Le Mali lance une plateforme web pour signaler les incidents de cybersécurité
mercredi 4 novembre 2026
Les menaces liées à la cybersécurité s’intensifient à travers le continent. Par exemple, au Mali le Pôle national de lutte contre la cybercriminalité a enregistré 1338 dossiers, dont 1130 plaintes et 208 auto-saisines en 2025.
Le Mali renforce son dispositif national de cybersécurité. Le Centre national de réponse aux incidents informatiques (ML-CERT) s’est doté d’une nouvelle plateforme web destinée à faciliter la diffusion d’informations sur les cybermenaces et le signalement des incidents. Cette initiative s’inscrit dans les efforts de renforcement des capacités nationales de prévention et de réponse aux menaces numériques.
La plateforme a été officiellement lancée à l’occasion de la quatrième édition des Journées nationales de la cybersécurité (JNC 2026), organisées du 26 au 30 octobre à Bamako, sous le thème « L’intelligence artificielle et le cyberespace : nouveaux défis pour la cybersécurité ». Organisée par l’Autorité malienne de régulation des télécommunications, des technologies de l’information et de la communication et des postes (AMRTP), la rencontre a réuni des représentants des institutions publiques, des professionnels du secteur, des chercheurs et des étudiants.
Le Mali multiplie les mesures pour renforcer ses capacités de cybersécurité
Le lancement de cette plateforme intervient dans un contexte de renforcement du dispositif national de cybersécurité. En février 2026, les autorités ont adopté, par décret, la Stratégie nationale de cybersécurité et son plan d’action 2026-2030. Ce document s’articule autour de trois axes : l’amélioration de la gouvernance de la cybersécurité, le renforcement de sa culture au sein de la population et la protection contre les risques numériques.
Dans le prolongement de cette stratégie, le Conseil des ministres a adopté, le 10 juin, les textes relatifs à la création, à l’organisation et au fonctionnement de l’Agence nationale de la sécurité des systèmes d’information (ANSSI). Cette structure doit coordonner la réponse aux cyberattaques et assurer la protection des infrastructures et services critiques.
D’autres efforts portent sur le développement des compétences techniques nationales. En mai 2025, l’AMRTP et l’Union internationale des télécommunications (UIT) ont organisé un atelier consacré au renforcement des capacités de l’équipe du ML-CERT et à l’évaluation de son niveau de maturité. Les travaux visaient à identifier les besoins du centre pour améliorer ses capacités de prévention, de détection et de réponse aux incidents informatiques.
Renforcer la sensibilisation des utilisateurs face aux cybermenaces
Il convient toutefois de rappeler que la mise en place de dispositifs techniques ne suffit pas à garantir la sécurité des systèmes d’information. Les comportements des utilisateurs constituent aussi un facteur de vulnérabilité, surtout face aux techniques d’ingénierie sociale. Les cybercriminels exploitent la confiance, le manque de vigilance ou la méconnaissance des risques pour inciter leurs victimes à communiquer des informations confidentielles, à ouvrir des liens frauduleux ou à effectuer des transactions.
Dans son rapport 2025 sur les cybermenaces en Afrique, INTERPOL relève que les campagnes d’hameçonnage deviennent plus ciblées et sophistiquées. Les fraudeurs usurpent généralement l’identité d’administrations et d’entreprises reconnues, exploitent les réseaux sociaux et recourent à des offres d’emploi fictives pour tromper leurs victimes. L’organisation recommande ainsi de renforcer les campagnes de sensibilisation, d’intégrer l’éducation à la cybersécurité dans les programmes scolaires et professionnels et de faciliter le signalement des activités suspectes.
Cette dimension humaine est également soulignée par Anna Collard, vice-présidente chargée de la stratégie de contenu et évangéliste chez KnowBe4 Africa. Dans une analyse publiée en janvier 2025 via ITWeb Africa, l’experte explique que l’ingénierie sociale demeure une menace majeure parce qu’elle exploite les faiblesses psychologiques et comportementales des individus. Elle estime que les organisations doivent aller au-delà des protections techniques et investir dans la formation des utilisateurs pour leur apprendre à reconnaître les tentatives de manipulation. ]
Isaac K. Kassouwi
(Source : WeAreTechAfrica, 4 novembre 2026)
OSIRIS