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Accueil > Articles de presse > Archives 1999-2025 > Année 2025 > Avril 2025 > KaliSpot, la fintech qui veut réconcilier le cash et le digital en Afrique

KaliSpot, la fintech qui veut réconcilier le cash et le digital en Afrique

jeudi 10 avril 2025

Fintech

Dans un monde où la digitalisation des services financiers progresse à toute allure, une large partie de la population africaine reste encore attachée au cash. Un paradoxe ? Pas vraiment, quand on considère les réalités culturelles, économiques et technologiques du continent africain. C’est de ce constat qu’est née KaliSpot, une fintech lancée par Mika Diol, bien décidée à jeter un pont concret entre les deux mondes.

« La majorité des Africains reste fidèle au cash, mais le digital avance à vive allure. Le problème ? Ces deux réalités évoluent souvent en parallèle, sans passerelle permanente entre eux », explique, d’emblée, Mika Diol, cofondateur et CEO de KaliSpot, lorsqu’on l’interroge sur les problématiques qu’il a voulu résoudre en lançant sa fintech. Dès le départ, l’ambition était claire : implanter des points d’accès physiques dans les marchés, les rues et les quartiers populaires, afin de rendre la digitalisation financière concrète et accessible à toutes les couches sociales en Afrique.

KaliSpot, un idéal !

Derrière ce nom se cache une vision. « Kaliss », en peul, signifie « argent ». « Spot » désigne le lieu. KaliSpot, c’est donc « le lieu de l’argent », mais aussi de la transformation sociale, de la connexion entre le monde physique et les outils numériques. Une symbolique forte pour une solution ancrée dans la réalité.

Cette start-up ne se limite pas à une simple borne de retrait ou de mobile money. « C’est une plateforme hybride, mutualisée, capable d’accueillir les services des banques, des fintechs et des opérateurs de mobile money, dans un seul point de service », souligne son cofondateur. Accessible sans smartphone ni compétences technologiques particulières, chaque KaliSpot s’exprime « dans les langues locales et s’adapte à son environnement. Le tout dans une approche centrée sur l’humain et la proximité », ajoute M. Diol.

Inclusion financière

KaliSpot répond aux besoins de plusieurs acteurs clés de l’écosystème financier. « Pour les consommateurs, il s’agit d’un point d’accès simple et accessible, qui leur permet de déposer ou retirer de l’argent, d’envoyer des fonds ou de payer des factures, même sans n’être connectés ni posséder un smartphone », précise M. Diol.

Du côté des banques et des institutions de microfinance, la start-up leur offre « la possibilité d’étendre leur présence sur le terrain sans avoir à investir dans la construction d’agences physiques », ajoute-t-il. Quant aux opérateurs de mobile money et aux fintechs, KaliSpot constitue une infrastructure de proximité fiable, qui facilite « l’adoption et la rétention de leurs services dans des zones encore largement dominées par le cash », souligne-t-il.

Des débuts prometteurs au Sénégal et au Maroc

Les plateformes de cette fintech fonctionnent 24h/24 avec des systèmes de sécurité embarqués, et un monitoring intelligent pour garantir fiabilité et disponibilité. Actuellement déployée en phase pilote au Sénégal et au Maroc, KaliSpot teste son modèle dans deux environnements très différents, renforçant sa capacité d’adaptation. « Trois grands acteurs du mobile money et deux banques ouest-africaines majeures ont rejoint l’aventure, convaincus par le potentiel de cette interface humaine et technologique », se réjouit son CEO.

Des ambitions à la hauteur des besoins

En guise de perspective, à court terme, elle veut consolider son réseau dans ses deux pays pilotes. A moyen terme, l’objectif est clair : plus de 1500 points déployés en Afrique de l’Ouest, Centrale et du Nord. En fin, à long terme, Mika Diol voit grand : « faire de KaliSpot la colonne vertébrale de l’inclusion financière sur le continent, dit-il, en concluant que la prochaine révolution financière ne se fera pas que sur mobile, mais aussi dans la rue, dans les boutiques, dans la vie réelle. »

Enock Bulonza

(Source : CIO Mag, 10 avril 2025)

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