La RDC confie au Belge Spacebel la réalisation de son satellite d’observation terrestre
vendredi 19 juin 2026
Face aux enjeux liés à la gestion des ressources naturelles, à la surveillance environnementale et à la planification territoriale, les technologies spatiales s’imposent progressivement comme un outil stratégique pour les États africains. Plusieurs pays développent désormais des capacités nationales d’observation satellitaire.
La République démocratique du Congo (RDC) se rapproche de son entrée dans l’ère spatiale. Le gouvernement a signé le mardi 16 juin avec l’entreprise belge Spacebel un accord portant sur la fourniture, la mise en service, l’entretien et la maintenance d’un satellite d’observation de la Terre baptisé « RDC-SAT ». L’engin sera exploité par le Centre national de télédétection (CNT) et devrait être mis en orbite dans un délai de quatre à cinq ans.
« Après plusieurs années de négociations, le dossier SPACEBEL a été sélectionné sur base de son offre technique très solide et l’excellente réputation de la société. Ce succès de vente à l’exportation confirme les compétences transversales de SPACEBEL couvrant tous les échelons de l’industrie spatiale. En même temps, il constitue la consécration de notre savoir-faire en tant qu’acteur-clé du spatial institutionnel et commercial », a déclaré Thierry du Pré-Werson, président du conseil d’administration de Spacebel.
D’un poids de 250 kilogrammes, RDC-SAT sera doté d’un instrument d’optique hyperspectrale destiné à fournir des images détaillées du territoire congolais. Selon Spacebel, le satellite permettra à la RDC de surveiller son territoire, ses frontières et son environnement, tout en améliorant la gestion de ses ressources naturelles. Les données recueillies devraient notamment soutenir les activités dans les secteurs de l’agriculture, des mines et de la foresterie, mais aussi contribuer à la recherche scientifique, à la cartographie du pays, au suivi du changement climatique et à la gestion des catastrophes naturelles. Le projet prévoit également la formation d’ingénieurs congolais chargés de l’exploitation du satellite et du traitement des données au sol.
Cette initiative marque une étape importante pour la RDC, qui nourrit depuis plus d’une décennie l’ambition de se doter de capacités spatiales nationales. Plusieurs projets de satellites avaient déjà été évoqués par le passé sans déboucher sur une réalisation concrète. Si le calendrier annoncé est respecté, RDC-SAT deviendra le premier satellite opérationnel de l’histoire du pays. La RDC rejoindrait ainsi un groupe encore limité de nations africaines disposant de leurs propres capacités d’observation de la Terre, aux côtés notamment de l’Afrique du Sud, de l’Égypte, du Maroc, de l’Algérie, du Nigeria, du Ghana ou encore du Kenya.
Pour la RDC, deuxième plus vaste pays d’Afrique avec une superficie de 2,34 millions de km² et abritant une part importante du bassin du Congo, l’accès à des données satellitaires produites localement pourrait renforcer les capacités de suivi du territoire et d’aide à la décision. Au-delà des applications scientifiques, les autorités espèrent également que le projet favorisera le développement de compétences locales dans le domaine spatial et contribuera à attirer davantage d’investissements dans les secteurs technologiques.
Samira Njoya
(Source : Agence Ecofin, 19 juin 2026)
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