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Accueil > Articles de presse > Archives 1999-2025 > Année 2020 > Avril 2020 > Le Cusems authentique refuse le dispositif numérique

Le Cusems authentique refuse le dispositif numérique

samedi 18 avril 2020

TIC pour l’éducation

Dans le dispositif de cours à distance, il est prévu des photocopies de supports de cours et d’exercices dans les zones sans accès à l’électricité. Une mesure qui, selon le Cusems/Authentique, est loin d’être productive. ‘’Il convient de noter que les zones concernées polarisent généralement des élèves de l’élémentaire et du moyen secondaire (de la 6e à la 3e) qui ont ainsi plus besoin d’interactions, d’explications et d’encadrement qu’ils ne pourront pas malheureusement avoir pour assimiler correctement les connaissances’’, fait remarquer son secrétaire général. Selon Dame Mbodj, l’alternative du ministère de l’Education nationale connait des limites que ne devraient accepter aucun parent d’élève. ‘’Nous voulons dire au peuple sénégalais que personne ne doit se réjouir de la validation d’une année scolaire dont les enseignements-apprentissages ne se sont pas déroulés correctement, car les conséquences seront incommensurables dans notre marche déjà difficile vers le développement économique et social’’, soutient-il.

Concernant les autres propositions liées à la diffusion de cours à la télé ou via Internet, le syndicat craint une entorse à la loi n°91-22 du 16 février 1991, portant orientation de l’éducation nationale qui stipule dans son article 5 que ‘’l’éducation nationale est démocratique. Elle donne à tous des chances égales de réussite’’. De même, la Constitution garantit ‘’l’égal accès de tous les citoyens aux services publics’’.

Ainsi, sachant que le taux d’électrification des zones rurales est d’environ 43 %, le Cusems/Authentique déplore le fait que plus de la moitié des élèves du monde rural seront laissés en rade, en violation flagrante des textes de lois réglementant le sous-secteur.

‘’En outre, même ceux qui ont accès à l’électricité n’ont pas tous des postes téléviseurs, ordinateurs, tablettes ou smartphones. Et pour ce qui est des cours à travers les ressources numériques, il se posera toujours des problèmes de connexion et de connectivité, car non seulement l’Internet coûte cher dans notre pays et la pauvreté est galopante, mais le réseau est souvent défaillant’’, ajoute son secrétaire général. Qui appelle d’ailleurs à un rejet populaire de ce dispositif. ‘’La proposition de récupération de l’année faite par le ministre de l’Education nationale ne repose sur aucun fondement légal, scientifique ou pédagogique. Elle exclut d’office les élèves issus de milieux défavorisés. En d’autres termes, ce n’est qu’un condensé de mesures populistes et démagogiques destinées à asséner un ultime coup de grâce à un système d’enseignement déjà au bord du gouffre. A la vérité, cette proposition de la tutelle exclut l’écrasante majorité des enfants de ce pays, n’offre aucune possibilité d’évaluation formative ou de validation des acquis et ne permet, en aucune manière, de mesurer le niveau d’atteinte des objectifs fixés’’, tranche Dame Mbodj.

Une année scolaire repartie en deux temps

Par contre, l’organisation syndicale propose une batterie de mesures qui, selon son analyse, seraient plus adéquates. Pour les élèves en classe d’examen, elle propose une reprise, dès ce 21 avril. Et ce, quelle que soit l’évolution de la Covid-19. ‘’En sus de la mise en place d’un dispositif pour le respect des mesures d’hygiène et des gestes barrières (distribution de masques à tous les acteurs et disponibilité de systèmes de lavage des mains à l’entrée des établissements), les classes d’examen sont éclatées, selon la taille, en raison de 20 élèves au maximum, dans le but d’avoir des effectifs réduits. Le taux d’encadrement sera ainsi très élevé et l’on pourra progresser plus rapidement et faire les rattrapages nécessaires. Il sera procédé à une nouvelle disposition des tables-bancs respectant le principe d’un élève par table et la distance sociale conseillée par les personnels de santé’’, lit-on dans son communiqué.

Toujours dans cette logique, les responsables d’établissement devront veiller à ce qu’il n’y ait aucun regroupement d’élèves dans les cours d’écoles et les évaluations du second semestre seront faites au courant du mois de juillet 2020. Les examens du CFEE et de l’entrée en 6e auront lieu en fin juin et ceux du BFEM et du Baccalauréat en début août. Quant aux élèves des classes préparatoires, ils devront attendre la fin de la pandémie au Sénégal.

Si toutefois le coronavirus n’est pas maitrisé jusqu’en fin d’année, la reprise de leurs cours peut, selon le Cusems/Authentique, être programmée pour début septembre. Des cours de rattrapage seront organisés pour eux, suivis des compositions du second semestre vers la fin du mois de novembre, pour valider leur année.

L’organisation propose, en outre : ‘’Des mesures d’accompagnement sous forme d’indemnités spéciales allouées aux enseignants qui vont écourter leurs vacances et aux autres personnels seront prises à partir du fond Force Covid-19 mis en place à cet effet. En rapport avec les autorités locales, des mesures exceptionnelles seront prises dans les zones où existent encore des abris provisoires, pour mettre les élèves, les enseignants et le personnel administratif à l’abri des précipitations et des intempéries liées à l’hivernage’’.

E. M. Faye

(Source : Enquête, 18 avril 2020)

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