OSIRIS

Observatoire sur les systèmes d’information, les réseaux et les inforoutes au Sénégal

Show navigation Hide navigation
  • OSIRIS
    • Objectifs
    • Partenaires
  • Ressources
    • Société de l’Information
    • Politique nationale
    • Législation et réglementation
    • Etudes et recherches
    • Points de vue
  • Articles de presse
  • Chiffres clés
    • Le Sénégal numérique
    • Principaux tarifs
    • Principaux indicateurs
  • Opportunités
    • Projets

Accueil > Articles de presse > Archives 1999-2025 > Année 2020 > Mai 2020 > La Neutralité du Net : victime collatérale du covid-19 ?

La Neutralité du Net : victime collatérale du covid-19 ?

lundi 11 mai 2020

Régulation des télécoms

L’école à distance et le télétravail obligatoires, conséquences du confinement dû à la pandémie du covid-19, risquent d’avoir définitivement raison, du sacro-saint principe de la Neutralité du Net.

La neutralité du Net a été érigée en principe fondateur de l’internet, à savoir que les transporteurs des flux de données, que sont les Opérateurs Télécoms ou Fournisseurs d’Accès Internet, n’ont pas le droit ni d’intervenir sur les données transportées, ni de discriminer entre flux de données.

Première remise en cause. A Dubaï, en décembre 2012, lors de la conférence mondiale des télécoms (WCTI), les opérateurs télécoms s’estimaient lésés par ce principe. Selon eux, les cadres réglementaires nationaux, leur imposent d’investir régulièrement dans de nouvelles licences, technologies ou infrastructures data à haut débit (4G, Wimax, FTTH, …) pour acheminer de plus en plus de trafic avec des performances élevés, au seul bénéfice des fournisseurs de contenu. Ils ont proposé à être intéressé sur le contenu, en discriminant les flux et en y adaptant la facturation en fonction de la qualité de service contractée. Ce fût une première tentative qui n’a pas eu de suite immédiate.

Leurs revendications se sont accentuées par la suite, avec la banalisation des services de téléphonie alternatifs : skype, whats’app, viber, …etc. proposés par les fournisseurs de contenus, et qui ne sont régis par aucune réglementation nationale.

Première brèche de taille. C’est la conséquence de la nomination par le président américain Donald Trump (plus à l’écoute des opérateurs, et moins à celle des fournisseurs de contenu de la silico valley) de Mr Ajit Varadaraj Pai en janvier 2017, à la tête de la « FCC : Federal Commnuciations Commission » : l’autorité de régulation américaine. Ce dernier, réussit à faire voter l’abrogation du principe de neutralité sur le territoire des USA. S’ensuivit une guérilla judiciaire.

En octobre 2019, la cour du district de Columbia (USA), donna raison au président de la FCC contre ses détracteurs (Mozilla en tête), avec toutefois la possibilité pour chaque état de la fédération d’adopter des règles plus strictes, en termes de neutralité.

Le Covid-19 : Nouvelle donne. Avec le confinement, plusieurs autorités de régulation ou opérateurs se sont affranchis « pour la bonne cause » du principe de neutralité du net, notamment en rendant gratuit l’accès aux plates-formes de continuité pédagogique, pour les cours à distance. C’est, me semble-t-il le point de départ involontaire d’une nouvelle ère.

Nouvelles offres tirées par la Demande. Avec le développement du télétravail lors du confinement, son maintien après le dé-confinement, voire son « institutionnalisation » comme mode de travail quasi-permanent par différentes entreprises ou administrations, il est plus que probable, que certains qui hier défendaient la neutralité du net, se retrouvent dorénavant dans le camp de ceux qui souhaitent « l’abandonner » ou du moins « l’aménager ».

Les organisations qui ont fait le « le choix institutionnel du télétravail » seraient prêtes à payer un « surplus internet  » moyennant une garantie de « qualité de service » : bande passante réservée, priorisation des flux, sécurisation, service après-vente personnalisé, …etc. pour répondre aux exigences professionnelles du télétravail.

Le « surplus Internet » sera sûrement en partie ou totalement compensé, par la possibilité de libérer des postes fixes de travail, voire des espaces entiers.

Il me semble que l’abandon ou l’aménagement du principe de neutralité, va juste être accéléré par les exigences du télétravail liées à la pandémie. Il était dans le pipe des opérateurs et des régulateurs. Sinon comment peut-on concevoir une industrie 3.0, 4.0, voire 5.0 répartie, décentralisée et collaborative, avec internet comme principal support d’échange de données, sans discrimination entre flux (pour répondre aux exigences professionnelles), et par conséquent une tarification adaptée ?

Côté Opérateurs. En premier lieu, il s’agira de négocier avec l’autorité de régulation, les conditions d’abandon ou d’aménagement du principe de neutralité.

Le Télétravail, est une grande opportunité de croissance quantitative en terme de consommation des services Data, et un challenge qualitatif en matière d’innovation en offres clé en mains, pour répondre aux différentes attentes ou exigences des télétravailleurs, ayant des profils assez différents.

Il y a fort à parier que les attentes des clients télétravailleurs vont accentuer la demande en services externalisés sous de forme de packages incluant entre autres : i) des communications fiables sécurisés (sécurité forte) ; ii) des services ou applications en cloud : messagerie, groupware, office automation, ….etc. ; iii) des packages en joint-venture ou en revenue sharing avec des fournisseurs d’application métiers ; iv) des « Managed Services » pour l’assurance qualité ; v) des prestataires de service SAV (logistique inclut) ; …etc.

Il est aussi à prévoir une forte demande de la part de certains clients, pour être assisté dans leurs projets de Transformation Digitale.

Côté Autorité de Régulation et Pouvoirs Publics. Un grand travail de refondation des missions des autorités de régulation est à attendre. L’abrogation du principe de neutralité, rendrait davantage caduque la séparation entre contenu et contenant. La réglementation / régulation devra aussi tenir compte du « Contenu », et non plus uniquement du « Contenant »

D’un autre côté, les nouvelles règles d’aménagement du principe de neutralité, devrait inciter le régulateur à préserver davantage, les intérêts des utilisateurs « normaux » souscrivant aux offres normales (actuelles) d’internet, en termes de qualité et de coûts. Il faudra éviter que l’offre « normale » ne devienne un « Service Universel Bis ».

Mouad Boumahdi
Directeur Associé – Perf’TIC

(Source : CIO Mag, 11 mai 2020)

Fil d'actu

  • TIC ET AGRICULTURE AU BURKINA FASO Étude sur les pratiques et les usages Burkina NTIC (9 avril 2025)
  • Sortie de promotion DPP 2025 en Afrique de l’Ouest Burkina NTIC (12 mars 2025)
  • Nos étudiant-es DPP cuvée 2024 tous-tes diplomés-es de la Graduate Intitute de Genève Burkina NTIC (12 mars 2025)
  • Retour sur images Yam Pukri en 2023 Burkina NTIC (7 mai 2024)
  • Quelles différences entre un don et un cadeau ? Burkina NTIC (22 avril 2024)

Liens intéressants

  • NIC Sénégal
  • ISOC Sénégal
  • Autorité de régulation des télécommunications et des postes (ARTP)
  • Fonds de Développement du Service Universel des Télécommunications (FDSUT)
  • Commission de protection des données personnelles (CDP)
  • Conseil national de régulation de l’audiovisuel (CNRA)
  • Sénégal numérique (SENUM SA)

Navigation par mots clés

  • 4232/5206 Régulation des télécoms
  • 351/5206 Télécentres/Cybercentres
  • 3938/5206 Economie numérique
  • 1977/5206 Politique nationale
  • 5140/5206 Fintech
  • 514/5206 Noms de domaine
  • 2125/5206 Produits et services
  • 1467/5206 Faits divers/Contentieux
  • 732/5206 Nouveau site web
  • 5206/5206 Infrastructures
  • 1809/5206 TIC pour l’éducation
  • 187/5206 Recherche
  • 242/5206 Projet
  • 3361/5206 Cybersécurité/Cybercriminalité
  • 1756/5206 Sonatel/Orange
  • 1681/5206 Licences de télécommunications
  • 272/5206 Sudatel/Expresso
  • 1065/5206 Régulation des médias
  • 1305/5206 Applications
  • 1165/5206 Mouvements sociaux
  • 1685/5206 Données personnelles
  • 126/5206 Big Data/Données ouvertes
  • 595/5206 Mouvement consumériste
  • 358/5206 Médias
  • 646/5206 Appels internationaux entrants
  • 2054/5206 Formation
  • 92/5206 Logiciel libre
  • 2017/5206 Politiques africaines
  • 1334/5206 Fiscalité
  • 166/5206 Art et culture
  • 574/5206 Genre
  • 1682/5206 Point de vue
  • 994/5206 Commerce électronique
  • 1458/5206 Manifestation
  • 381/5206 Presse en ligne
  • 124/5206 Piratage
  • 204/5206 Téléservices
  • 990/5206 Biométrie/Identité numérique
  • 302/5206 Environnement/Santé
  • 401/5206 Législation/Réglementation
  • 405/5206 Gouvernance
  • 1773/5206 Portrait/Entretien
  • 145/5206 Radio
  • 781/5206 TIC pour la santé
  • 326/5206 Propriété intellectuelle
  • 59/5206 Langues/Localisation
  • 1044/5206 Médias/Réseaux sociaux
  • 1905/5206 Téléphonie
  • 195/5206 Désengagement de l’Etat
  • 1003/5206 Internet
  • 115/5206 Collectivités locales
  • 483/5206 Dédouanement électronique
  • 1127/5206 Usages et comportements
  • 1026/5206 Télévision/Radio numérique terrestre
  • 553/5206 Audiovisuel
  • 3484/5206 Transformation digitale
  • 392/5206 Affaire Global Voice
  • 159/5206 Géomatique/Géolocalisation
  • 310/5206 Service universel
  • 660/5206 Sentel/Tigo
  • 174/5206 Vie politique
  • 1509/5206 Distinction/Nomination
  • 34/5206 Handicapés
  • 686/5206 Enseignement à distance
  • 673/5206 Contenus numériques
  • 587/5206 Gestion de l’ARTP
  • 178/5206 Radios communautaires
  • 1780/5206 Qualité de service
  • 424/5206 Privatisation/Libéralisation
  • 132/5206 SMSI
  • 463/5206 Fracture numérique/Solidarité numérique
  • 2749/5206 Innovation/Entreprenariat
  • 1320/5206 Liberté d’expression/Censure de l’Internet
  • 46/5206 Internet des objets
  • 170/5206 Free Sénégal
  • 648/5206 Intelligence artificielle
  • 197/5206 Editorial
  • 22/5206 Yas

2026 OSIRIS
Plan du site - Archives (Batik)

Suivez-vous