Internet : l’Algérie veut accroître le nombre d’adresses IP disponibles
jeudi 16 juillet 2026
A travers l’Afrique, l’adoption des services numériques continue de s’accélérer. Cette croissance, qui devrait se poursuivre au cours des prochaines années, nécessite des infrastructures numériques robustes capables de répondre à l’augmentation des besoins en connectivité.
Les autorités algériennes veulent augmenter la disponibilité des adresses IP dans le pays, essentielles pour identifier chaque appareil connecté à Internet. L’initiative vise à répondre à la croissance du nombre de connexions et à soutenir l’expansion des services numériques.
L’accroissement passera par la transition vers l’IPv6, la dernière version du protocole Internet. Cette question était au cœur d’une réunion tenue mardi 14 juillet, coorganisée par le ministère de la Poste et des Télécommunications et l’AFRINIC (Registre d’adresses Internet pour l’Afrique). Plusieurs acteurs du numérique ont participé aux échanges.
Cette initiative intervient dans un contexte où les autorités algériennes cherchent à accélérer l’adoption des services numériques afin de soutenir leurs ambitions de transformation digitale. Elles misent sur la généralisation de la 4G et de la 5G, récemment déployée, ainsi que sur l’extension de l’accès fixe à travers le développement de la fibre optique.
À fin septembre 2025, l’Algérie comptait déjà 60,4 millions d’abonnements à Internet, selon les statistiques officielles. Si ce chiffre dépasse nettement la population estimée à 47,4 millions d’habitants par la Banque mondiale, il convient de rappeler que le nombre d’abonnés uniques est moins important, certaines personnes disposant de plusieurs cartes SIM ou lignes. L’Union internationale des télécommunications (UIT) estimait, par exemple, le taux de pénétration d’Internet en Algérie à 77,4 % en 2024.
Au‑delà des abonnements traditionnels, qui disposent encore d’un potentiel de croissance, l’essor de nouveaux usages numériques va accroître les besoins en adresses IP. L’Internet des objets (IoT) et les villes intelligentes nécessitent notamment la connexion d’un nombre toujours plus important d’équipements. Les objets connectés, allant des capteurs aux appareils domestiques ou industriels, échangent en permanence des données via Internet et requièrent chacun une adresse IP pour communiquer avec les réseaux.
« À l’image d’un foyer qui a besoin d’une adresse qui lui est propre, chaque appareil connecté à Internet (téléphone, ordinateur, caméra, appareil intelligent…) nécessite également une adresse numérique spécifique », explique le ministère algérien de la Poste et des Télécommunications dans un communiqué publié sur Facebook.
Or, l’IPv4, encore largement utilisée en Afrique, a atteint ses limites d’attribution en 2011. Lancé en 1981, IPv4 offre une capacité maximale d’environ 4,3 milliards d’adresses IP uniques. Arthur Carindal N’guessan, responsable du développement des parties prenantes chez AFRINIC, cité par Maghreb Emergent, indique qu’il ne reste actuellement que 663 000 adresses IPv4 dans la corbeille pour toute l’Afrique. À l’inverse, IPv6 peut générer jusqu’à 340 trillions de trillions d’adresses.
Isaac K. Kassouwi
(Source : Agence Ecofin, 16 juillet 2026)
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