OSIRIS

Observatoire sur les systèmes d’information, les réseaux et les inforoutes au Sénégal

Show navigation Hide navigation
  • OSIRIS
    • Objectifs
    • Partenaires
  • Ressources
    • Société de l’Information
    • Politique nationale
    • Législation et réglementation
    • Etudes et recherches
    • Points de vue
  • Articles de presse
  • Chiffres clés
    • Le Sénégal numérique
    • Principaux tarifs
    • Principaux indicateurs
  • Opportunités
    • Projets

Accueil > Ressources > Points de vue > 2025 > Fake news au Sénégal : Un cadre juridique strict, entre nécessité de (…)

Fake news au Sénégal : Un cadre juridique strict, entre nécessité de régulation et risques de dérives

jeudi 26 juin 2025

À l’heure où l’information circule à la vitesse de la lumière, portée par les réseaux sociaux, les plateformes numériques et les médias, la question de la lutte contre la diffusion de fausses nouvelles s’impose comme un défi majeur pour les États. Le Sénégal n’échappe pas à cette réalité. Pour encadrer ce phénomène, le pays dispose d’un arsenal juridique relativement étoffé, articulé autour de trois principaux instruments législatifs : le Code pénal, le Code de la presse, et la loi sur la cybersécurité et la cybercriminalité.

Le Code pénal (Loi n°65-60 du 21 juillet 1965)

Le Code pénal sénégalais, en son article 255, réprime sévèrement la diffusion de fausses nouvelles. Il dispose que : « Seront punis d’un emprisonnement de un (1) mois à trois (3) ans et d’une amende de 20 000 à 1 500 000 francs, ceux qui, par l’un des moyens énoncés à l’article 248, auront sciemment publié, divulgué ou reproduit des nouvelles fausses, de nature à jeter le discrédit sur les institutions publiques, à porter atteinte au moral des populations ou à provoquer des troubles politiques graves. » Sanctions : Prison : 1 mois à 3 ans et une Amende : 20 000 à 1 500 000 FCFA

Le Code de la presse (Loi n°2017-27 du 13 juillet 2017)

Le Code de la presse renforce cette législation en ciblant spécifiquement les médias et les journalistes. Son article 192 est sans équivoque : « Est puni d’un emprisonnement de trois (3) mois à deux (2) ans et d’une amende de 500 000 à 3 000 000 francs, toute publication, diffusion, divulgation ou reproduction, par quelque moyen que ce soit, de nouvelles fausses, fabriquées, falsifiées ou mensongères, de nature à troubler la paix publique ou à porter atteinte à la dignité des personnes ou aux institutions. » Sanctions : Prison : 3 mois à 2 ans et une Amende : 500 000 à 3 000 000 FCFA

La loi sur la cybersécurité et la cybercriminalité (Loi n°2022-20 du 27 octobre 2022)

Face à l’explosion des réseaux sociaux et de la communication numérique, le Sénégal a adopté une législation spécifique : la Loi n°2022-20 relative à la cybersécurité et à la protection des données à caractère personnel, qui comprend un volet sur la cybercriminalité.

L’article 24 de cette loi stipule : « Est puni d’une peine de prison de deux (2) à cinq (5) ans et d’une amende de 10 000 000 à 50 000 000 francs CFA, toute personne qui diffuse, par le biais d’un système informatique ou d’un réseau de communication électronique, une fausse information susceptible de troubler l’ordre public, de porter atteinte à la sécurité publique ou de nuire aux intérêts de l’État ou d’une personne physique ou morale. » Sanctions : Prison : 2 à 5 ans et une Amende : 10 000 000 à 50 000 000 FCFA

Une législation robuste, mais à double tranchant

Sur le plan juridique, il n’existe aucune ambiguïté : le cadre légal sénégalais est solide, cohérent et dissuasif. L’objectif affiché est de protéger l’ordre public, la sécurité nationale et la stabilité sociale face aux risques de manipulation de l’information, de panique ou de déstabilisation.

Cependant, cette batterie de lois soulève de sérieuses interrogations. Les organisations de défense des droits humains, les syndicats de journalistes et la société civile alertent régulièrement sur le risque d’un usage abusif de ces textes, qui peuvent se transformer en instruments de restriction de la liberté d’expression, particulièrement dans les contextes de tension politique ou sociale.

La frontière est parfois mince entre la nécessaire lutte contre la désinformation et la dérive vers la censure ou l’intimidation des voix critiques. Le débat reste ouvert : comment protéger la société contre les fake news sans pour autant bâillonner la presse, les activistes et les citoyens ?

Face à cette réalité, il devient impératif d’engager une réflexion nationale, avec l’ensemble des acteurs concernés : juristes, journalistes, magistrats, société civile, pouvoirs publics et institutions de défense des droits humains.

Il faut œuvrer à une meilleure définition des contours de ces infractions, renforcer les garanties procédurales pour éviter les abus et mettre en place des mécanismes de contrôle indépendants.

La régulation ne doit pas être synonyme de répression. Elle doit au contraire favoriser un environnement informationnel sain, éthique, mais également respectueux des libertés fondamentales, qui restent le socle de toute démocratie.

Le Sénégal, en tant que modèle démocratique souvent cité en Afrique, se doit de relever ce défi avec intelligence, équilibre et responsabilité.

Sadio Faty, Journaliste
Dirpub Evidence

(Source : Sénégo, 26 juin 2025)

Fil d'actu

  • Charte de membre Africollector Burkina NTIC (25 février 2026)
  • TIC ET AGRICULTURE AU BURKINA FASO Étude sur les pratiques et les usages Burkina NTIC (9 avril 2025)
  • Sortie de promotion DPP 2025 en Afrique de l’Ouest Burkina NTIC (12 mars 2025)
  • Nos étudiant-es DPP cuvée 2024 tous-tes diplomés-es de la Graduate Intitute de Genève Burkina NTIC (12 mars 2025)
  • Retour sur images Yam Pukri en 2023 Burkina NTIC (7 mai 2024)

Liens intéressants

  • NIC Sénégal
  • ISOC Sénégal
  • Autorité de régulation des télécommunications et des postes (ARTP)
  • Fonds de Développement du Service Universel des Télécommunications (FDSUT)
  • Commission de protection des données personnelles (CDP)
  • Conseil national de régulation de l’audiovisuel (CNRA)
  • Sénégal numérique (SENUM SA)

Navigation par mots clés

  • 4548/5514 Régulation des télécoms
  • 352/5514 Télécentres/Cybercentres
  • 3453/5514 Economie numérique
  • 1859/5514 Politique nationale
  • 5514/5514 Fintech
  • 536/5514 Noms de domaine
  • 2239/5514 Produits et services
  • 1483/5514 Faits divers/Contentieux
  • 748/5514 Nouveau site web
  • 5491/5514 Infrastructures
  • 1766/5514 TIC pour l’éducation
  • 204/5514 Recherche
  • 245/5514 Projet
  • 3433/5514 Cybersécurité/Cybercriminalité
  • 2307/5514 Sonatel/Orange
  • 1646/5514 Licences de télécommunications
  • 286/5514 Sudatel/Expresso
  • 1026/5514 Régulation des médias
  • 1449/5514 Applications
  • 1075/5514 Mouvements sociaux
  • 1664/5514 Données personnelles
  • 128/5514 Big Data/Données ouvertes
  • 601/5514 Mouvement consumériste
  • 368/5514 Médias
  • 647/5514 Appels internationaux entrants
  • 1698/5514 Formation
  • 106/5514 Logiciel libre
  • 2562/5514 Politiques africaines
  • 1006/5514 Fiscalité
  • 182/5514 Art et culture
  • 592/5514 Genre
  • 1751/5514 Point de vue
  • 1032/5514 Commerce électronique
  • 1503/5514 Manifestation
  • 327/5514 Presse en ligne
  • 128/5514 Piratage
  • 207/5514 Téléservices
  • 988/5514 Biométrie/Identité numérique
  • 313/5514 Environnement/Santé
  • 342/5514 Législation/Réglementation
  • 373/5514 Gouvernance
  • 1827/5514 Portrait/Entretien
  • 149/5514 Radio
  • 850/5514 TIC pour la santé
  • 283/5514 Propriété intellectuelle
  • 58/5514 Langues/Localisation
  • 1109/5514 Médias/Réseaux sociaux
  • 2047/5514 Téléphonie
  • 205/5514 Désengagement de l’Etat
  • 1125/5514 Internet
  • 117/5514 Collectivités locales
  • 465/5514 Dédouanement électronique
  • 1148/5514 Usages et comportements
  • 1044/5514 Télévision/Radio numérique terrestre
  • 564/5514 Audiovisuel
  • 3507/5514 Transformation digitale
  • 391/5514 Affaire Global Voice
  • 157/5514 Géomatique/Géolocalisation
  • 324/5514 Service universel
  • 679/5514 Sentel/Tigo
  • 178/5514 Vie politique
  • 1667/5514 Distinction/Nomination
  • 39/5514 Handicapés
  • 719/5514 Enseignement à distance
  • 698/5514 Contenus numériques
  • 591/5514 Gestion de l’ARTP
  • 181/5514 Radios communautaires
  • 1817/5514 Qualité de service
  • 438/5514 Privatisation/Libéralisation
  • 161/5514 SMSI
  • 482/5514 Fracture numérique/Solidarité numérique
  • 2732/5514 Innovation/Entreprenariat
  • 1370/5514 Liberté d’expression/Censure de l’Internet
  • 46/5514 Internet des objets
  • 181/5514 Free Sénégal
  • 750/5514 Intelligence artificielle
  • 200/5514 Editorial
  • 4/5514 Gaming/Jeux vidéos
  • 24/5514 Yas

2026 OSIRIS
Plan du site - Archives (Batik)

Suivez-vous