OSIRIS

Observatoire sur les systèmes d’information, les réseaux et les inforoutes au Sénégal

Show navigation Hide navigation
  • OSIRIS
    • Objectifs
    • Partenaires
  • Ressources
    • Société de l’Information
    • Politique nationale
    • Législation et réglementation
    • Etudes et recherches
    • Points de vue
  • Articles de presse
  • Chiffres clés
    • Le Sénégal numérique
    • Principaux tarifs
    • Principaux indicateurs
  • Opportunités
    • Projets

Accueil > Articles de presse > Archives 1999-2025 > Année 2025 > Février 2025 > Jean-Marc Four : Avec cette fake news « il y a forcément une cible de (…)

Jean-Marc Four : Avec cette fake news « il y a forcément une cible de politique intérieure sénégalaise »

mercredi 19 février 2025

Samedi 15 février 2025, une vidéo deepfake prétendant être un commentaire de RFI sur un rapport de la Cour des comptes a circulé massivement sur les réseaux sociaux, suscitant l’inquiétude. Jean-Marc Four, Directeur de RFI, dénonce une « usurpation d’identité » visant la « politique intérieure sénégalaise ».

Le Soleil Digital : Quel commentaire faites-vous concernant le deepfake de ce weekend impliquant RFI et France 24 ?

Jean-Marc Four : Cela confirme que rien n’arrête les faussaires malveillants1. C’est un faux caractérisé qui imite les logos de RFI et France 24, mais ni RFI ni France 24 n’ont jamais dit ou écrit cela. Le format et le ton ne sont pas les nôtres. Il est difficile de dire si la voix est artificielle ou celle d’une personne lisant un texte. Il n’y a pas de nom de journaliste ni de date.

LSD : Est-ce que ce sont ces détails qui vous ont alerté ou avez-vous très tôt vu la vidéo ?

JMF : J’ai été alerté du fait que cette vidéo circulait sur les réseaux sociaux au Sénégal. Face aux faux qui usurpent notre identité – et nous ne sommes pas les seules victimes – nous évaluons l’ampleur de l’écho. Si l’écho est faible, nous ne faisons rien pour éviter de donner de l’importance à la fausse information. Si la fausse information circule de façon importante, nous réagissons en faisant une mise au point sur nos environnements numériques. Nous savons que le démenti peut avoir moins d’écho que la fausse information de départ. La vitesse de circulation d’une fausse information est environ 6 à 7 fois supérieure à celle d’une information vraie.

LSD : Ce faux a été fait dans un contexte politique particulier au Sénégal. Est-ce que cela vous inspire un commentaire supplémentaire ?

JMF : La fabrication et la diffusion d’informations ont au moins deux cibles : le média dont l’identité est usurpée et les personnes visées dans le contenu. Il y a forcément une cible de politique intérieure sénégalaise.

LSD : La deuxième cible vous a contacté ? Avez-vous eu à échanger avec le gouvernement sénégalais ou des représentants ?

JMF : Non, personnellement pas du tout. Nos équipes à Dakar ont eu quelques échanges rapides avec certains élus sénégalais, mais sans plus de détails.

LSD : Quel dispositif avez-vous mis en place pour faire face à ce type de situation ?

JMF : Nous avons un dispositif global de fact-checking avec une cellule dédiée à RFI et France 24. Nos équipes utilisent des techniques modernes comme la recherche inversée d’images. Nous avons une procédure d’alerte interne à France Médias. Dès que quelqu’un repère une info suspecte, il alerte et nous décidons si nous devons réagir ou non.

LSD : Quelles sont les conséquences de telles pratiques pour vos médias ? Y a-t-il des problèmes de crédibilité ou autres ?

JMF : La production d’une fausse information qui usurpe notre identité va atteindre en partie sa cible. Même dans le meilleur des cas, il y aura toujours des gens qui resteront convaincus que c’était vraiment nous, et notre crédibilité baissera auprès d’eux. Une fausse information nous nuit toujours, soit un peu, soit beaucoup. Fabriquer une information avec les techniques modernes peut prendre quelques minutes, alors que la déconstruire prend de nombreuses heures. La technologie favorise le faussaire.

LSD : Est-ce que ces différents degrés de nuisance peuvent vous conduire à porter plainte ?

JMF : Oui, nous l’avons déjà fait. Nous portons plainte lorsque l’intégrité physique d’un collaborateur est menacée. Porter plainte ne mène pas toujours à quelque chose, mais nous le faisons quand même.

LSD : Dans le cas d’espèce, il n’y aura pas de plainte si je comprends bien ?

JMF : À ce jour, il n’y a pas de plainte déposée car nous ne sommes pas dans un cas de menace pour l’intégrité physique d’un de nos collaborateurs. Nous pourrions porter plainte tous les jours car notre identité est usurpée constamment.

LSD : On est dans un contexte géopolitique très mitigé entre l’Afrique et la France. Est-ce que cela ne peut pas porter préjudice aux médias vu que vous avez une forte audience en Afrique ?

JMF : Le contexte de tensions politiques entre certains gouvernements et le gouvernement français est exact. De nombreuses populations africaines revendiquent plus d’autonomie et de souveraineté, et c’est une très bonne chose. Nous sommes des spectateurs de cette situation, et certains nous prennent pour des boucs émissaires. Dans RFI, il y a le F de France, mais nous n’allons pas l’enlever.

LSD : Les fake news se multiplient au Sénégal comme en Afrique. Comment l’expliquez-vous ?

JMF : Il y a deux explications majeures. Premièrement, dans l’immense majorité des pays d’Afrique, les fake news sont d’origine russe. Quand on remonte la piste, on finit toujours par trouver un point RU au point de départ. Deuxièmement, les grands réseaux sociaux aux mains de network américains laissent circuler n’importe quoi. Nous sommes pris entre Washington et Moscou. La vraie réponse passe par l’éducation des gens et la régulation par les gouvernements.

LSD : Quelle est la réponse que vous proposez en tant que média français ou européen face à cette guerre technologique ?

JMF : L’Europe est en retard en matière de création technologique digitale. La réponse n’est pas de mon ressort, mais la position des Européens est l’éducation à l’information et la régulation. L’Union européenne a mis en place les nouvelles directives européennes DSA sur la régulation des réseaux sociaux.

Moussa DIOP et Cheikh Tidiane NDIAYE

(Source : Le Soleil, 19 février 2025)

Fil d'actu

  • TIC ET AGRICULTURE AU BURKINA FASO Étude sur les pratiques et les usages Burkina NTIC (9 avril 2025)
  • Sortie de promotion DPP 2025 en Afrique de l’Ouest Burkina NTIC (12 mars 2025)
  • Nos étudiant-es DPP cuvée 2024 tous-tes diplomés-es de la Graduate Intitute de Genève Burkina NTIC (12 mars 2025)
  • Retour sur images Yam Pukri en 2023 Burkina NTIC (7 mai 2024)
  • Quelles différences entre un don et un cadeau ? Burkina NTIC (22 avril 2024)

Liens intéressants

  • NIC Sénégal
  • ISOC Sénégal
  • Autorité de régulation des télécommunications et des postes (ARTP)
  • Fonds de Développement du Service Universel des Télécommunications (FDSUT)
  • Commission de protection des données personnelles (CDP)
  • Conseil national de régulation de l’audiovisuel (CNRA)
  • Sénégal numérique (SENUM SA)

Navigation par mots clés

  • 4716/5399 Régulation des télécoms
  • 371/5399 Télécentres/Cybercentres
  • 3762/5399 Economie numérique
  • 1874/5399 Politique nationale
  • 5319/5399 Fintech
  • 579/5399 Noms de domaine
  • 1969/5399 Produits et services
  • 1616/5399 Faits divers/Contentieux
  • 845/5399 Nouveau site web
  • 5399/5399 Infrastructures
  • 1838/5399 TIC pour l’éducation
  • 208/5399 Recherche
  • 254/5399 Projet
  • 3746/5399 Cybersécurité/Cybercriminalité
  • 1897/5399 Sonatel/Orange
  • 1785/5399 Licences de télécommunications
  • 334/5399 Sudatel/Expresso
  • 1558/5399 Régulation des médias
  • 1423/5399 Applications
  • 1157/5399 Mouvements sociaux
  • 1851/5399 Données personnelles
  • 147/5399 Big Data/Données ouvertes
  • 639/5399 Mouvement consumériste
  • 421/5399 Médias
  • 713/5399 Appels internationaux entrants
  • 1818/5399 Formation
  • 99/5399 Logiciel libre
  • 2362/5399 Politiques africaines
  • 1270/5399 Fiscalité
  • 171/5399 Art et culture
  • 621/5399 Genre
  • 1946/5399 Point de vue
  • 1077/5399 Commerce électronique
  • 1581/5399 Manifestation
  • 346/5399 Presse en ligne
  • 126/5399 Piratage
  • 220/5399 Téléservices
  • 1019/5399 Biométrie/Identité numérique
  • 329/5399 Environnement/Santé
  • 356/5399 Législation/Réglementation
  • 414/5399 Gouvernance
  • 1898/5399 Portrait/Entretien
  • 158/5399 Radio
  • 800/5399 TIC pour la santé
  • 299/5399 Propriété intellectuelle
  • 61/5399 Langues/Localisation
  • 1134/5399 Médias/Réseaux sociaux
  • 2159/5399 Téléphonie
  • 204/5399 Désengagement de l’Etat
  • 1099/5399 Internet
  • 125/5399 Collectivités locales
  • 429/5399 Dédouanement électronique
  • 1217/5399 Usages et comportements
  • 1117/5399 Télévision/Radio numérique terrestre
  • 588/5399 Audiovisuel
  • 3408/5399 Transformation digitale
  • 438/5399 Affaire Global Voice
  • 174/5399 Géomatique/Géolocalisation
  • 353/5399 Service universel
  • 723/5399 Sentel/Tigo
  • 184/5399 Vie politique
  • 1636/5399 Distinction/Nomination
  • 37/5399 Handicapés
  • 766/5399 Enseignement à distance
  • 725/5399 Contenus numériques
  • 637/5399 Gestion de l’ARTP
  • 181/5399 Radios communautaires
  • 1987/5399 Qualité de service
  • 527/5399 Privatisation/Libéralisation
  • 142/5399 SMSI
  • 488/5399 Fracture numérique/Solidarité numérique
  • 2951/5399 Innovation/Entreprenariat
  • 1571/5399 Liberté d’expression/Censure de l’Internet
  • 51/5399 Internet des objets
  • 196/5399 Free Sénégal
  • 869/5399 Intelligence artificielle
  • 232/5399 Editorial
  • 71/5399 Yas

2026 OSIRIS
Plan du site - Archives (Batik)

Suivez-vous