OSIRIS

Observatoire sur les systèmes d’information, les réseaux et les inforoutes au Sénégal

Show navigation Hide navigation
  • OSIRIS
    • Objectifs
    • Partenaires
  • Ressources
    • Société de l’Information
    • Politique nationale
    • Législation et réglementation
    • Etudes et recherches
    • Points de vue
  • Articles de presse
  • Chiffres clés
    • Le Sénégal numérique
    • Principaux tarifs
    • Principaux indicateurs
  • Opportunités
    • Projets

Accueil > Articles de presse > Archives 1999-2025 > Année 2004 > Juillet > La propriété littéraire et les nouvelles technologies : Comment les droits (…)

La propriété littéraire et les nouvelles technologies : Comment les droits d’auteur se sont adaptés au numérique

vendredi 9 juillet 2004

Propriété intellectuelle

Les droits d’auteur étaient, mardi 29 juin 2004, le thème d’une conférence au Centre culturel français. Organisée par l’Agence universitaire de la Francophonie dans le cadre d’une série de quatre conférences sur la société de l’information, elle avait pour point focal « la propriété littéraire et artistique et l’internet : droits applicables, mesure techniques, lutte contre la contrefaçon » et pour intervenants M. Philippe Chantepie, expert du ministère français de la Culture, et Mme Abibatou Diabé Siby, directrice du Bureau sénégalais du droit d’auteur, avec comme modérateur M. Babacar Diop Buuba, maître de conférences à l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar et président du CONGAD (Conseil des organisation non gouvernementales d’appui au développement).

Avec l’avènement des Nouvelles technologies, on a assisté, au cours de ces dernières années, à un profond bouleversement des problèmes liés aux droits d’auteur et au copyright. L’émergence du numérique, a induit « une forte tendance à détruire le monde de la propriété littéraire et artistique », a estimé M. Philippe Chantepie, et finalement l’a obligé à s’adapter à une nouvelle situation. Cette adaptation, en train de se faire sous nos yeux, est probablement loin d’être terminée.

C’est pratiquement par nécessité économique, estime M. Chantepie, que le législateur a donné aux auteurs, aux éditeurs et aux producteurs un monopole juridique sur les droits de propriété littéraire. Cette nécessité découle, à son avis, du fait que « lorsque l’on veut financer des biens informationnels accessibles à un grand nombre d’individus, on a mécaniquement un problème de financement de ces biens, puisqu’on ne peut pas s’assurer de la distribution dans des conditions précises et on n’est jamais capable d’être sûr qu’on pourra financer les investissements ». Afin de protéger les créateurs, le législateur leur a concédé un monopole sur les droits de leurs œuvres et, ce, pour une certaine durée.

L’arrivée du numérique a totalement bouleversé ce schéma, a déclaré M. Chantepie. Désormais, grâce aux Nouvelles technologies, tout le monde peut accéder aux œuvres dans des conditions extrêmement simples. Là où, auparavant, la reproduction mécanique des œuvres compliquait bien des choses, le numérique, avec ses techniques à coût marginal, facilite la reproduction des œuvres. D’où le constat de l’expert français que « le numérique met en cause le principe même de rémunération des droits de propriété littéraire, le copyright, mais aussi tout le système du droit à la rémunération qu’on a dans le droit de propriété littéraire ».
Une remise en cause qui se comprend aisément à travers la multiplication des canaux de diffusion (diffusion simultanée de programmes en radiodiffusion, en télédiffusion, en webcasting), avec la difficulté pour les titulaires des droits de pouvoir contrôler les utilisations de leurs œuvres. Qu’on pense aux millions d’échanges peer2peer, cette « contrefaçon domestique numérique par laquelle chacun, utilisant des œuvres qu’il a ou qu’il n’a pas, peut les mettre à la disposition de tout le monde ». C’est là une forme de piraterie bien plus difficile à maîtriser que les contrefaçons physiques, notamment sur les CD et les DVD. Contrairement à ce qui se passent chez les contrefacteurs organisés, dans le numérique virtuel, « les utilisateurs n’ont pas nécessairement la conscience qu’ils font de la contrefaçon », se contentant de satisfaire leur besoin de contenus (films, livres, musique).

DECODEURS ET DRMS

Comment vont réagir les acteurs face à cette forme de piraterie qui met en péril les droits de propriété littéraire et artistique ? Le processus d’autodéfense est engagé, selon M. Chantepie, dès la fin des années 1980 sous l’impulsion des Etats-Unis et de l’Europe occidentale. Ainsi, face déjà aux nouveaux outils de duplication qui se développaient, notamment les graveurs de CD et de DVD, et devant la nécessité de maintenir les monopoles de propriété littéraire et artistique, on a commencé à construire des protections techniques sur les œuvres. « Les éditeurs sous-traitent à des entreprises informatiques la mise en place de mesures de protection techniques telles qu’on ne peut jamais copier un CD. » Une telle solution pose d’ailleurs problème par rapport aux exceptions légales du droit d’auteur qui font que, par exemple en France - mais aussi ailleurs - la copie privée, sans versement de droits aux auteurs, reste un droit.

L’utilisation de décodeurs constitue une autre réaction des acteurs. La télévision par satellite ou par câble - Canal Horizon, par exemple - permet ainsi de diffuser à des publics ciblés des contenus très précis, réputés « à valeur ajoutée » (sport, cinéma, pornographique, par exemple), qui exigent de l’utilisateur abonnement avec cryptage de données et décodeur pour décrypter ces données.

Troisième solution pour contrer le piratage et protéger les droits d’auteurs : le contrôle de boit en bout de la chaîne de distribution numérique, depuis l’auteur, l’éditeur et le producteur jusqu’à l’utilisateur final. Il s’agit, ici, selon M. Chantepie, de contrôler l’utilisation que fait l’utilisateur de l’œuvre. C’est la gestion numérique des droits ou DRMS (Digital Rights Managements).

Finalement, semble regretter le conférencier, toutes ces réponses au piratage drainent l’idée que « c’est la machine qui est la réponse à la machine et que c’est la protection technique qui est la réponse à l’hyper-reproductibilité » des œuvres. Il s’agit là d’une « réponse potentiellement insuffisante » favorisant « une logique de glaive et de bouclier ». Pour protéger ses œuvres, on s’arcboute derrière des architectures techniques plus ou moins complexes tandis qu’en face, pour pirater les mêmes oeuvres, les pirates développent eux-aussi des systèmes techniques de contournements de plus en plus sophistiqués... qui appellent d’autres systèmes de protection dans un parfait cercle vicieux. D’où la proposition, par les institutions étatiques et les intérêts en présence d’une protection juridique des protections techniques, induisant l’incrimination de tout contournement des mesures techniques par les pirates, et l’information sur les droits (qui doit permettre d’identifier l’œuvre, ses auteurs, les producteurs, ses éditeurs et ses conditions d’utilisation).

PROTECTION DE LA VIE PRIVEE

De telles évolutions posent naturellement problème avec la tendance à une concentration des droits d’auteurs et des droits voisins : producteurs et éditeurs se sentent plus concernés par la protection des œuvres que les auteurs eux-mêmes, car ce sont eux (les producteurs et les éditeurs, pas les auteurs) qui investissent et élaborent des plans de marketing et de distribution des œuvres. La deuxième tendance concerne le développement d’un seul modèle économique, celui du contrôle numérique du droit d’accès aux œuvres (DRMS), tandis que la troisième tendance consiste en la prolifération de modèles techniques permettant de contrôler toutes les utilisations des œuvres. « Si ces modèles se développent, estime M. Chantepie, on passe d’un droit d’auteur, qui était plutôt le droit d’autoriser ou d’interdire les exploitations, à des droits qui sont quasi commerciaux ; on va, par exemple permettre à l’utilisateur par ce système technique de choisir de lire une fois ou d’écouter une fois ou deux fois une musique, de l’enregistrer une fois, de la transférer à des copains, etc. ». C’est la voie vers « une monétisation de toutes les utilisations des œuvres » là où il y avait, certes, la volonté de rémunérer les auteurs, les éditeurs et les producteurs, mais en leur donnant une certaine liberté d’exploitation.

Le modèle de la gestion numérique des œuvres n’est pas sans poser des problèmes éthiques quant à la protection de la vie privée. Ici, comme l’affirme M. Chantepie, « les utilisateurs vont être dans une situation de traçabilité de tous leurs achats, de toutes leurs consommations, de toutes leurs utilisations des œuvres ». D’où son souhait que les autorités de protection de la vie privée se saisissent de cette question pour permettre aux utilisateurs de pouvoir jouir des produits en toute liberté et « sans remontée des données soit vers le producteur, soit vers l’éditeur, soit surtout vers l’entreprise qui a proposé la mesure technique de protection ».

Au vu de tous ces problèmes et bien d’autres d’ailleurs (poids des négociations à l’OMC, enjeux entre le Nord et le Sud, entre les Etats-Unis et l’Europe, etc.), on comprend pourquoi, en introduisant la conférence, M. Babacar Diop Buuba ait qualifié le sujet de « très actuel » et d’« incontournable » et estimé que les personnes qui réfléchissent sur l’avenir du monde sont forcément amenées à réfléchir sur les questions de propriété intellectuelle.

Cheikh Alioune Jaw

(Source : Nouvel Horizon du 9 Juillet 2004)

Fil d'actu

  • TIC ET AGRICULTURE AU BURKINA FASO Étude sur les pratiques et les usages Burkina NTIC (9 avril 2025)
  • Sortie de promotion DPP 2025 en Afrique de l’Ouest Burkina NTIC (12 mars 2025)
  • Nos étudiant-es DPP cuvée 2024 tous-tes diplomés-es de la Graduate Intitute de Genève Burkina NTIC (12 mars 2025)
  • Retour sur images Yam Pukri en 2023 Burkina NTIC (7 mai 2024)
  • Quelles différences entre un don et un cadeau ? Burkina NTIC (22 avril 2024)

Liens intéressants

  • NIC Sénégal
  • ISOC Sénégal
  • Autorité de régulation des télécommunications et des postes (ARTP)
  • Fonds de Développement du Service Universel des Télécommunications (FDSUT)
  • Commission de protection des données personnelles (CDP)
  • Conseil national de régulation de l’audiovisuel (CNRA)
  • Sénégal numérique (SENUM SA)

Navigation par mots clés

  • 6578/7507 Régulation des télécoms
  • 529/7507 Télécentres/Cybercentres
  • 5581/7507 Economie numérique
  • 2789/7507 Politique nationale
  • 7294/7507 Fintech
  • 785/7507 Noms de domaine
  • 2841/7507 Produits et services
  • 2250/7507 Faits divers/Contentieux
  • 1125/7507 Nouveau site web
  • 7507/7507 Infrastructures
  • 2614/7507 TIC pour l’éducation
  • 285/7507 Recherche
  • 365/7507 Projet
  • 4884/7507 Cybersécurité/Cybercriminalité
  • 2671/7507 Sonatel/Orange
  • 2394/7507 Licences de télécommunications
  • 418/7507 Sudatel/Expresso
  • 2161/7507 Régulation des médias
  • 1895/7507 Applications
  • 1685/7507 Mouvements sociaux
  • 2558/7507 Données personnelles
  • 196/7507 Big Data/Données ouvertes
  • 905/7507 Mouvement consumériste
  • 550/7507 Médias
  • 987/7507 Appels internationaux entrants
  • 2598/7507 Formation
  • 145/7507 Logiciel libre
  • 3003/7507 Politiques africaines
  • 1830/7507 Fiscalité
  • 255/7507 Art et culture
  • 876/7507 Genre
  • 2470/7507 Point de vue
  • 1495/7507 Commerce électronique
  • 2332/7507 Manifestation
  • 529/7507 Presse en ligne
  • 186/7507 Piratage
  • 311/7507 Téléservices
  • 1457/7507 Biométrie/Identité numérique
  • 459/7507 Environnement/Santé
  • 554/7507 Législation/Réglementation
  • 638/7507 Gouvernance
  • 2605/7507 Portrait/Entretien
  • 220/7507 Radio
  • 1089/7507 TIC pour la santé
  • 407/7507 Propriété intellectuelle
  • 87/7507 Langues/Localisation
  • 1632/7507 Médias/Réseaux sociaux
  • 2872/7507 Téléphonie
  • 292/7507 Désengagement de l’Etat
  • 1526/7507 Internet
  • 172/7507 Collectivités locales
  • 653/7507 Dédouanement électronique
  • 1701/7507 Usages et comportements
  • 1553/7507 Télévision/Radio numérique terrestre
  • 846/7507 Audiovisuel
  • 4767/7507 Transformation digitale
  • 590/7507 Affaire Global Voice
  • 296/7507 Géomatique/Géolocalisation
  • 474/7507 Service universel
  • 1008/7507 Sentel/Tigo
  • 265/7507 Vie politique
  • 2300/7507 Distinction/Nomination
  • 51/7507 Handicapés
  • 1037/7507 Enseignement à distance
  • 1026/7507 Contenus numériques
  • 893/7507 Gestion de l’ARTP
  • 272/7507 Radios communautaires
  • 2779/7507 Qualité de service
  • 712/7507 Privatisation/Libéralisation
  • 205/7507 SMSI
  • 693/7507 Fracture numérique/Solidarité numérique
  • 4019/7507 Innovation/Entreprenariat
  • 2066/7507 Liberté d’expression/Censure de l’Internet
  • 69/7507 Internet des objets
  • 256/7507 Free Sénégal
  • 833/7507 Intelligence artificielle
  • 302/7507 Editorial
  • 40/7507 Yas

2026 OSIRIS
Plan du site - Archives (Batik)

Suivez-vous