Internet : le satellite angolais AngoSat 2 suscite un intérêt croissant au niveau régional
mercredi 25 février 2026
L’Angola a lancé la commercialisation de son satellite télécoms national en janvier 2023. Il est utilisé pour fournir de la connectivité aux populations dans les zones rurales, ainsi qu’aux hôpitaux, écoles, universités et administrations.
La Tanzanie et le Botswana ont récemment manifesté leur intérêt pour les capacités du satellite de télécommunications angolais AngoSat‑2 afin de renforcer leurs infrastructures de connectivité nationales. Cette dynamique confirme l’intérêt croissant que suscite le satellite national angolais en Afrique, en particulier en Afrique de l’Est et en Afrique australe.
Les deux pays ont exprimé cet intérêt lors du Forum du Satellite Partagé de la Communauté de développement de l’Afrique australe (SADC), tenu à Dar es Salaam, en Tanzanie, du lundi 16 au vendredi 20 février, selon le Gabinete de Gestão do Programa Espacial Nacional (GGPEN). Ils se sont engagés à étudier la faisabilité de la mise en œuvre de cette initiative dans leurs pays respectifs, à participer à l’ANGOTIC 2026 et à nouer des partenariats stratégiques dans le cadre des programmes spatiaux.
Le jeudi 19 février, le Kenya avait également manifesté son intention d’acquérir les capacités offertes par AngoSat‑2, notamment en bande Ku, pour l’Internet haut débit, la téléphonie mobile, la radiodiffusion et la télévision. D’autres pays, comme la République démocratique du Congo et la Zambie, ont aussi exprimé leur intérêt pour les services du satellite.
Satellite : levier de connectivité en Afrique
Mis en service début 2023, AngoSat‑2 est un satellite de télécommunications à haute capacité (HTS) positionné en orbite géostationnaire. Il fournit des services en bandes C, Ku et Ka, avec une couverture de l’ensemble du continent africain et d’une partie de l’Europe. Il permet d’offrir des connexions Internet à haut débit ainsi que des services de télévision et de téléphonie, y compris dans les zones dépourvues d’infrastructures terrestres.
En août 2023, l’Angola avait annoncé des travaux techniques destinés à permettre aux pays de la SADC de bénéficier des services du satellite. Lors du forum, le GGPEN a présenté le projet « Conecta Angola Comercial », en mettant en avant les résultats déjà obtenus et son intention d’étendre l’initiative à l’échelle régionale. En Angola, le projet vise à fournir de la connectivité Internet gratuite dans les zones reculées où aucun opérateur mobile n’est actif, en s’appuyant sur les capacités du satellite AngoSat‑2. Le projet cible notamment les institutions publiques telles que les écoles, les hôpitaux et les administrations municipales.
Cet intérêt croissant pour le satellite national angolais s’inscrit dans un contexte africain où les technologies spatiales sont de plus en plus considérées comme un levier pour réduire une fracture numérique encore marquée. L’Association mondiale des opérateurs de téléphonie mobile (GSMA) estime que la connectivité satellitaire jouera un rôle déterminant dans la réalisation de la connectivité universelle en Afrique subsaharienne.
« La région abrite certaines des géographies les plus difficiles pour les réseaux terrestres, comprenant des forêts tropicales, des déserts et des chaînes de montagnes. Même dans les zones rurales et peu peuplées, le coût et la complexité du déploiement des réseaux mobiles ou fixes conventionnels constituent des arguments en faveur des solutions de connectivité alternatives », souligne l’organisation dans son rapport « L’économie du mobile en Afrique subsaharienne 2024 ».
Selon l’Union internationale des télécommunications (UIT), environ 25 % de la population africaine n’était pas couverte par la 4G en 2025, contre environ 11 % pour la 3G et 6 % pour la 2G. Par ailleurs, la GSMA estime que le déficit de couverture de l’Internet mobile en Afrique atteint 9 %, tandis que l’UIT évalue le taux de pénétration de l’Internet sur le continent à 35,7 %.
Isaac K. Kassouwi
(Source : Agence Ecofin, 25 février 2026)
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