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Accueil > Articles de presse > Année 2026 > Mai 2026 > La Centrafrique modernise l’infrastructure numérique de son administration (…)

La Centrafrique modernise l’infrastructure numérique de son administration avec Huawei

mercredi 27 mai 2026

Transformation digitale

Les pays africains accélèrent leurs efforts en faveur de la transformation numérique. Cette dynamique nécessite toutefois des infrastructures robustes, capables de soutenir ces changements.

Le gouvernement centrafricain veut moderniser l’infrastructure numérique de l’administration publique. Soutenu par la Chine, le projet s’inscrit dans les plans de transformation numérique nationale.

L’initiative a été discutée lors d’une réunion de travail le mardi 26 mars avec une délégation de Huawei. La rencontre a été présidée par Adolphe Nicaise Samafou, directeur de cabinet du ministère de l’Économie numérique, des Postes et Télécommunications.

Selon le ministère, la séance s’inscrit dans la continuité des engagements pris lors de la rencontre sino-centrafricaine entre le président de la République, Faustin-Archange Touadéra, et les autorités chinoises.

Quatre axes pour moderniser l’administration

Le projet repose sur quatre principaux axes. Le premier concerne la construction d’un centre de données national de niveau Tier III, destiné à garantir la disponibilité, la sécurité et la souveraineté des données publiques.

Le deuxième volet prévoit la mise en place d’un réseau dédié comprenant cinq sites de faisceaux hertziens, afin d’assurer l’interconnexion sécurisée des différents départements ministériels.

Le troisième axe porte sur le déploiement d’applications de téléphonie IP, de visioconférence et de messagerie professionnelle, avec l’objectif de moderniser les communications internes de l’administration et de réduire certains coûts de fonctionnement.

Enfin, le partenariat inclut la mise en place d’un réseau de transmission radio militaire eLTE au profit des Forces de défense et de sécurité, de la Police et de la Gendarmerie, afin de renforcer la coordination opérationnelle entre les différents corps de sécurité.

Une transformation numérique en pleine émergence

Ce projet de modernisation des infrastructures intervient environ trois mois après le lancement du projet Dunia, présenté comme la future « colonne vertébrale numérique de l’administration centrafricaine ». Il s’inscrit dans le Plan national de développement 2024–2028 (PND-RCA), qui érige le numérique en levier transversal au service des piliers stratégiques du développement national.

Il s’agit d’un système numérique intégré de gestion publique dont la mise en œuvre s’articule autour de deux phases complémentaires. La première phase concerne la modernisation des fonctions transversales de l’administration, notamment la gestion des ressources humaines (GRH), la gestion électronique des documents (GED), la gestion budgétaire et logistique, les systèmes de gestion des tâches et des tickets, ainsi qu’un module central de gestion et de suivi des projets.

La deuxième phase porte sur le déploiement de modules métiers stratégiques, incluant la modélisation et l’analyse macroéconomique, la planification et la programmation du PND, les systèmes statistiques et la diffusion des données, ainsi que la gestion des accords et la coordination des partenaires.

Par ailleurs, le dispositif repose sur le Fichier central des projets, un registre national intégré qui recense l’ensemble des projets portés par l’État, les partenaires techniques et financiers ainsi que les acteurs humanitaires. Selon le ministère de l’Économie, du Plan et de la Coopération internationale, cet outil permettra, pour la première fois, de disposer d’une cartographie consolidée et géolocalisée des interventions sur le territoire national, facilitant ainsi une meilleure coordination, une allocation plus efficace des ressources et une visibilité stratégique accrue.

Selon les autorités, citées par la presse locale, la numérisation des processus administratifs permettrait de réduire les délais de traitement jusqu’à 70 %. Elle pourrait également permettre de réallouer environ 40 % des ressources humaines vers des tâches à plus forte valeur ajoutée, ainsi que de générer des économies allant jusqu’à 30 % sur les coûts administratifs récurrents.

Défis et facteurs à prendre en compte

Malgré les potentiels annoncés, il convient de rappeler que la réussite de ce vaste chantier de modernisation dépend de plusieurs facteurs. La disponibilité d’une alimentation énergétique stable reste un prérequis essentiel pour garantir le fonctionnement continu des infrastructures numériques, en particulier pour un centre de données de niveau Tier 3.

La cybersécurité constitue également un enjeu majeur, dans un contexte où la numérisation des services publics accroît l’exposition aux risques de piratage et de fuites de données sensibles. À cela s’ajoutent les défis liés à la maintenance des équipements, à l’interopérabilité des systèmes et à la disponibilité de compétences techniques locales capables d’assurer l’exploitation et l’évolution des plateformes.

Pour rappel, la Centrafrique arrive à la dernière place sur 193 pays selon l’Indice de développement de l’e-gouvernement des Nations unies (EGDI). Le pays a enregistré un score de 0,0947 sur 1, en deçà des moyennes africaine (0,4247) et mondiale (0,6382). En matière de cybersécurité, le pays se situe au dernier niveau de l’indice dédié établi par l’Union internationale des télécommunications (UIT).

Isaac K. Kassouwi

(Source : Agence Ecofin, 27 mai 2026)

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