OSIRIS

Observatoire sur les systèmes d’information, les réseaux et les inforoutes au Sénégal

Show navigation Hide navigation
  • OSIRIS
    • Objectifs
    • Partenaires
  • Ressources
    • Société de l’Information
    • Politique nationale
    • Législation et réglementation
    • Etudes et recherches
    • Points de vue
  • Articles de presse
  • Chiffres clés
    • Le Sénégal numérique
    • Principaux tarifs
    • Principaux indicateurs
  • Opportunités
    • Projets

Accueil > Articles de presse > Année 2026 > Février 2026 > Gouvernance mondiale de l’IA : le non catégorique de Washington et ses (…)

Gouvernance mondiale de l’IA : le non catégorique de Washington et ses conséquences pour l’Afrique

samedi 21 février 2026

Intelligence artificielle

À l’issue du Sommet pour l’action sur l’intelligence artificielle organisé à New Delhi en Inde, les États-Unis ont pris une position tranchée : Washington rejette « totalement » toute forme de gouvernance mondiale de l’IA. Une posture assumée par Michael Kratsios, conseiller de la Maison-Blanche aux sciences et technologies, qui estime qu’un cadre multilatéral contraignant freinerait l’innovation et renforcerait une bureaucratie internationale jugée inefficace.

Cette déclaration intervient dans un contexte de montée en puissance des initiatives internationales visant à encadrer le développement de l’IA. Quelques heures plus tôt, le secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres, annonçait le lancement d’une commission scientifique internationale chargée de faire du « contrôle humain » de l’IA une réalité technique, sur le modèle du GIEC pour le climat. L’objectif affiché : produire des recommandations scientifiques indépendantes pour guider les États face aux risques systémiques de l’IA.

Pour l’administration américaine, cette approche multilatérale comporte un risque majeur : celui d’installer une régulation excessive susceptible de « tuer une industrie en plein essor ». À New Delhi, Michael Kratsios a assumé une ligne idéologique claire, dénonçant ce qu’il qualifie « d’obsessions sur les risques » liés notamment au climat ou à l’équité, qu’il perçoit comme des prétextes à une centralisation bureaucratique du contrôle technologique. Selon lui, focaliser les politiques publiques sur des scénarios de risques « spéculatifs » pourrait freiner la concurrence, consolider les positions dominantes des géants technologiques déjà établis et, paradoxalement, exclure les pays en développement d’une participation pleine et entière à l’économie mondiale de l’IA.

Un argument qui interpelle particulièrement les pays africains. Car derrière le rejet américain d’une gouvernance mondiale de l’IA se joue aussi une bataille d’influence normative : qui fixera les standards techniques, éthiques et économiques de l’IA de demain ? L’Union européenne avance ses propres cadres réglementaires, l’ONU tente de structurer un consensus multilatéral, tandis que les États-Unis privilégient une approche de marché, portée par leurs grandes entreprises technologiques. Pour l’Afrique, le risque est double : subir des normes élaborées sans elle ou devenir un simple terrain d’expérimentation pour des technologies conçues ailleurs, sans réelle capacité de négociation sur les règles du jeu.

Le débat est d’autant plus stratégique que l’IA est désormais au cœur de plusieurs politiques publiques africaines : modernisation des administrations, e-gouvernance, services publics numériques, fintech, identité digitale, agriculture de précision ou encore santé connectée. L’absence d’un cadre international équilibré pourrait accentuer les asymétries entre pays producteurs de technologies d’IA et pays consommateurs de solutions importées. À l’inverse, une gouvernance mondiale trop rigide pourrait ralentir l’appropriation locale de l’IA par les écosystèmes africains émergents.

En toile de fond, le changement de vocabulaire observé lors du sommet – passé de « sécurité de l’IA » à « impact de l’IA » – illustre l’évolution du débat international. Les États-Unis y voient une opportunité de déplacer la focale de la régulation vers la valorisation économique et l’innovation. L’ONU, de son côté, tente d’imposer l’idée que la puissance de l’IA doit s’accompagner de garde-fous techniques garantissant un contrôle humain effectif. Deux visions du monde numérique s’affrontent : l’une libérale et concurrentielle, l’autre plus normative et multilatérale.

Pour les pays africains, l’enjeu n’est pas de choisir un camp, mais de peser politiquement dans ces forums internationaux afin de défendre leurs priorités : accès équitable aux technologies, transfert de compétences, souveraineté numérique, protection des données, et capacité à développer des usages de l’IA au service du développement. À l’heure où les règles du jeu de l’économie mondiale de l’IA se dessinent, rester en retrait serait accepter de voir l’avenir numérique du continent se décider sans lui.

E-Gov’A Summit

À l’échelle du continent, ces débats sur la gouvernance de l’IA, la souveraineté numérique et la bataille des normes technologiques ne sont plus théoriques : ils s’invitent désormais dans les agendas des gouvernements africains. C’est précisément dans cet esprit que se tiendra à Yaoundé, du 14 au 16 mai 2026, E-Gov’A – le Salon de l’e-gouvernance et de l’innovation digitale en Afrique, sous le thème « Intelligence artificielle et e-gouvernance : bâtir des services publics efficaces dans une Afrique cashless et paperless ». En réunissant décideurs publics, régulateurs, experts, entreprises technologiques et partenaires au développement, E-Gov’A ambitionne d’offrir à l’Afrique un espace stratégique pour débattre de ses propres choix en matière d’IA, de normes numériques et de transformation des services publics, afin que le continent ne soit pas seulement un terrain d’application des règles fixées ailleurs, mais un acteur à part entière de la gouvernance du numérique mondial.

(Source : Digital Business Africa, 20 février 2026)

Fil d'actu

  • Charte de membre Africollector Burkina NTIC (25 février 2026)
  • TIC ET AGRICULTURE AU BURKINA FASO Étude sur les pratiques et les usages Burkina NTIC (9 avril 2025)
  • Sortie de promotion DPP 2025 en Afrique de l’Ouest Burkina NTIC (12 mars 2025)
  • Nos étudiant-es DPP cuvée 2024 tous-tes diplomés-es de la Graduate Intitute de Genève Burkina NTIC (12 mars 2025)
  • Retour sur images Yam Pukri en 2023 Burkina NTIC (7 mai 2024)

Liens intéressants

  • NIC Sénégal
  • ISOC Sénégal
  • Autorité de régulation des télécommunications et des postes (ARTP)
  • Fonds de Développement du Service Universel des Télécommunications (FDSUT)
  • Commission de protection des données personnelles (CDP)
  • Conseil national de régulation de l’audiovisuel (CNRA)
  • Sénégal numérique (SENUM SA)

Navigation par mots clés

  • 4537/5432 Régulation des télécoms
  • 348/5432 Télécentres/Cybercentres
  • 3453/5432 Economie numérique
  • 1789/5432 Politique nationale
  • 4998/5432 Fintech
  • 583/5432 Noms de domaine
  • 2399/5432 Produits et services
  • 1560/5432 Faits divers/Contentieux
  • 743/5432 Nouveau site web
  • 5432/5432 Infrastructures
  • 1727/5432 TIC pour l’éducation
  • 188/5432 Recherche
  • 242/5432 Projet
  • 3511/5432 Cybersécurité/Cybercriminalité
  • 1909/5432 Sonatel/Orange
  • 1619/5432 Licences de télécommunications
  • 282/5432 Sudatel/Expresso
  • 1012/5432 Régulation des médias
  • 1527/5432 Applications
  • 1061/5432 Mouvements sociaux
  • 1626/5432 Données personnelles
  • 144/5432 Big Data/Données ouvertes
  • 595/5432 Mouvement consumériste
  • 364/5432 Médias
  • 649/5432 Appels internationaux entrants
  • 1702/5432 Formation
  • 94/5432 Logiciel libre
  • 2513/5432 Politiques africaines
  • 990/5432 Fiscalité
  • 168/5432 Art et culture
  • 581/5432 Genre
  • 1794/5432 Point de vue
  • 1020/5432 Commerce électronique
  • 1585/5432 Manifestation
  • 325/5432 Presse en ligne
  • 124/5432 Piratage
  • 220/5432 Téléservices
  • 1100/5432 Biométrie/Identité numérique
  • 355/5432 Environnement/Santé
  • 341/5432 Législation/Réglementation
  • 361/5432 Gouvernance
  • 1820/5432 Portrait/Entretien
  • 145/5432 Radio
  • 800/5432 TIC pour la santé
  • 278/5432 Propriété intellectuelle
  • 59/5432 Langues/Localisation
  • 1230/5432 Médias/Réseaux sociaux
  • 2065/5432 Téléphonie
  • 190/5432 Désengagement de l’Etat
  • 1021/5432 Internet
  • 121/5432 Collectivités locales
  • 410/5432 Dédouanement électronique
  • 1255/5432 Usages et comportements
  • 1029/5432 Télévision/Radio numérique terrestre
  • 556/5432 Audiovisuel
  • 3695/5432 Transformation digitale
  • 382/5432 Affaire Global Voice
  • 161/5432 Géomatique/Géolocalisation
  • 325/5432 Service universel
  • 660/5432 Sentel/Tigo
  • 174/5432 Vie politique
  • 2114/5432 Distinction/Nomination
  • 34/5432 Handicapés
  • 696/5432 Enseignement à distance
  • 773/5432 Contenus numériques
  • 585/5432 Gestion de l’ARTP
  • 193/5432 Radios communautaires
  • 2114/5432 Qualité de service
  • 534/5432 Privatisation/Libéralisation
  • 132/5432 SMSI
  • 478/5432 Fracture numérique/Solidarité numérique
  • 2781/5432 Innovation/Entreprenariat
  • 1341/5432 Liberté d’expression/Censure de l’Internet
  • 47/5432 Internet des objets
  • 173/5432 Free Sénégal
  • 799/5432 Intelligence artificielle
  • 201/5432 Editorial
  • 38/5432 Gaming/Jeux vidéos
  • 25/5432 Yas

2026 OSIRIS
Plan du site - Archives (Batik)

Suivez-vous