Haut débit mobile : Telecel Centrafrique rejoint Orange et Moov Africa sur la 4G
vendredi 15 mai 2026
Orange et Moov Africa ont lancé la 4G commerciale en Centrafrique en 2025. Cependant, la connectivité mobile nationale repose encore largement sur la 2G et la 3G.
La société de téléphonie mobile Telecel a procédé cette semaine au lancement de son réseau 4G en République centrafricaine. Ce bond technologique permet à l’opérateur de renforcer sa position sur le marché télécoms national.
Une cérémonie officielle s’est tenue mardi 12 mai au siège de l’opérateur à Bangui pour marquer cette étape. Elle était présidée par Justin Gourna Zacko, ministre des Postes et Télécommunications. Des membres de son cabinet étaient également présents, aux côtés du PDG du groupe Telecel, Moh Damoush, de la directrice générale de Telecel Centrafrique, Irène Moussa-Kembe, ainsi que d’une délégation de Telecel Gabon.
« La guerre du très haut débit mobile est officiellement déclarée »
Avec ce lancement, Telecel vient combler son retard par rapport à ses concurrents Moov Africa et Orange, qui commercialisent déjà la technologie mobile de quatrième génération depuis 2025. La « guerre du très haut débit mobile » est officiellement déclarée dans le pays, selon les autorités.
Cette concurrence intervient dans un contexte de transformation numérique marqué par une demande croissante en connectivité à haut débit, aussi bien de la part des entreprises, des particuliers que des administrations publiques. Elle ouvre également la voie au développement de nouveaux usages numériques et à une accélération de l’économie numérique.
Selon le ministère chargé des Télécommunications, le lancement de la 4G par Telecel s’inscrit dans le cadre du Plan national stratégique « Centrafrique Numérique 2030 ». À cette occasion, Justin Gourna Zacko a déclaré : « Connecter le territoire, c’est permettre à un agriculteur de Bossangoa de vendre en ligne, à un étudiant de Bambari de suivre des cours à distance, à une commerçante du PK5 d’accéder au mobile money sans coupure ».
Moov Africa avait notamment mis en avant les capacités de son réseau 4G+ à offrir de très hauts débits, permettant le streaming de vidéos HD, la participation à des webinaires, le partage instantané de contenus ou encore les jeux en ligne. Pour les professionnels, l’opérateur évoquait également une amélioration du transfert de données, de l’interconnexion et de l’accès aux services mobiles. De son côté, Orange souligne que la 4G favorise aussi le télétravail et la collaboration à distance, le développement du commerce électronique, ainsi que l’accès aux services de formation et de santé en ligne.
Telecel face à une rude concurrence sur un marché encore faiblement connecté
Cette guerre du haut débit mobile intervient sur un marché encore largement dominé par Orange. L’opérateur revendiquait, au début de l’année 2025, une part de 60 % du marché de la téléphonie mobile, 65 % des services fixes B2B et plus de 90 % du segment du mobile money en République centrafricaine.
De son côté, Moov Africa indiquait, à fin septembre 2025, détenir environ 11 % du marché mobile. En l’absence de données officielles récentes publiées par le régulateur télécoms, le reste du marché, soit approximativement 29 %, reviendrait à Telecel.
Le marché conserve toutefois un important potentiel de croissance en raison de la fracture numérique encore marquée dans le pays. Selon les données de DataReportal, la République centrafricaine comptait 2,49 millions d’abonnés à la téléphonie mobile à fin 2025 (38,1 % de pénétration). L’adoption de l’Internet reste encore limitée, avec environ 670 000 utilisateurs (12 % de la population).
Défis de couverture et d’adoption
Les autorités centrafricaines reconnaissent toutefois que le principal défi reste désormais l’extension de la couverture réseau. Si Bangui est désormais couverte par la 4G, l’enjeu consiste à étendre le service aux villes secondaires et aux axes routiers, conformément aux obligations des cahiers des charges des opérateurs.
Le gouvernement promet un suivi strict des engagements. Il évoque également un accompagnement, notamment fiscal, pour les opérateurs investissant dans les zones rurales via le Fonds du service universel (FSU).
En 2024, les réseaux 2G et 3G couvraient environ 60 % de la population selon le Mobile Connectivity Index de la GSMA. Longtemps dominantes, ces technologies constituent encore l’ossature du réseau mobile, malgré leur obsolescence progressive sur de nombreux marchés.
Au-delà de la couverture, les opérateurs devront aussi lever les freins à l’adoption des services numériques. Cela inclut le coût des forfaits, la disponibilité des terminaux compatibles, le niveau de compétences numériques et la qualité globale de l’expérience utilisateur.
Sur le volet des terminaux, plusieurs opérateurs en Afrique développent déjà des solutions de financement. Ce mécanisme permet d’acheter des smartphones ou des tablettes à crédit, avec des paiements échelonnés. D’autres intègrent même ces équipements dans des offres Internet afin de faciliter l’accès au haut débit et accélérer l’adoption des services numériques.
Isaac K. Kassouwi
(Source : Agence Ecofin, 15 mai 2026)
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