Inclusion financière : les banques de l’Uemoa explorent le potentiel de l’Intelligence artificielle
vendredi 25 septembre 2026
« L’Intelligence artificielle au service de l’inclusion financière et de la transformation bancaire dans l’Uemoa ». Tel est le thème du forum de la Fédération des associations professionnelles des banques et établissements financiers (Fapbef) de l’Union ouvert, jeudi 24 septembre, à Dakar. Autour de cet enjeu majeur, les responsables des places bancaires de l’espace régional veulent harmoniser les pratiques afin d’adopter une stratégie commune pour booster l’inclusion financière.
Le forum régional de la Fédération des associations professionnelles des banques et établissements financiers (Fapbef) de l’Uemoa s’est ouvert hier, jeudi 24 septembre, à Dakar. Autour de la table, plusieurs personnalités du monde des finances ont participé à la réflexion placée sur le thème : « L’intelligence artificielle au service de l’inclusion financière et de la transformation bancaire dans l’Uemoa ».
L’objectif de cette rencontre stratégique est de créer une dynamique communautaire capable de faire des avancées technologiques, notamment l’Ia, en leviers de développement durable et inclusif. Aux yeux des responsables des places bancaires de l’Union, l’Intelligence artificielle constitue une transformation de fond qui touche directement au cœur de métier des établissements financiers.
L’adoption d’une telle technologie implique la prise en charge de nouveaux enjeux liés à l’appréciation du risque, de la relation clientèle, de la maîtrise de la fraude, mais aussi le financement des économies. Pour Guy-Martial Arona, président de la Fapbef, il s’agit principalement d’examiner les principaux défis et adopter une démarche commune au service de l’inclusion financière.
« Nos marchés partagent la même monnaie, le même régulateur et le même espace réglementaire. Il serait alors contre-productif que, face à une innovation commune, nos approches se dispersent, nos standards divergent ou qu’une concurrence s’installe au détriment de la sécurité et de la protection des clients. La vocation de la fédération est de mutualiser les expériences, rapprocher les pratiques et porter, ensemble, une parole cohérente auprès de la banque centrale et des instances communautaires », a-t-il invité.
Ce forum de Dakar devra également promouvoir et accélérer l’utilisation de l’Ia comme catalyseur de l’inclusion financière et de la transformation bancaire dans l’Union. Pour ce faire, les places bancaires de l’Uemoa devront s’aligner sur la stratégie continentale de l’Union africaine, qui propose une approche centrée sur les priorités du continent. Ces dernières sont articulées autour de cinq domaines d’intervention : tirer parti des avantages de l’Ia, renforcer les capacités, réduire les risques, stimuler l’investissement et favoriser la coopération.
Ainsi, les conclusions issues des travaux engagés dans le cadre de cette rencontre seront mises en contribution, pour que l’inclusion financière soit une réalité tangible. Mais, l’adoption de cet outil numérique doit être accompagnée d’un nouveau cadre réglementaire qui permettra de garantir un usage éthique et d’assurer la protection des données et des usagers des services financiers.
Pour le secrétaire général du ministère de l’Économie, des Finances et du Plan, Aliou Ndiaye, l’Intelligence artificielle soulève des enjeux de développement, de gouvernance, d’équité sociale, mais également de souveraineté. Elle appelle, à ses yeux « à une vigilance éthique particulière. Un algorithme peut reproduire, voire amplifier, des biais et des exclusions ». Le secrétaire général d’ajouter : « Il nous revient collectivement de veiller à ce que l’Intelligence artificielle demeure un outil au service de la personne et non un facteur de discrimination ».
Diégane Diouf
(Source : Le Soleil, 25 septembre 2026)
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