OSIRIS

Observatoire sur les systèmes d’information, les réseaux et les inforoutes au Sénégal

Show navigation Hide navigation
  • OSIRIS
    • Objectifs
    • Partenaires
  • Ressources
    • Société de l’Information
    • Politique nationale
    • Législation et réglementation
    • Etudes et recherches
    • Points de vue
  • Articles de presse
  • Chiffres clés
    • Le Sénégal numérique
    • Principaux tarifs
    • Principaux indicateurs
  • Opportunités
    • Projets

Accueil > Articles de presse > Archives 1999-2025 > Année 2025 > Décembre 2025 > Fiscalité numérique : le pari sénégalais de la souveraineté

Fiscalité numérique : le pari sénégalais de la souveraineté

mardi 23 décembre 2025

Fiscalité

Le Sénégal amorce un tournant décisif de sa politique économique en faisant de la fiscalité numérique un levier de reconquête de sa souveraineté. À travers le Programme de Redressement Économique et Social (PRES), l’État entend mobiliser de nouvelles ressources en soumettant à l’impôt des secteurs en forte croissance tels que le mobile money, les jeux en ligne et les cryptomonnaies. Une orientation stratégique qui ravive le débat sur l’équilibre entre impératif de souveraineté budgétaire et préservation de l’inclusion financière.

Avec le programme « Jubbanti Koom », les autorités rompent avec près de quarante années de politiques fiscales jugées accommodantes. Longtemps marquée par des exonérations accordées aux investisseurs étrangers, cette approche avait contribué à l’érosion progressive des recettes publiques. Désormais, le choix est clairement assumé : privilégier la mobilisation des ressources internes afin de réduire la dépendance à l’endettement extérieur et de garantir un financement plus autonome du développement national. Cette inflexion répond à une urgence économique. La loi adoptée le 27 septembre 2025 consacre cette nouvelle doctrine en élargissant l’assiette fiscale à l’économie numérique, jusque-là largement en dehors du champ de l’impôt. Sont désormais concernés les transactions via le mobile money, les services numériques, les paris sportifs, les jeux en ligne, les cryptomonnaies, ainsi que les téléphones importés. Autant de secteurs générant des flux financiers considérables, sans contribution fiscale à la hauteur de leur poids économique.

Hier, mardi 23 décembre, à Dakar, lors de la quatrième édition du Tax Brunch, consacrée aux innovations fiscales issues du Plan de Redressement Économique et Social, le Dr Saliou Dieye, président de l’Ordre national des experts du Sénégal (ONES), s’est félicité de la pertinence du thème. Selon lui, cette réforme constitue un acte fort de souveraineté économique. « Elle permet d’intégrer dans l’assiette fiscale des flux économiques jusqu’ici non imposés », a-t-il déclaré devant un parterre d’autorités publiques, d’experts fiscaux et de partenaires internationaux.

Au-delà de la quête de nouvelles recettes, l’enjeu est plus large. Il s’agit pour l’État d’affirmer sa capacité à réguler une économie numérique devenue centrale dans les échanges et la création de richesse. En étendant la fiscalité à ces activités, les autorités entendent éviter que la valeur produite sur le territoire national n’échappe durablement au contrôle public et au bénéfice de la collectivité.

Le risque d’une souveraineté contre-productive

Cette orientation ne fait toutefois pas l’unanimité. Mohammed Dièye, responsable de la section fiscale de l’ONES, met en garde contre les effets potentiellement contre-productifs d’une taxation excessive du mobile money. Selon lui, ce service a joué un rôle déterminant dans l’inclusion financière de millions de Sénégalais jusque-là exclus du système bancaire formel, renforçant la résilience économique nationale et réduisant la dépendance aux circuits financiers internationaux. Fragiliser cet outil d’autonomie financière populaire au nom de la souveraineté budgétaire pourrait, prévient-il, créer une contradiction stratégique. L’expert plaide pour une approche plus équilibrée, ciblant prioritairement le foncier, un secteur largement sous-taxé et historiquement concentré entre les mains d’élites ayant peu contribué aux recettes publiques. Une telle option permettrait d’accroître les ressources de l’État tout en préservant les acquis en matière d’inclusion économique.

Dialogue et acceptabilité, clés d’une réforme durable

Pour Djibril Badiane, de l’International Budget Partnership, la souveraineté économique ne saurait être décrétée unilatéralement. Elle se construit dans le dialogue et la concertation. L’ONES revendique d’ailleurs un rôle de médiateur entre l’administration, le secteur privé et la société civile, convaincu qu’aucune réforme fiscale ne peut s’inscrire durablement sans l’adhésion des populations. Les textes d’application étant encore en cours d’élaboration, des ajustements demeurent possibles. Le défi consiste à mettre en place une fiscalité capable de renforcer effectivement l’autonomie financière de l’État sans affaiblir les dynamiques économiques endogènes qui constituent le socle même de cette souveraineté.

Car la souveraineté économique ne se mesure pas uniquement à la capacité de l’État à lever l’impôt, mais aussi à celle de garantir l’inclusion économique, l’accès aux services financiers et la vitalité du tissu productif national. L’équation reste délicate : accroître les recettes publiques tout en consolidant une économie résiliente et inclusive. Au-delà des considérations techniques, l’enjeu est éminemment politique. La légitimité de la réforme conditionnera son efficacité. Sans l’adhésion des contribuables et des acteurs économiques, même les innovations fiscales les plus ambitieuses risquent de se heurter à des résistances susceptibles d’en limiter la portée. Le pari de la souveraineté économique à l’horizon 2050 repose ainsi sur un contrat fiscal renouvelé : des citoyens prêts à contribuer davantage, à condition que l’État démontre sa capacité à utiliser efficacement les ressources mobilisées au service du développement national. C’est à cette condition que la fiscalité pourra devenir un véritable instrument de souveraineté économique durable et partagée.

(Source : Sud Quotidien, 23 décembre 2025)

Fil d'actu

  • TIC ET AGRICULTURE AU BURKINA FASO Étude sur les pratiques et les usages Burkina NTIC (9 avril 2025)
  • Sortie de promotion DPP 2025 en Afrique de l’Ouest Burkina NTIC (12 mars 2025)
  • Nos étudiant-es DPP cuvée 2024 tous-tes diplomés-es de la Graduate Intitute de Genève Burkina NTIC (12 mars 2025)
  • Retour sur images Yam Pukri en 2023 Burkina NTIC (7 mai 2024)
  • Quelles différences entre un don et un cadeau ? Burkina NTIC (22 avril 2024)

Liens intéressants

  • NIC Sénégal
  • ISOC Sénégal
  • Autorité de régulation des télécommunications et des postes (ARTP)
  • Fonds de Développement du Service Universel des Télécommunications (FDSUT)
  • Commission de protection des données personnelles (CDP)
  • Conseil national de régulation de l’audiovisuel (CNRA)
  • Sénégal numérique (SENUM SA)

Navigation par mots clés

  • 4506/5342 Régulation des télécoms
  • 374/5342 Télécentres/Cybercentres
  • 3669/5342 Economie numérique
  • 1812/5342 Politique nationale
  • 5338/5342 Fintech
  • 537/5342 Noms de domaine
  • 2072/5342 Produits et services
  • 1671/5342 Faits divers/Contentieux
  • 787/5342 Nouveau site web
  • 5342/5342 Infrastructures
  • 1804/5342 TIC pour l’éducation
  • 201/5342 Recherche
  • 249/5342 Projet
  • 4030/5342 Cybersécurité/Cybercriminalité
  • 1860/5342 Sonatel/Orange
  • 1692/5342 Licences de télécommunications
  • 300/5342 Sudatel/Expresso
  • 1026/5342 Régulation des médias
  • 1453/5342 Applications
  • 1078/5342 Mouvements sociaux
  • 1654/5342 Données personnelles
  • 134/5342 Big Data/Données ouvertes
  • 645/5342 Mouvement consumériste
  • 389/5342 Médias
  • 684/5342 Appels internationaux entrants
  • 1793/5342 Formation
  • 93/5342 Logiciel libre
  • 2161/5342 Politiques africaines
  • 1010/5342 Fiscalité
  • 180/5342 Art et culture
  • 599/5342 Genre
  • 1988/5342 Point de vue
  • 1038/5342 Commerce électronique
  • 1565/5342 Manifestation
  • 348/5342 Presse en ligne
  • 139/5342 Piratage
  • 223/5342 Téléservices
  • 949/5342 Biométrie/Identité numérique
  • 330/5342 Environnement/Santé
  • 410/5342 Législation/Réglementation
  • 368/5342 Gouvernance
  • 1857/5342 Portrait/Entretien
  • 158/5342 Radio
  • 751/5342 TIC pour la santé
  • 351/5342 Propriété intellectuelle
  • 59/5342 Langues/Localisation
  • 1136/5342 Médias/Réseaux sociaux
  • 2160/5342 Téléphonie
  • 198/5342 Désengagement de l’Etat
  • 1070/5342 Internet
  • 117/5342 Collectivités locales
  • 435/5342 Dédouanement électronique
  • 1338/5342 Usages et comportements
  • 1078/5342 Télévision/Radio numérique terrestre
  • 589/5342 Audiovisuel
  • 3297/5342 Transformation digitale
  • 414/5342 Affaire Global Voice
  • 166/5342 Géomatique/Géolocalisation
  • 339/5342 Service universel
  • 687/5342 Sentel/Tigo
  • 184/5342 Vie politique
  • 1610/5342 Distinction/Nomination
  • 36/5342 Handicapés
  • 739/5342 Enseignement à distance
  • 719/5342 Contenus numériques
  • 614/5342 Gestion de l’ARTP
  • 188/5342 Radios communautaires
  • 1889/5342 Qualité de service
  • 461/5342 Privatisation/Libéralisation
  • 139/5342 SMSI
  • 481/5342 Fracture numérique/Solidarité numérique
  • 2771/5342 Innovation/Entreprenariat
  • 1430/5342 Liberté d’expression/Censure de l’Internet
  • 51/5342 Internet des objets
  • 184/5342 Free Sénégal
  • 658/5342 Intelligence artificielle
  • 212/5342 Editorial
  • 25/5342 Yas

2026 OSIRIS
Plan du site - Archives (Batik)

Suivez-vous