Le Kenya se tourne vers l’Union européenne pour renforcer sa cybersécurité
mardi 27 janvier 2026
Les menaces cybernétiques s’intensifient en Afrique à mesure que la transformation numérique s’accélère. Selon l’Union internationale des télécommunications (UIT), les activités cybercriminelles ont entraîné des pertes financières estimées à plus de 3 milliards USD sur le continent entre 2019 et 2025.
Les autorités kényanes ont lancé, le lundi 26 janvier, le projet Kenya Cyber Resilience (KCR), destiné à renforcer la sécurité, la résilience et la fiabilité d’un écosystème numérique national en pleine expansion. D’un coût total de 454 millions de shillings kényans (≈3,5 millions USD), l’initiative est financée par l’Union européenne.
Selon un communiqué de la délégation de l’UE au Kenya, le projet repose sur trois piliers complémentaires : le renforcement des cadres juridiques, réglementaires et institutionnels en matière de cybersécurité ; l’amélioration des capacités opérationnelles, tant au niveau national que sectoriel, pour la prévention et la réponse aux incidents cybernétiques ; et la promotion de la sensibilisation, de l’inclusion et de la confiance numériques, avec une attention particulière accordée aux femmes, aux jeunes et aux usagers des services publics.
Les autorités kényanes soulignent que l’ampleur et la rapidité de la transformation numérique du pays ont accru son exposition à des cybermenaces de plus en plus sophistiquées, faisant de la cyber‑résilience une priorité nationale. D’après les données de la Communications Authority (CA), 12,5 milliards de cybermenaces ont été détectées en 2025, soit une hausse de 247 % par rapport à 2024.
Le projet KCR devrait ainsi compléter le dispositif réglementaire existant, qui comprend notamment la Stratégie nationale de cybersécurité, le Plan directeur du numérique, la loi sur la protection des données personnelles, ainsi que la loi sur l’utilisation abusive des ordinateurs et la cybercriminalité. Le Kenya prévoit également la création d’une Agence nationale de cybersécurité, parmi d’autres initiatives structurantes.
Alors que le gouvernement a fait du numérique un levier central du développement socio‑économique, l’UIT rappelle que les pays ne peuvent tirer pleinement parti des technologies de l’information et de la communication sans accorder une attention particulière à la cybersécurité. Dans son Indice mondial de cybersécurité 2024, l’organisation a classé le Kenya 21ᵉ au niveau mondial et 3ᵉ en Afrique, avec des scores maximaux en matière de coopération, de développement des capacités et de mesures organisationnelles. Des efforts restent toutefois nécessaires pour renforcer le cadre réglementaire et les mesures techniques.
Isaac K. Kassouwi
(Source : Agence Ecofin, 27 janvier 2026)
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