Le Burundi mobilise l’Onatel pour connecter 370 000 personnes en zone rurale au haut débit
jeudi 30 avril 2026
Avec une connectivité encore inégale entre villes et zones rurales, le Burundi fait face à un défi majeur d’inclusion numérique. Le développement des infrastructures télécoms apparaît comme une condition clé pour améliorer l’accès aux services publics et aux opportunités économiques.
Le gouvernement burundais a engagé un nouveau chantier pour étendre l’accès à Internet haut débit en milieu rural. Un contrat a été signé le mercredi 29 avril entre l’opérateur public Onatel et le PAFEN Burundi, sous la coordination du ministère des Finances, du Budget et de l’Économie numérique, pour déployer la 4G dans des zones encore mal desservies.
D’un montant de 5,9 millions de dollars, avec l’appui de la Banque mondiale, le projet prévoit de connecter 92 collines, soit plus de 370 000 personnes, dans un délai de 18 mois. L’initiative vise à réduire la fracture numérique persistante entre les centres urbains et les zones rurales.
Ce projet intervient dans un contexte d’accélération des investissements dans les infrastructures numériques. Le 2 mars 2026, l’opérateur Lumitel Burundi a signé un contrat de 10 millions de dollars avec les autorités burundaises, toujours dans le cadre du PAFEN, pour étendre la couverture 4G en milieu rural. Ces initiatives s’inscrivent dans un programme plus large visant à connecter à terme 178 collines, soit près de 786 000 habitants.
Malgré cette dynamique, le Burundi accuse encore un retard important en matière de connectivité. Selon l’Union internationale des télécommunications (UIT), près de 90 % de la population n’avait pas accès à Internet en 2023. Les données nationales les plus récentes indiquent une amélioration, avec un taux de pénétration estimé à 26 % en 2024, principalement via le mobile.
Les disparités restent toutefois marquées. La couverture 3G atteint environ 50,6 % de la population, tandis que la 4G demeure limitée à 32,18 %. À l’inverse, la 2G reste largement dominante, notamment dans les zones rurales, où certaines localités ne disposent d’aucune connectivité stable. En 2023, près de 67,8 % de la population n’était pas couverte par la 4G, contre 46,8 % pour la 3G.
Pour y remédier, les autorités misent sur un modèle d’infrastructure publique numérique fondé sur l’accès ouvert et le roaming national, permettant à tous les opérateurs d’exploiter les réseaux déployés. Le projet prévoit également l’utilisation d’énergies renouvelables, notamment le solaire, afin de pallier le faible taux d’électrification en milieu rural.
Au‑delà des infrastructures, les défis restent nombreux. Le coût élevé des terminaux compatibles, l’accessibilité des forfaits Internet et le faible niveau de compétences numériques constituent encore des freins à l’adoption. Les autorités estiment néanmoins que l’extension du haut débit constitue un préalable essentiel au développement de services numériques tels que l’e‑gouvernement, la santé numérique, l’éducation en ligne ou encore les paiements électroniques.
Samira Njoya
(Source : Agence Ecofin, 30 avril 2026)
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