La Mauritanie ouvre 3000 nouveaux postes sous contrôle numérique intégral
mardi 3 mars 2026
Face à un chômage persistant et une croissance modérée, les autorités mauritaniennes misent sur la modernisation administrative pour élargir l’accès à l’emploi et restaurer la confiance dans les procédures publiques.
Réuni le mercredi 25 février, le Conseil des ministres de la Mauritanie a adopté un plan de dématérialisation complète du recrutement de 3000 fonctionnaires. Le ministre de la Transformation numérique et de la Modernisation de l’Administration, Ahmed Salem Bede, et la ministre de la Fonction publique et du Travail, Mariem Boïdel Hoummeid, ont présenté l’état d’avancement de cette réforme.
D’après le communiqué officiel, les candidatures seront déposées en ligne via le portail Khidamaty ou la plateforme de la Commission nationale des concours, avec un suivi en temps réel jusqu’à la publication des résultats. « L’éligibilité et l’authenticité des diplômes seront vérifiées automatiquement. Les questions d’examen seront générées instantanément avant chaque épreuve. Les épreuves écrites se dérouleront sur tablettes. La correction sera immédiate et les recours pourront être introduits à distance », précise le texte.
Les autorités présentent cette transformation comme une réponse aux critiques sur l’opacité et les lenteurs des concours publics. Le dispositif, conçu en collaboration avec la Commission nationale des concours, « garantit équité et efficacité à chaque étape du processus », selon le communiqué, en limitant les risques de fraude et d’irrégularités.
La mesure s’inscrit dans un environnement marqué par des défis structurels en matière d’emploi. La Banque mondiale indique qu’en 2024, le taux de chômage des jeunes atteignait 23,22 %, un niveau supérieur à la moyenne mondiale, tandis qu’une part importante des actifs évolue dans l’informel. Par ailleurs, l’Agence mauritanienne d’information rapporte qu’un accord de 36 millions d’euros, soit 41,7 millions de dollars, a été signé en mai 2025 avec la Banque islamique de développement pour soutenir la formation professionnelle et l’employabilité dans le cadre de la stratégie nationale 2023‑2030.
Dans ce contexte, la digitalisation du recrutement public complète les efforts engagés pour renforcer les compétences, améliorer l’accès à l’éducation et favoriser l’insertion professionnelle. Elle vise à rendre l’administration plus crédible, à sécuriser les processus de sélection et à offrir des perspectives plus lisibles aux candidats, dans un pays où la question de l’emploi demeure centrale dans l’agenda économique et social.
Félicien Houindo Lokossou
(Source : Agence Ecofin, 3 mars 2026)
OSIRIS