Latif sort des emails confidentiels de Sy et de Kéba Kende
mardi 14 septembre 2010
Le tribunal de Dakar a refusé du monde ce matin. Le journaliste Abdou Latif Coulibaly est en procès contre le Conseiller Spécial du Président de la République Thierno Ousmane Sy. Devant le Juge, le journaliste a fait une exposition en diapo sur les éléments qu’il détient sur cette affaire. Abdou Latif Coulibaly a affiché des messages échangés entre le Conseiller du Président et Kéba Kende qui a été dans les négociations.
Lors de son exposé, Latif a montré un message dans lequel, Kéba Kende dit à Thierno Ousmane Sy : « Bravo nous venons de réaliser, veuillez me donner ma note d’honoraire ». L’avocat du Conseiller du président a demandé au journaliste de donner des preuves de l’existence de virements de commission dans une banque ou des traces de virements bancaires. Selon le journaliste, l’argent est passé par plusieurs banques sans les citer. Dans ses déclarations, Latif est passé de 20 milliards de Commission à 5 milliards. Les deux reporters cités comme complice de Latif Coulibaly n’ont pas pu fournir des preuves de leurs écrits. Les leaders de Benno dont Moustapha Niasse, Abdulaye Bathily, Macky Sall sont dans la salle. Le procès se poursuit.
(Source : Bitimrew, 1’ septembre 2010)
Les médias français en parlent
AFP- Le procès d’un célèbre journaliste sénégalais, Abdou Latif Coulibaly, poursuivi en diffamation par un conseiller du président Abdoulaye Wade, s’est ouvert mardi devant le tribunal de Dakar.
Le journaliste avait accusé Thierno Ousmane Sy, conseiller du chef de l’Etat pour les Technologies de l’information et de la communication (TIC), d’avoir bénéficié de commissions pour la vente d’une licence de téléphonie à un groupe soudanais.
Sur le banc des accusés en tant que directeur de publication de La Gazette, Abdou Latif Coulibaly est par ailleurs l’auteur de plusieurs livres d’enquêtes très critiques envers la gestion d’Abdoulaye Wade et de son fils Karim, ministre d’Etat.
Il est jugé en même temps que deux autres reporters de son hebdomadaire, Aliou Niane et Alioune Badara Coulibaly.
Tous trois sont défendus par une équipe de cinq avocats dont le Français William Bourdon, figure du barreau de Paris, fondateur de l’association Sherpa qui défend les victimes de crimes commis par des opérateurs économiques.
La Gazette avait affirmé que des « experts américains », des « lobbyistes arabes » et des « Sénégalais très haut placés » s’étaient partagé 40 millions de dollars dans le cadre de l’attribution d’une licence de téléphonie à Sudatel en 2007.
Puis l’hebdomadaire avait soutenu que Thierno Ousmane Sy, fils du nouveau ministre de la Justice, Cheikh Tidiane Sy, nommé en juin, était parmi les Sénégalais ayant été « identifiés pour leur rôle central dans le paiement des commissions retrouvées à Dubaï ».
La salle était comble pour cette audience spéciale à laquelle assistaient l’ancien chef de la diplomatie sénégalaise, Cheikh Tidiane Gadio, devenu opposant au régime de Wade, et les hommes politiques d’opposition Moustapha Niasse et Abdoulaye Bathily.
Avant le procès, l’avocat du plaignant, Me El Hadji Diouf, avait déclaré à l’AFP : « Thierno Ousmane Sy a eu à suivre le dossier de vente de la troisième licence de téléphonie à Sudatel, à 200 millions de dollars. Il n’a jamais pris de commission dans cette vente. Aucune preuve ne peut être brandie contre lui ».
« Ces accusations sont du vent. Non seulement M. Coulibaly est incapable de dire le montant des commissions mais il ne peut pas donner le numéro de compte ayant abrité cet argent ni le jour ni l’endroit du versement », a invoqué l’avocat affirmant : « C’est vrai que c’est un grand journaliste d’investigation, brillant, très courageux, mais cette fois, il s’est fourvoyé ».
Pour la défense de M. Coulibaly, Me Bourdon entend au contraire faire valoir que ses « articles irréprochables » sont « un modèle d’enquête qu’on devrait montrer dans toutes les écoles de journalisme ». « Ce qu’il a écrit a été pesé, à l’aune de preuves qu’il avait en sa possession », a assuré Me Bourdon, confiant dans la relaxe.