Kenya : l’USB C devient obligatoire, dans un contexte de nouvelles taxes sur les smartphones
vendredi 27 mars 2026
Face à la circulation de téléphones non conformes, le Kenya durcit les règles d’entrée sur son marché mobile. Mais ce renforcement de la régulation intervient dans un contexte où le coût des smartphones reste un frein majeur à l’accès à l’internet.
Le Kenya renforce l’encadrement de son marché des terminaux mobiles. L’Autorité des communications du Kenya a publié, le mardi 24 mars, de nouvelles spécifications techniques imposant l’usage du chargeur USB Type‑C pour tous les téléphones commercialisés dans le pays. Cette mesure s’inscrit dans un dispositif plus large visant à encadrer l’entrée des appareils sur le marché et à limiter la circulation de terminaux non conformes.
Au‑delà de cette exigence, les nouvelles règles définissent plusieurs critères techniques relatifs à la sécurité, aux performances et à la compatibilité des équipements. Les batteries doivent notamment garantir un minimum de huit heures de conversation et 24 heures de veille. Les appareils sont également soumis à des normes sur les matériaux utilisés, excluant certaines substances dangereuses, et doivent être compatibles avec les réseaux mobiles existants, de la 2G à la 5G. Selon le directeur général de l’autorité, ces dispositions visent à garantir la sécurité des utilisateurs et le bon fonctionnement des réseaux.
La réforme introduit également une évolution du cadre économique. Le processus d’homologation des appareils, jusque‑là gratuit, pourrait devenir payant. L’autorité propose la mise en place de frais de 15 000 shillings kényans (environ 115 dollars) pour les importations commerciales et de 5 000 shillings pour les importations à usage personnel. Cette mesure s’appliquerait à l’ensemble des acteurs, indépendamment du volume d’appareils concernés, et pourrait se répercuter sur les prix de vente.
Dans le même temps, le régulateur a renforcé les mécanismes de contrôle en interconnectant sa base d’homologation avec le registre IMEI de l’administration fiscale kényane. Les appareils non certifiés ou non déclarés ne peuvent plus se connecter aux réseaux locaux. Plusieurs marques ont déjà été identifiées comme non conformes et retirées du marché.
Ces évolutions interviennent dans un contexte où l’accessibilité des terminaux demeure un enjeu central pour l’adoption des services numériques. En Afrique subsaharienne, le coût d’un smartphone représente en moyenne 26 % du revenu mensuel par habitant, contre 16 % dans les pays à revenu faible et intermédiaire (PRFI), selon la GSMA. Ce niveau de prix continue de freiner l’accès à l’internet mobile, malgré l’amélioration de la couverture réseau. Dans ce contexte, toute variation des coûts à l’entrée de gamme est susceptible d’influencer la diffusion des usages numériques.
Samira Njoya
(Source : Agence Ecofin, 27 mars 2026)
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