La Guinée valide un financement chinois de 56 millions $ pour un réseau de vidéosurveillance
lundi 16 mars 2026
Confrontée à des défis croissants de sécurité dans ses centres urbains, la Guinée se tourne vers les technologies numériques. Les autorités projettent de déployer un dispositif intégré de vidéosurveillance et d’analyse intelligente afin d’améliorer la gestion du trafic et la coordination des forces de sécurité.
Le Conseil national de la transition (CNT) a validé, le vendredi 13 mars, une convention de financement de 385,3 millions de yuans (environ 56 millions $) conclue avec la Banque d’import-export de Chine. Ce prêt concessionnel, assorti d’un taux d’intérêt de 2 % et d’une maturité de 20 ans, est destiné au déploiement de « Guinea Safe City », un programme basé sur les technologies numériques et la vidéosurveillance visant à renforcer la sécurité dans les principales villes du pays.
Le projet prévoit la construction et l’équipement de 324 sites de vidéosurveillance répartis dans huit villes du pays, ainsi que la mise en place de huit centres de commandement et de surveillance chargés de centraliser et d’analyser les données collectées. Le dispositif comprend également 900 terminaux portables destinés aux forces de sécurité et 100 terminaux mobiles embarqués dans des véhicules de coordination, afin de faciliter les interventions sur le terrain. Pour garantir la transmission sécurisée des données, six stations de base LTE sont prévues afin de fournir un réseau sans fil dédié aux équipements du système.
La sécurité urbaine au cœur de la transformation numérique
Le projet « Guinea Safe City » s’inscrit dans la volonté des autorités de recourir aux technologies numériques pour améliorer la gestion de la sécurité publique dans un contexte marqué par une urbanisation rapide et une pression croissante sur les infrastructures urbaines. Les grandes agglomérations du pays, notamment Conakry, concentrent une part importante de l’activité économique mais font également face à des défis récurrents liés à la criminalité, à la circulation routière et à la gestion des foules lors d’événements publics.
Inspiré de programmes similaires déployés dans plusieurs villes d’Asie et d’Afrique, le dispositif reposera sur une infrastructure intégrée combinant vidéosurveillance, réseaux de communication sécurisés et outils d’analyse intelligente des données. L’objectif est de permettre une surveillance en temps réel des zones sensibles et d’améliorer la coordination entre les différents services de sécurité.
Au-delà du renforcement de la sécurité publique, ce dispositif pourrait également contribuer à moderniser la gestion des centres urbains du pays. Les infrastructures prévues devraient notamment faciliter la surveillance du trafic, améliorer la coordination des services d’intervention et fournir aux autorités des données utiles pour la planification et la gestion des espaces urbains.
Samira Njoya
(Source : Agence Ecofin, 16 mars 2026)
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