Ghana annonce un projet pilote de commerce numérique transfrontalier en Afrique
lundi 11 mai 2026
Face aux obstacles qui freinent encore le commerce intra-africain, les initiatives se multiplient pour mieux intégrer les systèmes numériques. Le Ghana explore de nouvelles pistes pour fluidifier les échanges et réduire les coûts des transactions sur le continent.
La vice-présidente ghanéenne, Jane Naana Opoku-Agyemang, a annoncé le lancement prochain d’un projet pilote de corridor commercial numérique continental destiné à faciliter les transactions transfrontalières et à soutenir la mise en œuvre de la Zone de libre-échange continentale africaine. L’annonce a été faite le mercredi 6 mai, à l’ouverture du 3i Africa Summit 2026, un rendez-vous consacré aux technologies financières et à l’avenir de l’économie numérique africaine.
L’initiative sera menée en partenariat avec plusieurs pays africains, notamment le Rwanda et la Zambie. Le projet vise à tester différents mécanismes destinés à fluidifier les échanges numériques sur le continent. Parmi les dispositifs envisagés figurent l’interopérabilité des services de mobile money, la reconnaissance mutuelle des identités numériques dans les procédures Know Your Customer (KYC), ainsi que l’harmonisation de la facturation électronique entre les pays participants.
Pour les autorités ghanéennes, ce corridor numérique devrait contribuer à réduire les coûts et les délais qui freinent encore le commerce intra-africain. Une grande partie des transactions du continent transite en effet par des systèmes financiers situés hors d’Afrique, ce qui engendre des frais supplémentaires et des temps de traitement plus longs. Le projet entend ainsi renforcer l’utilisation de solutions africaines comme le Système panafricain de paiement et de règlement (PAPSS), conçu pour faciliter les paiements directs en monnaies locales entre pays africains.
Les défis restent toutefois nombreux pour parvenir à une véritable intégration numérique du commerce africain. La fragmentation réglementaire entre États, le manque d’interopérabilité des systèmes financiers, l’insuffisance des infrastructures cloud et de connectivité, ainsi que l’absence de cadres harmonisés pour la gestion des données et des identités numériques continuent de freiner le développement du marché. Les questions liées à la souveraineté des données et à la protection des utilisateurs figurent également parmi les enjeux majeurs soulevés lors du sommet.
Cette initiative intervient alors que le commerce électronique et les paiements numériques connaissent une forte croissance sur le continent, portée notamment par l’essor des paiements mobiles et l’amélioration de la connectivité. Selon la Commission économique pour l’Afrique (CEA), le commerce numérique transfrontalier africain pourrait atteindre 180 milliards de dollars en 2025 (5,2 % du PIB), avant de grimper à 712 milliards de dollars d’ici 2050 (8,2 % du PIB).
Samira Njoya
(Source : Agence Ecofin, 11 mai 2026)
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