Le Kenya prépare une stratégie d’exportation des services numériques
vendredi 24 juillet 2026
Le Kenya s’est imposé ces dernières années comme un pôle majeur de l’innovation numérique en Afrique, porté par ses start-up et ses infrastructures technologiques. Le pays veut désormais franchir un cap en structurant l’exportation de ses services numériques vers les marchés internationaux.
Le gouvernement kényan prépare une stratégie nationale d’exportation des services numériques avec le soutien de la Banque mondiale dans le cadre du « Kenya Digital Economy Acceleration Project » (KDEAP).
Selon un communiqué du département d’État au Commerce et aux TIC, publié le 23 juillet 2026, cette feuille de route vise à développer les exportations dans des secteurs à fort potentiel, tels que le développement de logiciels, la fintech, l’externalisation des processus métier (BPO), les industries créatives numériques et d’autres services numériques. L’objectif est de créer des emplois qualifiés, d’élargir les débouchés à l’international et d’accroître les recettes en devises du pays.
Parmi les principales mesures envisagées figurent la création d’une marque « Digital Kenya » et d’une plateforme nationale de commerce électronique afin d’améliorer la visibilité internationale des produits et services numériques kényans.
Une fois adoptée, la stratégie servira de cadre de coordination entre les pouvoirs publics, le secteur privé et les partenaires au développement pour accélérer la croissance des exportations de services numériques et faire du Kenya un pôle régional et mondial du commerce numérique.
Lors d’un atelier de consultation organisé à Nairobi, le directeur des TIC, Timothy Were (photo), a indiqué que cette stratégie s’appuiera sur « le solide écosystème numérique du Kenya pour stimuler les exportations, renforcer la compétitivité des entreprises locales et créer de nouvelles opportunités pour les innovateurs et les jeunes ».
Une stratégie pour renforcer le positionnement du Kenya dans le numérique
Cette ambition s’inscrit dans la dynamique de transformation numérique engagée par Nairobi depuis plusieurs années. Surnommé la « Silicon Savannah », le Kenya figure parmi les écosystèmes technologiques les plus avancés d’Afrique, porté par un secteur des start-up en pleine expansion et une attractivité croissante auprès des investisseurs.
Selon les données de Partech Africa, les jeunes entreprises technologiques kényanes ont levé près de 1 milliard de dollars en 2025, plaçant le pays parmi les principales destinations africaines pour les investissements technologiques.
Parallèlement, le pays multiplie les initiatives pour s’intégrer à l’économie numérique mondiale, notamment à travers des discussions entamées avec le Royaume-Uni en vue d’un accord de commerce numérique (Digital Trade Agreement), destiné à faciliter les échanges transfrontaliers et à encourager les investissements technologiques.
La stratégie intervient également dans un contexte où le Kenya cherche à renforcer la compétitivité de l’ensemble de son secteur technologique sur les marchés internationaux. Si elle cible les exportations de services numériques, certains indicateurs des exportations technologiques demeurent orientés à la baisse. Selon les données du Bureau national kényan des statistiques (KNBS), la valeur des exportations d’équipements TIC est passée de 438,3 millions de shillings kényans (3,3 millions $) en avril 2026 à 359 millions de shillings en mai 2026.
Charlène N’dimon
(Source : Agence Ecofin, 24 juillet 2026)
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