprises publiques sur la situation des finances publiques devient, au Sénégal intolérable. Il s’est traduit d’abord par une dette extérieure sans cesse croissante et bientôt impossible à honorer qui finira par imposer la dévaluation du franc CFA. Le déficit public se manifeste aussi par une dette intérieure qui paralyse la trésorerie des entreprises privées et menace le système bancaire. Daprès le rapport annuel de 1997 de la banque mondiale , la dette extérieure en pourcentage du produit national brute (PNB) était en 1980 de 50,5% et de 82,3% en 1995 . La dette multilatérale en pourcentage de la dette extérieure totale s'élevait en 1980 à 17,8% et à 48,4 % en 1995. La dévaluation du franc CFA intervenue en 1994, les nombreuses politiques d'ajustement structurels édictées depuis Bretton Wood, la gabegie et la mauvaise gestion des entreprises publiques confiées à des politiciens en mal de popularité, la sécheresse persistante ont fini de mettre les finances publiques à genoux .Complétant la gamme, les détournements et les mauvais choix d'investissements ont fini d'assécher les caisses de l'Etat. Après moult rééchelonnement du service de la dette par le club de Paris, l'Etat sénégalais pour renflouer ses caisses, avait choisi de privatiser 23 sociétés nationales. Dans un premier temps la Sonatel ne figurait pas sur cette liste. Mais plusieurs mois après le lancement de l'appel d'offres, les investisseurs ont manifesté leur intention d'entrer dans le capital de ces sociétés qui étaient soit trop exsangues où n'offraient aucune perspective de rentabilité immédiate où à court terme. L'Etat se décida donc à ouvrir le capital de la Sonatel. A peine l'appel d'offres lancé que les investisseurs se bousculaient au ministère de l'économie et des finances maître d'oeuvre de la procédure de privatisation. Parmi ceux - là on distingue : France télécoms par sa filiale France câbles radio , Télia le consortium suédo-américain, les opérateurs nationaux d'Arabie Saoudite, d'Afrique du Sud, de Malaisie, du Maroc etc. Parmi les opérateurs énumérés ci-dessus les suédois détenaient la meilleure offre financière et technique, suivie de France Câbles Radio (FCR). Mais l'offre faite par les Saoudiens fut récusée pour sa faiblesse technique. Ainsi les négociations entre l'Etat et Télia vont buter pendant plusieurs mois sur la durée de concession. En effet, l'Etat voulait une concession sur 20ans, les suédois voulaient se contenter d'une concession sur 7 ans. L'Etat finira par récuser le groupe suédois après plusieurs séances de négociation infructueuse. Pour le gouvernement du Sénégal, une concession sur 7 ans n'encouragerait pas d'investissements lourds de la part du partenaire. L'Etat fit donc appel à FCR second sur la liste qui accepta d' aligner son offre financière sur celle de Télia qui se montait a 70 milliards de francs CFA représentant 33% du capital de la Sonatel . La privatisation de la Sonatel fut consacrée à la surprise générale après le vote de la loi 95 - 25 du 29 /08 /95 par l' Assemblée Nationale du Sénégal. Ainsi, l'entreprise phare du pays allait sans nulle doute ouvrir son capital à un partenaire stratégique pour les raisons invoquées plus haut, alors que dans la pratique en Afrique, cest plutôt les entreprises en difficultés qui étaient systématiquement privatisées. L` Etat sénégalais venait ainsi d’empocher sa meilleure opération de privatisation. Ainsi la géographie du capital de la nouvelle société se présentait comme suit : 34 % à l’ Etat ,33% à France télécoms, les travailleurs détenaient 10% ,5% avait été retenu par un opérateur africain dans le cadre de la politique d’ intégration économique sous régionale, le reste appartenait aux collectivités locales et aux personnes physiques mais 2 ans plus tard, à la veille des élections, l’ Etat allait céder 9% de sa part à France télécoms, qui du coup totalisait 42% et devenait de ce fait l’actionnaire majoritaire .

En plus des accords précédemment cités, les deux parties s’accordèrent également sur la libéralisation du secteur en 2004.

La privatisation de la Sonatel et la libéralisation partielle du secteur1(*) ont permis d’obtenir des résultats considérables qui sont la forte progression du nombre des abonnés du service de téléphonie mobile, une création de 30000 emplois directs à travers les télés centres, cybercafé, et autres distributeurs de cartes téléphoniques.

Malgré ces avancées notables, il reste évident que le secteur souffre encore de lacunes liées en particulier à un monopole faiblement réglementé, une faible concurrence sur le mobile et une insuffisance d’investissements qui font que les attentes en termes d’emplois ne sont pas comblées. Pour qu’il y ait une amélioration du bien être social, il faut que secteur soit doté de fortes politiques de réglementation, de concurrence et des investissements plus lourds car ils sont les moteurs du développement du secteur voire de l’économie nationale.

Ainsi, pour saisir l’exacte mesure de la structure du marché des télécommunications, il importe d’analyser dans une première partie la situation actuelle du marché avant d’étudier le problème de la réglementation dans une deuxième partie.

(Source : Ferloo.com, 8 février 2008)

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