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Le Burkina Faso lance une campagne nationale de sensibilisation et de formation sur l’IA

mercredi 29 octobre 2025

Intelligence artificielle

En août 2025, le pays a révélé une feuille de route en douze chantiers pour accélérer la transformation numérique nationale d’ici 2030. L’IA figure parmi ces chantiers, aux côtés de l’amélioration de la connectivité, de la digitalisation des services et d’autres initiatives stratégiques.

Le Burkina Faso a lancé une campagne nationale d’information, de sensibilisation et de formation sur les enjeux et opportunités liés à l’intelligence artificielle (IA). Le coup d’envoi a été donné à Ouagadougou le mardi 28 octobre, avec une conférence inaugurale portant sur la contribution pratique de l’IA au développement du pays.

Les échanges ont notamment porté sur la souveraineté numérique, considérée comme un enjeu majeur pour permettre au Burkina Faso de maîtriser ses propres outils technologiques et de réduire sa dépendance extérieure. Les intervenants ont également insisté sur la nécessité d’une intégration responsable de l’IA au sein de l’administration publique, soutenue par un cadre éthique, juridique et sécuritaire solide. Ils ont appelé à une meilleure coordination institutionnelle afin d’éviter la prolifération d’initiatives dispersées, ainsi qu’au renforcement de la culture numérique pour doter les citoyens et agents publics des compétences requises.

«  La souveraineté, ce n’est plus seulement défendre nos frontières physiques. C’est aussi garantir notre capacité à décider, à innover et à nous protéger dans l’espace numérique. C’est la capacité de conserver la maîtrise de notre destin technologique  », a déclaré Aminata Zerbo/Sabane, ministre de la Transition digitale, des Postes et des Communications électroniques.

Selon la ministre, l’ambition du Burkina Faso est d’intégrer l’IA dans tous les secteurs d’activité, en tenant compte des réalités nationales, en s’appuyant sur l’expertise locale et en mettant l’innovation au service du développement socio-économique et du bien-être des populations. La généralisation de l’adoption et de l’usage de l’IA fait d’ailleurs partie des principaux chantiers de transformation numérique des autorités.

Un potentiel reconnu, mais avec des risques considérables

Les Nations unies reconnaissent l’IA comme un catalyseur pour les services publics, capable d’accroître la productivité et l’efficacité. Dans son «  E-Government Survey 2024  », le Département des affaires économiques et sociales (DAES) souligne que les technologies d’IA peuvent améliorer le fonctionnement du secteur public en automatisant certaines tâches administratives, en renforçant l’efficacité et en éliminant retards et redondances. Il explique que l’IA peut être utilisée à de multiples fins, notamment pour détecter des défauts, classer des données ou formuler des recommandations.

Cependant, le DAES rappelle que les risques potentiels liés à l’adoption de l’IA sont tout aussi considérables que ses avantages. Il souligne que les implications éthiques, sécuritaires et sociales de cette technologie doivent être abordées avec une grande prudence. Il cite les biais de données comme l’un des principaux enjeux éthiques liés à l’adoption de l’IA : «  Les algorithmes d’IA reposent intrinsèquement sur les données, c’est-à-dire qu’ils dépendent fortement des ensembles de données accumulées pour produire leurs résultats. Par conséquent, tout biais présent dans ces données peut entraîner une mauvaise représentation ou une sous-représentation de certains groupes. Ce problème devient particulièrement préoccupant lorsque les gouvernements utilisent l’IA pour élaborer des politiques publiques destinées à bénéficier à l’ensemble de la population, y compris aux groupes marginalisés  ».

Isaac K. Kassouwi

(Source : WeAreTechAfrica, 29 octobre 2025)

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