Face à la cybercriminalité, la Mauritanie forme ses professionnels de droit
mercredi 13 mai 2026
En Mauritanie, les crimes sur internet ont bondi de 93 % au premier trimestre 2025 par rapport à 2024, selon les données officielles. Le pays renforce progressivement son dispositif judiciaire face à un phénomène qui cible aussi les enfants.
Le gouvernement mauritanien avance dans sa lutte contre les crimes commis sur internet. Le mardi 12 mai, le ministère de la Justice et de la Promotion du droit a organisé un atelier de renforcement des capacités des juges, avocats et professionnels du secteur judiciaire. La session porte sur la protection des mineurs face aux cybercrimes, selon l’Agence mauritanienne d’information.
Organisé en partenariat avec le cabinet parisien JRDD Avocats, l’atelier s’inscrit dans un programme de quinze sessions de formation continue. L’Agence française de Développement (AFD) en assure le financement dans le cadre du projet Tamhine de soutien au secteur de la justice.
Les participants travaillent sur trois axes, d’après l’AMI. Le premier porte sur le cadre juridique applicable aux crimes numériques ciblant les enfants. Le deuxième concerne la pratique judiciaire et les techniques d’enquête numérique. Le troisième vise la protection des preuves électroniques. L’objectif est de « renforcer la coordination entre juges, avocats et forces de l’ordre », selon Aïcha Sy, représentante de JRDD Avocats.
La formation entend combler une lacune identifiée. « Les cybercrimes contre les mineurs représentent un défi croissant nécessitant le développement d’outils de protection juridique et judiciaire », souligne Abou Mody Diallo, coordinateur du projet Tamhine. Les conventions internationales pertinentes sont également intégrées au programme.
Cette initiative intervient alors que la Mauritanie a autorisé en janvier 2023 la ratification de la Convention de l’Union africaine sur la cybersécurité et la protection des données. Le pays compte 1,96 million d’utilisateurs d’internet en 2025, soit un taux de pénétration de 37,4 % de la population, selon DataReportal. La brigade cybernétique de la gendarmerie nationale a recensé 1 538 victimes au premier trimestre 2025, selon le ministère de la Transformation numérique. En octobre 2024, le gouvernement avait déjà mis en place une unité spéciale de police dédiée à la cybercriminalité.
Félicien Houindo Lokossou
(Source : Agence Ecofin, 13 mai 2026)
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