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Accueil > Articles de presse > Archives 1999-2025 > Année 2025 > Décembre 2025 > Fréquences radioélectriques : les régulateurs de six pays ouest-africains (…)

Fréquences radioélectriques : les régulateurs de six pays ouest-africains renforcent leur coordination aux frontières

mardi 9 décembre 2025

Régulation des télécoms

Réunis à Dakar, les régulateurs des télécommunications du Sénégal, de la Gambie, de la Guinée, de la Guinée-Bissau, du Mali et de la Mauritanie ont lancé, le 9 décembre 2025, une réunion de coordination dédiée à la gestion des fréquences radioélectriques dans les zones frontalières. Objectif : limiter les interférences, améliorer la qualité de service et accompagner les ambitions régionales en matière de transformation numérique.

La gestion du spectre radioélectrique s’impose de plus en plus comme un enjeu stratégique pour les États ouest-africains. À mesure que les usages numériques se développent et que les technologies évoluent, notamment avec l’arrivée progressive de la 5G, les zones frontalières concentrent des difficultés spécifiques qui exigent une réponse collective. C’est dans ce contexte que s’est ouverte, au Terrou-Bi à Dakar, une réunion de coordination rassemblant autorités de régulation et opérateurs de communications électroniques de six pays de la sous-région.

Placée sous le thème « Instaurer une dynamique collaborative permettant une cohabitation durable de nos réseaux en zones frontalières », cette rencontre vise à renforcer les mécanismes existants de coopération technique entre États voisins. « La gestion du spectre radioélectrique constitue un enjeu stratégique majeur pour nos États », a rappelé Dahirou Thiam, Directeur général de l’Autorité de Régulation des Télécommunications et des Postes (ARTP) du Sénégal, dans son allocution d’ouverture.

Des défis techniques aux conséquences concrètes pour les usagers

Dans les zones frontalières, la coexistence de plusieurs réseaux nationaux sur des bandes de fréquences proches expose les usagers à des interférences nuisibles et à des phénomènes de roaming non intentionnel. Ces dysfonctionnements se traduisent parfois par une dégradation de la qualité des appels, des coupures de connexion ou des surfacturations pour les abonnés. À cela s’ajoute une pression croissante sur les ressources spectrales, amplifiée par la montée en puissance des services numériques et l’introduction de nouvelles normes technologiques.

Les régulateurs présents à Dakar entendent donc s’attaquer à ces difficultés de manière concertée. Les travaux prévus portent notamment sur l’analyse des accords bilatéraux et multilatéraux existants, afin de mesurer leur efficacité réelle et d’identifier les obstacles rencontrés dans leur mise en œuvre, qu’ils soient techniques, opérationnels ou organisationnels.

Une rencontre inscrite dans l’Agenda Sénégal 2050

Pour le Sénégal, cette réunion s’inscrit pleinement dans la dynamique de l’Agenda national de transformation Sénégal 2050, qui ambitionne une couverture numérique universelle, inclusive et de qualité. Lors de son intervention, le Directeur général de l’ARTP a rappelé les propos du Président de la République, Bassirou Diomaye Diakhar Faye : « L’accès équitable au numérique n’est plus une option, mais un levier essentiel de souveraineté, de développement et de justice sociale ». La coordination des fréquences aux frontières apparaît ainsi comme une condition nécessaire pour garantir aux populations riveraines un accès fiable aux services de télécommunications.

Au-delà du cas sénégalais, cette approche reflète une préoccupation partagée par les pays de la sous-région, confrontés à des défis similaires dans des espaces où les frontières administratives ne coïncident pas toujours avec les réalités des réseaux techniques.

Concrètement, les participants à la réunion ont fixé plusieurs objectifs. Il s’agit d’abord de mettre à jour, de manière concertée, les cadres de coordination existants afin de les adapter aux évolutions technologiques. Les discussions portent également sur l’identification de solutions pratiques pour prévenir ou atténuer les interférences transfrontalières et le roaming non intentionnel, qui pèsent sur l’expérience des usagers. Un autre axe majeur concerne le renforcement des mécanismes conjoints de suivi et de contrôle du spectre. Les autorités de régulation et les opérateurs sont appelés à instaurer des calendriers réguliers de contrôles sur le terrain et à formaliser des dispositifs permanents d’échange d’informations. L’enjeu est de passer d’une coopération ponctuelle à une coordination durable, fondée sur des procédures partagées et des engagements clairs.

Vers une gouvernance plus harmonisée du spectre

À l’issue des échanges, plusieurs résultats sont attendus : des recommandations opérationnelles pour une meilleure gestion des interférences, des engagements renouvelés entre opérateurs pour renforcer la coopération technique, ainsi qu’un mécanisme de suivi et d’évaluation des actions communes. Pour les régulateurs, l’harmonisation de l’utilisation des fréquences en zones frontalières doit contribuer à une gouvernance plus efficace du spectre radioélectrique à l’échelle régionale.

« En harmonisant l’utilisation de nos fréquences aux frontières, nous améliorons la qualité des services pour les populations riveraines et renforçons la stabilité et le développement durable de nos écosystèmes numériques », a souligné Dahirou Thiam, insistant sur l’impact direct de cette démarche pour les citoyens.

Alors que les besoins en connectivité continuent de croître en Afrique de l’Ouest, cette réunion marque une étape supplémentaire vers une gestion plus coordonnée des infrastructures numériques régionales. Les autorités présentes à Dakar se sont dites confiantes quant à la capacité des travaux engagés à déboucher sur des solutions concrètes, à court et moyen termes.

La réussite de cette démarche dépendra toutefois de la mise en œuvre effective des engagements pris et de la continuité du dialogue entre régulateurs et opérateurs. Dans un espace numérique de plus en plus intégré, la coordination aux frontières apparaît désormais comme un levier incontournable pour garantir un développement équilibré et inclusif des télécommunications dans la sous-région.

(Source : Social Net Link, 9 décembre 2025)

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