La Côte d’Ivoire met en service son infrastructure nationale à clés publiques
lundi 27 juillet 2026
Afin de renforcer la confiance numérique et de sécuriser les transactions électroniques, les autorités ivoiriennes ont mis en place une autorité de certification officielle destinée à l’État, aux citoyens et aux entreprises. Le projet a été piloté par l’agence chargée de la sécurité numérique du pays.
L’Agence nationale de sécurité des systèmes d’information de Côte d’Ivoire (ANSSI-CI) a mis en service l’Infrastructure à clés publiques (PKI) nationale. L’annonce a été faite le jeudi 23 juillet par le ministre de la Transition numérique et de l’Innovation technologique, Djibril Ouattara, lors d’un atelier consacré au bilan de la Stratégie nationale de cybersécurité 2021-2025 et à la présentation du projet de stratégie 2026-2030, à Abidjan-Plateau.
Cette infrastructure permet à la Côte d’Ivoire de disposer de sa propre autorité de certification racine, un élément essentiel pour garantir la confiance dans les transactions électroniques. Jusqu’à présent, le pays s’appuyait sur des autorités de certification étrangères pour assurer ce niveau de sécurité.
Le déploiement de cette infrastructure s’appuie d’abord sur la reconnaissance de l’ANSSI-CI par l’Union internationale des télécommunications (UIT) et l’Organisation internationale de normalisation (ISO) comme autorité nationale d’enregistrement des identifiants d’objets (OID). Il repose également sur un cadre juridique établi par la loi n° 2013-546 du 30 juillet 2013 relative aux transactions électroniques, complétée par les décrets d’application de 2014 et 2016 relatifs à la cryptologie, à la signature électronique et à l’archivage numérique.
D’après le communiqué, cette PKI « constitue désormais l’autorité racine nationale sur laquelle pourront s’appuyer les autorités de certification opérant en Côte d’Ivoire ». Elle a vocation à sécuriser les échanges électroniques entre l’administration, les entreprises et les citoyens, tout en accompagnant le déploiement de la signature électronique et de l’identité numérique auprès des prestataires de services de confiance électronique (PSCE). Aucun calendrier de déploiement effectif auprès de ces PSCE n’a toutefois été communiqué.
Un dispositif déjà adopté par plusieurs pays africains
La Côte d’Ivoire n’est pas le premier pays africain à se doter d’une telle infrastructure. Le Bénin, le Rwanda et le Kenya disposent, depuis 2022, de leur propre autorité de certification racine, selon un rapport de l’UIT consacré à la mise en place d’une infrastructure similaire au Mali. La Tunisie, à travers son agence TUNTRUST, figure également parmi les exemples cités par l’Union en matière de gouvernance des infrastructures à clés publiques.
À l’échelle sous-régionale, la Banque centrale des États de l’Afrique de l’Ouest (BCEAO) a lancé un appel d’offres pour la mise en place d’une PKI centralisée, destinée aux huit pays de l’Union monétaire ouest-africaine (UMOA) : le Bénin, le Burkina Faso, la Côte d’Ivoire, la Guinée-Bissau, le Mali, le Niger, le Sénégal et le Togo.
Adoni Conrad Quenum
(Source : Agence Ecofin, 27 juillet 2026)
OSIRIS